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Full text of "Essay sur le mouvement, ou il est traité de sa nature, de son origine, da sa ..."

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A MpNSlËUR 

s'GRAVEZANDE 

CeMre Trâfejfhir ^Afironomie 

& de Mathématique dans 

Wniverfité de JLeyde. 

lE faifis MONSIEUR avec 
une jayc extrême , une oc- 
cafion très- naturelle > que 
in^offrc cet ouvrage , de 
Vous aflurer, aux yeux du 
public y dû cas que j^ai toujours fak 
de voîs^lumiercs , de votre amour pour 
la vérité & de votre fagacitéà la dé- 
couvrir & à la mettre <Mns fbn îout 
Je vous dois encor , Moniteur , & je 
dois'à maf propre fatisfà3:ion , une ro- 
connoiilanee^s plus marquées 5 pour 
Pamîtic que vous m'avez témoigm^ 
dès mon arrivée dans ces Provinces, 
^ pour ''VOS foins obligeants à me 
prôcoir^rtout ce qui pouvoir m*êtrc 
â'iifagfc. Il n'a pas renuà votre zè- 
le de me in^tre en état tfcnfcignôr 
. ^ #2 ici 



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ici la Phyfiquc avec tous ces fecours R 
utiles , fi brillans , & û necefl^ires , 
.pr où vous illuftrcz l'Afadeii[iiç jle 
Leyde, & vous lui procurez, ui^ ^clat 
inconnu fous tous vos prédéceflcurF. 
En vain chert:heroit-6n quelcjuc autre 
preuve plus forte & plus démgnftra- 
rive d'un ccçur .veritaWemçnjc Philo- 
fbphc , aufli bien que de la fîncere 
modcttie avec laquelle: YpUS vous ex^i 
primez dans l'excellente Préfacé de 
vôtre Nouvelle Edition , iurbcomp-; 
te detreux qui ne penleiK pas fur de 
certains Cm jets de la inême;|ianierè que 
vous. Je m'jétois déjapefiuad^fMpn*' 
fieur, que tcleft votre caradère^ 8ç 
j'en avois conclu que Je ne courrois 
4iucun rifque de vous dçplaire en a- 
vannant I fur ^uçlques articles » des 
tronje^buresdifrarefites de$ vôtres. Dç 
%ette compataxfon il doit naturelle,- 
ment naître des éclairciilèmeas qui 
pourront contribuer à enrichir ]a Phy- 
sique ; c'eft ce que nous cherchons 
lUm & l'autre. On peut dirç que cet- 
-te fcience fi hcHe^ & fî digne de Tat- 
tenfiott 4e l'écrit huia^, pc^t 
i preique 



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prefquc que dç naitrc. L'Ancienne E- 
cole n'a prefqué donné ' fous ce n6n\ 
que despauvretezj 8c l'on pajroît4ç« 
hommes ftupidcs pour gâter l'elpriç 
de la Jeuneife en la famiiiarifantaveç 
les ténèbres & les termes vuides de 
îens.':'Dès qu'on a réfléchi fur Ig 
necefllcé QÙrrôn efl: de pcnfer au lieu 
^e Cç iNorher à parler fans rien dirC| 
& à* ehïeîgnfer fans rien apprendre^ 
quelques génie^ du premier ordre fe 
font un Dcu trop preiTèz à bâtir des 
fyftemes univc^'^îl.^ En^JT nom- 
bre d'Efprits pareficux , également 
(êr viles & fiers, après s'être rendus 
di(ciples aveugles d'un Grand hom- 
me , ont fait tentir tout leur empor- 
tement à ceux qui ofoicnt dire que 
kur Maître étoit un homme , & qu'il 
n'avoit pas encore tout vu. Quel 
bonheur, Monfieur^ ^ les conferen« 
ces paîfîbles '& polies des vrais Phi- 
bfophes de nos jours parvcnoieat à 
donner de l'émulation à cew qm dc- 
vroicnt fc faire un devoir & un hon- 
neur fingulier de l'efprit de douceur 
& de paix 5 de telle forte qu'on pû^ 
* 3 cher- 



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chercher à s'éclàîrçr de plus en plus 

£u2S s'expofer â leur haine » & aux 

mftes & dangereux effets de leur iii«- 

^tolérance. J'aurois, Monfieur, encor 

grand nombre de chofès à vous dire ^ 

mais la perfiiafîon cf ès-fîncère > où je 

fuis de vôtre parfaite modeftie > ne me 

lailTe plus que la permiifîon d'ajouter 

(qu'on ne peut être avec plus d*cftime 

(6c de zèle que je fuis , 



MOXSIEVII» 



Vôtres très humble 
& très obcïflànc 
Serviteur 



l P. ]»E CROUSAZ. 






PRE- 



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P RE F AGE. 




X f P^ru f depuis un demi 
\ ftecîe ^ divers JouvfoMes fous 
^ le Titre d'ESSATS\ èr 
ces Ouvrages n*ont pas été 
Us mùins ejiitnez. Ce Titre a encorpiû 
par lui-même, lleft en effet tres^can^ 
forme à FimperfeBion de Pefprit 
humain & à fobfcurité d^une gran^ 
de partie de fes connoiffances. Je 
r(en veux pas alléguer Vautres rai^ 
fons^ de peur qu^on ne mejoupfon'- 
ne dé (Chercher à faire retomher fur 
moi-même s ee que^ je dirais fur le 
compte de ceux qui fen font fesprC'» 
miers ftrvis. Ce que fofe affurer^ 
èr dont ma conduitte fera unepreu^ 
ve réelle f c^efi que je n^ay pas pré^ 
feré cet Titre à un autre > fmple^ 

ment 



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r^" 



PREFACE. 



fkMt parce qiûil efi à la Mode s 
Mais parce qu^en effet je ne donne 
cet Ouvrage que c^mme un Ejfay ^ 
& que je ne cherche pas moins à 
projeter mfi-ràênie de ce qu^on pen^ 
jerà fur mes conjectures , qu^à fai^ 
re part aux autres de mes rejlexions 
MU cas qu^ elles fe trouvent fuffijam-- 
ment fondées. 




•^W- 



'\ :. 



V. -^ > 



D I S- 



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Pag. I 



DISCOURS, 

SUR LE PRINCIPEt 
LA NATURE, 

ET LA 

COMMUNICATION 
DU MOUVEMENT, . 

E me reprefente un Phy- 
ûcitn comme un homme 
qui veut faire clTai de fcs 

forces ) & voir s'il pourrôit 

venir à bout de comprendre com- 
înent font feits les corps qui Tenvi- 
ronnent , & de fe former des idées 
juftes de la manière doqt ils agiflènt 
iur lui , & de celle dont ils agifTcnc 
Jesuns fur les autres. 

On peut bien donner des noms à 

àes caulês que l'on cherche encore > 

ôc à des propriétés que l'on ne con- 

^, A poît 

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% Discours sur le 

nck pas ^iûi^âeoienc^ £c dont on 
ijgnore les raifons, tout comme Ton 
4çfigne en Algèbre ïcs quantités qui 
font encore inconnues : mais il faut 
bien prtndie ^rde q»'à fdrce de 
maïiier ces ^nes , & de fe rendre 
ces no^pa& fetpUiç^^ on ne vienne à 

les chofes mêmes qu'on s'eft accou- 
tumé à indiquer par ces expreflîonsi 
car il peut aifément arriver qu*on les 
croye enfin tcfles qu*t>n a trouvé à 
propos 4e les tupoler, & qu'on fe 
permette de n'être point difficile fur 
des-princrpes dont fa fimplicité & la 
fecherefle eft ordinairement peu at 
traïante , pour fe livrer au plaifir 
d*en tirer dçs confequences qui fur- 
prconeet,^; par là charment d'au* 
tant plus qu*oQS s'atendoit moins à 
les voir n^îti^. Par le il arrive fou^ 
veoc que l'oWcurité même des pria* 
cipes fert à J^lever le prix de» ^^on-» 
fequences. On la refpeâe comme 
une obfçuriti iâcrée, ^ c eft beau^r 
coup fi l'on ne regarde pas comme 
iSe petitïs,èefrie$5 quelatnoindrcdiffi- 
cuUé arrête 5 ceuxqui^ fous pr'étexte 
^'U PC peuvent pas s'en Ibriner d*i- 

dée, 



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Principe^ ]:.a Nat. etc. } 

dcei refùlèat de recevoir des prin« 
cipes d où Ton tire de fi riches con« 
dufions. Mais je veux que cesprin- 
dpes fijflent capables de produire 
tous 1^ eifets merveilleux qu'on leur 
attribuet s'il étoit vrai qu'ils cxiûzCm 
km eux laéixi^. Peut écre qu'ils 
n'exîftens point # & que ces effets 
iÔDt dus à de tout autres cauies. J'ai- 
me âoac mieux chercher jufqu'a ce 
que je comprenne 9 que de m arrêter 
à ce que je n'entens pas. 

On fçait qu' Ariftote s'étoit fou^ 
vent borné à inventer .de nouveaux 
mots, pour exprimer ce qu'il n'eo- 
tendoit pas ; & il femble qu'il s'étoit 
moins propofc d'enrichir (on enten» 
teodement de nouvelles luo^ieres ^ 
que la langue Greque de nouveaux 
termes. 11 voulpit pouvoir parler Se 
paroître parler (àvacnmem , de ce lur 
quoi le cotnmun des hommes étoic 
d>li^ defe taire, faute d'expreflions 
auffi^en que d'idées. 
^ ^autorité de ce Philofophe avoîc 
étsb\i dans les Ecoles le goût de 
l'obbirité. 11 y regnoit depuis long- 
^03s. A la fin il arriva au Peripa- 
tetiâ&e, ce qui arrive à la tyrannie : 
A % Quand 



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4 Discours SUR L« 

Quand elle cft parvenue à un certain 
point, on ne peut plus la fu porter. 
Defcartes leva l'écendart de la liber- 
té, on lut Ces Ouvrages, & on con- 
nut en les lifant un plaifir nouveau*, 
celui de voir. Dès-là on conçut du 
xnépris pour les mots aufquels on ne 
Ikvoic pas fubffiituer des idées. Mais 
en matière de Science , comme en 
jnatiere de Gouvernement, bien des 
gens fe laflcnt de la liberté j on aime 
a fc faire des Maîtres; om fe regar* 
de commis -ayant quelque part à la 
gloire d*un grand Nom , dès qu on 
s'y intferefle avec beaucoup de zêlc, 
L'obfcurité des principes cefle de fai- 
re de la peine dès qu*on cft réfolu de 
voir par les yeux des autres, & de 
refpeéter leur autorité ,• on les leur 
paflc avec la même facilité que leurs 
expériences , qui font auflî une efpe- 
ce de principes , & que l'on ne fe 
doDne pas la^ peine de revoir après 
eux. On fe hâte d'arriver aux con- 
fcquences qu'ils en tirent > & c eft 
pour elles qu'on referve fon atten- 
tion , parce au*étant fort compofées, 
on fe feit d'autant plus de meritcdc 
les entendre, qu'il cft plus difficile 
d'en venir à bout» Les 



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Principe, laNat.&c. f 

Les Auteurs de Syflémes, las eux 
mêmes de chercher, fe laifTencenfia 
aller à la tentarion de fupofer : ils 
font eflai d'un principe, ils en tirent 
une confequcnce i de celle-ci une 
féconde, de la feconde une troilîé- 
me. Cette fécondité les charme , 
ils ne peuvent fe réfoudre à foupçon- 
ner d'erreur un princij^ qui leur fait 
tant de plaifir , & qui les enrichit de 
tant de connoifTances^. ils ne font ea 
peine que d'en profiter , de bien lier 
leurs conftqucnces, & de mettre ce- 
lui qui en a reconnu une ^ dans la ne* 
cejSîté de reconnoîire les autres- 

Cepaidant ce ne font que des vr- 
rites hypotetiques, elles ont beau ê- 
tre lices necefiairement Tune h l'au- 
tre ; fi leur premier principe eft in- 
. certain , il eft vrai de di^e qu'elles 
font incertaines, & fi ce pi^cipceft 
feux, toutes les propofitions qui en 
font des fuites, font ellesrmêmes au- 
tant d*erreurs. 

On voit une infinité de gens qui 
pTononcent décifivement fur ce qu'ils 
n'entendent pas. Dans l'enfance on 
fc rend aifement à kur autorité, 8c 
on Jes croit fur leur parole. On ac- 
A j cou- 



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i Discours sitr lb 

coutume encore les cnfans dans les 
Ecoles « quoique dans les unes moins 
que dans les autres , à fe charger la 
mémoire de ce qu'ils n'entendent 
point. A force de fe le rendre fami- 
lier, ils viennent à croire, fani lu- 
mière & fans preuve, ce qu'on leur 
donne pour des verit&. Iln*y a peut- 
être point d^omme aflcz heureux 
pour ne s'ôrrc pas fàmiliarifé avec 
l'obfcurité, & pour n'avoir confervc 
aucun des préjugés de Tenfance ou 
de l'école. Je ferai en garde contre 
une faute y par l'obfervation de la- 
quelle je viens d^ débuter , & je fe- 
rai mon poffible pour ne riea dire 
que je n^entende. 



^uel eji le principe du Mou-^ 
vement^ 

!♦ VE vois àts corps en repos après îes 
Le lavoir aperçûs^en mouvement» ôc 



Noiive. ^ j»ei^ ^oij q^j fg meuvent après a 
^^ voir été en repos. Des là je con» 

^ ndifferent de fa 

autre de ces é- 

tats , ou du moins qull ell fufceptî- 

blc 



caufe. ^'^ 9^^ '^ corps eft ir 
nature i à l'un ou à la 



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PrTkcipe, la Nat. 6cc. y 

ble de l'un & de Tautrc. Or tout 
ce qui peut être & n'être pas, doit 
avoir été déterminé par quelque cau^ 
fe à erre plutôt qu*à n'être pas ; ôc 
ce qui peut exifter de deux maniè- 
res t doit avoir été déterminé par quel* 
que cauie à exifter d'une façon plu^ 
tôt que de Tautre. 

An jourd'hui nous voyons qu ua 
Corps qui ed en repos , Ce met en mou- 
vement en fuite de l'impulfion qu'il re» 
foit d'un autre; mais comme celui- 
ci avoit peut être déjà été en repos 
avant que d'être en mouvement , Se 
que certainement il eft fulceptible de 
rétat où nous ne le vayonspas autant 
^ue de celui où nous le voyons , il 
e& natuf el , ôc il elt conforme à la 
raifon i de demander d où vient qu'il 
efl lui-même en mouvement , fie qu'il 
en poufTe un autre. 

On n'écbaperoit pas en fuyant » 
pour ainfî dire, dans robfcurité de 
l'infini , & en difant que peut être y 
a*t-il eu de toute éternité quelques 
corps en mouvement. 

En vain , dis- je, on chercheroit 
à éluder la queûion par cette défai- 
re ^ on y feroit aifement ramené ^ 
A4 car 



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s DiSCOD RS SUR LE 

car puîfqu*il n'y a aucun corps dont 
la nature foit incompatible avec l'é- 
tat de repos, & que nous fommes 
forces de reconnoître que le corps 
le plus agité pouroit conferver Ton 
cxiftence, & fa nature de corps tou- 
te entière , en perdant fon mouve- 
ment, nous fommes forcés daVouer 
-qu li n'y a aucun corps qui n'ait pu 
être éternellement en repos, au cas 
qu'il nous plaif^ de fupofer la roatie* 
re éternelle , & il faudra toujours 
convenir que quelque caufe étemelle 
a dû déterminer à être en mouve- 
ment ce qui pouvoit être éternelle- 
ment en repos ; car comme aujour- 
d'hui un corps en repos ne tire pas 
fons mouvement de lui-même , mais 
le reçoit de Tefficace d'une caùfequi 
lui eft extérieure; auflî un corps é- 
ternel, fupofé qu'il y en puifle avoirs 
& qu'il y en ait eu, n'auroit pas tiré 
fon mouvement éternel de fa nature^ 
fufceptible d*un éternel repos , com* 
me d'un éternel mouvement 5 mais il 
Tauroit reçu de Pimpreffion éternelle 
d'une caufe différente de lui. 

Si l*on effayoit d éluder le raifon- 
Èicment que je viens de faire , eu dir 

fane 



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PftIKCIPB , I.A NaT. ScÔr S^ 

£mt que comme la matière a exifté 
éccrnellemenc i & par confequent n'a 
point de caufe} il en cil demémedir 
mouvement qu'on fe donnera la li- 
berté de fupprofer éternel , comme la 
matière. Je répondrois que rien ne 
peut être étemel. Se fans caufe , que 
ce qui exifte necefTairement > car ce 
qui efl é ternel , mais qui auroit pir 
ne rêtre pas, devroit tenir Ton exi« 
llence d'un caufe éternelle qui 1 eûr 
produit de toute éternité. Or fiTe- 
xiftence du mouvement ctoit necef- 
iaire , ù des corps éternels ont piér 
éternellement en mouvemetit, parce 
que c^ctoit une neccffité qu'ils le fuf* 
fcnt , ils le feroient encore > & un- 
corps à qui le mouvement a été une 
Ibis fi eflcntiel, qu'il lui a appartenu 
neceflaircment^ fie éternellement, ne 
Pauroit janbais perdu. Cependant 
les corps qui fe meuvent , perdent dé^ 
leur mouvement à mefurc qu'ils eai 
donneiK aux autres. 

Si quelques-uns des corps qui corn*- 
poîent l'Univers ont eu un mouve- 
ment étemel , l'ont- ils eu neceflai^ 
remcm eu par hazard ?' Etoienr-ils* 
tels qii'ils ne pufTent être fan^ mou- 



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tenrcnt » oti pouvoiefft-rfe aaffi ftre 
tn repos ? I>ira*t-cm qae le haz^rd 
en a décidé, ft: que par fafcirlemcm: 
on corps qui auroit pu erre ctemcl- 
kmcnt ctî rcpcs, a été dans un mou* 
Tcmcnt éternel? 

Si on anne mieux regarder W 
nouvemens éccrnds , comme des 
«louvemens d'une exrffence ncceffai- 
re y. â^ùu vient qu'ufn corps » apréj 
s'être mû étemdlement ^ cft venu à 
perdre une partie de fons mouve- 
aient , ou à le perdre tout entier ^ 

11 y a phiSi les corps dont les mou-^ 
iremens (ont ftipofés étemels, felbnt- 
Ma mus étemeucmcnt fans en point 
ïccontrcr, & fans en point pouffer ^ 
N'cfi-ce qu'^aprés une éternité qi]C: 
leur mouvement à éprouvé des choc» 
& des diminitions? Ou ont-ils eu c- 
uerneUement quelques corps dans leur 
voifînage? ti cela eft, un corps 6- 
limcl en 3ura éternellement pouff6 
d'kutresy & de toute éternité il aura. 
<tt du mouvement ^ &enauraperdu>. 
car il l*avoit avant que de le perdre- 
Ainfî plus on s'obftind dans 1 hypo*- 
thefc d*Qn mouvement éternel:,, plus, 
on^ &*eQ&ni:e: éms dab contradr- 



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Il xve faut pas fe ktâèr éblcmir ptt 
ce qaToffiriroit de MmœQdQ la fupo» 
ikion de qaetquc» corps à qui le 
m^uvemsm (èrok êfeméely comme le 
repos aux autres. Ceux- la y dîrotcp 
on, ne le perdroiem |ainatSy maille 
conièrveroienc toujours tout entier^ 
()uoiqu.'its parui&ncen perdre une part* 
tie lorfqœ les effets de leur iâivité 
feroient ralenus par les maSts qu'ils 
feroient obli&és de porter avec eux ^ 
comme Taftivicé d'un chctal paroîc 
raliotie par le poids dont il eft char^ 
gé, oootcpje ÊiQS devenir plus gran^ 
àcy oc &QS recevoir aucun accrotfle* 
mcntf elle le fera afaocerd^avancs^C^ 
dés qu'on aura dioûnué la char gp qui 
h recardoit. 

Pour répoiidre» je n'ai pas he&na 
de foire remarquer la diâ^ence qu*il 
y a emrt un corps organique corn* 
pofé d^une infinîce de reflorts, &de 
nadimes^ie toutes efpeces, donc k 
jeu eft ènurccemi par le fang pui j 
circule, par la fetmentafioa de mille 
focs, par Tair que refpircnt les ani- 
«wux^ &c. Se un corps fiœple à qui 
aucune cauTc intérieure non plus qu'- 
extérieure œ rend ie mcuvcmenir 
A & qpl* 



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%% Discours SUR LK 

qti'itperd à la rencontre de ceux qu*il 
feit mouvoir. Te ne combacrai pas 
non plus cette fupofîtion par fon ob« 
fcuricé , & par la difficulté qu' or^ 
éprouve oa plutôt par l'impuiflancc 
ou l'oneftde fe former ime idée d*un 
corps doiié d'un mouvement efïcntiel 
& imperdable. Il me fuffit de faire 
voir que cette hypotbefe ne répond 
pas aux phénomènes da moave^ 
ment. 

Quand un corps en choque un au-^ 
tre , iJ faudroit , félon ce fyllême y 
qu'ui^e partie descorpufcùles quifonti 
eflentiellement mobiles ^ paflàfTenC 
du premier dans le fécond^ Se que 
chaqjie corps s'avançât à proportioa 
de la quantité des corpufcules qui la 
porceroient en avaM. Mais d'oiit 
vient qu'un, corps n'en chaffe un au^ 
we que dés qu'il vient à le toucher? 
Doù vient queccscorpufcul^ fi mo- 
biles ne s'échapcnt pas du premier 
pour paflèr dans le fécond y à quelque 
proximité qu'il en foit à moins^qu*il 
ae le touche ? L'air leur laifl'eun che- 
R)ia très libres cependant ils n'y pafr 
fent poinu^. 

fim^oA ^ue ces. co^iifcuIe$ ^ 



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PamciPE^ LA Nat. &c. I j 
Iburces & fujcts propres de tous les 
mouvemens, ne fe détachent dune 
xnaflè, ou ils font une fois nichés^ 
qu'à proportion des obftacJes qu'une 
autre fait à la continuation de leur 
route ? Mais d'où vient qu'il en paflc 
tout autant d'une boulé dans une au- 
tre , quoiqu'elles ne fe touchent qu'ea 
un point , qu'il en pafleroit d'un cu- 
be dans l'autre^ s'ils étoicnt de même 
poids que les boules » quoique la fur- 
face de l'un s'apliquc fur toute la 
fiirface de l'autre ? Il faut qu'ils fe 
dégagent bien aifément , & il faut 
kur atribuer upe fînguliere dexteri# 
lé , & une efpcce d'intelligence & 
de ccmduite pour quiter ainli toutes 
les parties de la boule où ils font ré^ 
pandus , & en fortir tout à la foispa? 
le feul point du contaâ , ou pour 
s*échaper par des lignes parallèles au 
diamètre c{ui pafTe par ce point, tra?- 
verfer Tair , où ils n'avoient garde 
de s'échaper fans oela» & fe rendre 
dans la même bou^e où fe font renr 
àus ceux qui ont défilé, parle point 
du conca6t , s y arrêter enfin & s'y 
jpicher jufques à ce qu'une occafiofi 
&mblable les avertifle de' fe fepar 
tfx^ A 7/ Le: 



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14 Discouiis svn LrB 

-Le feu de h poudre comient une 
pfodigieufe quantité de ces c^rpuf- 
cuks: ils fe répandent dans lair c» 
' un moment avec twie extrême protn- 
tkude. Doè viemqu^fls n^y paflent 
pas à beaucoup prèi fî vîie àè% qu'ils 
font etttrfj une fois dans la baie ? II 
f en entre plus quand' la charge éii 
fuffl eft gfoflfc que quand elle cil pe- 
tite : 11» vTf entrent pourtant pas 
tems data ce dernier cas; d'où vient 
qu*îl n'y en entre pai autant qu'elle 
en petit contenir ? Dou vient qu'il 
en entre moins^ dam une baie de bois 
oti dans une baie de métal creufe que 
dans une balefblide? Eft-ce qu'il n'y 
ft pas affës de pores pour les conte* 
Jiiirj ou fi quand fcs pares (oat trop 
oo/verts ilf-s'échapem des petits po* 
tts qtri font, diant les ptirticttles foJi* . 
étsy potit pftfler dans les grauds po- 
rc$j que ces parties laiffcnt tûifcl^ 
ks, êc des la fe difSper? Sicelaeft*^ 
éôè vient qu^ik ne fe difltpent pas 
kicomlrieRt des pores d une boule fo* 
IWe dàûi Farr qui Tenvironnc? 

On ne pcnt pas faire retomber les 
<^ettèons que nous venons^ de faire 
Hax ta eaufe première eUe-^même de 

tout 



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toat mouvement. On nt p^uc p^ 
dire que pouvant être ÔC n'être pôs,. 
îl faut qu'il 7 ait eu une caufe qui 
Tait déterminé à être plutôt qu'à n'ê*- 
tre pas Ce langage ne fignifie rien : 
On ne fcauroit eherchcr une teHe 
caufe (ans extravagance » ni la ftpo* 
fer (ans contrstdiârioix. On ne fcau- 
roit fupofer un être abfohimem par- 
fait comme capable d*exifter > mats 
fi^cxiftant pas encore, fens fe contre- 
dire 5 car ce qui eft ncceflfàirem^nt 
& ce qui eft fi réel qa*il implique 
contradiétîdn qo^I ne foit pai » eft 
&ns contredit phis parfart que ce qm 
eft, mais quiatrroit pu n*&rc pas. 

Il ^ a ptus : Si Fêtre abfolument 
parfait nexiftoitpas aâudlemeift, A 
ieroit fmpoflible qu^il exiftât jsfmai^^ 
car ce qui te determitieroit I cxiftet 
fcroit pïas^rfeit qtie lui , & outre 
la puîflance il auroit Fétcmhé, et 
par confequent une réalité ioBxùt de 
plus qac lui. 

Quand noè* partons de Pêf re aft*- 
fclument infîni , ou aWblumcnt paf- 
fiii » fi nous voulons pcofer cotrfbiv 
mérneur ànosexprcffions, nous nous 
fcndrom atentifs â Fidée de' j^ftre». 

& 



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1$ DiSCOURSSUR LB^ 

èc nous nous abfticndrons de le bor^ 
ner à la poffibilité & den exclure 
Tcxiftence aduelle, l'exiltcnce éter» 
laelle, Icxiftence ncceffaire. 

Quand on va à la recherce des pre- 
miers principes , c*e(t une neceffité 
de fe rendre attentif à des idées un 
peu Metahyficjues : Ces idées lont 
ordinairement fufpeftes , & j'avoue 
que ce n eft pasfans fondement. On 
abule aifémcnt de la Metaphyfique^ 
parce que comme Tes idées ne frapenc 
pas l'imagination • on s accoutume à 
ne s'y rendre pas attentif, & par là 
on s'accoutume à ne mettre pas fur 
cette matière une affés grande differ 
Kncc entre les mots qui fignilknt Se 
ceux qui ne (ignifient pas y on n'eu: 
pas affés circonfpeét Se affés exaét à 
difcemer ceux dont on afait une jufte 
aplication d'avec ceux qu'on aplique 
à des fujets aufqueU ils ne, con vien^ 
fient pa^- 

Mais pourvu qu^bn ufe d*'atentioû 
(c de difcemement y on peut faire des 
demonflrations Metaphyfiques a;uâi 
iùres que les demonflt:ations Mathe- 
.matiquesu La vérité de celles-ci nc~ 
4c;geQd pas de ce qui js'oâre aux yeux.^. 



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Prikcipe , LA Nat. &C- * 7 

car fi cela étoic, elles n'ctabliroient 
que àcs vérités particulières , au lieu 
qu'eJIes roulent fur des •vérités très 
uaiverfellcs, dont ce qu'on a fous les 
yeux ncft qu'un «emple particulier. 
Il faut pour entrer dans la force d'u- 
ne denaonftration s'afliirer que tout 
ce qui eft vrai de ce qu'on a fous les 
yeux, eft vrai de l'idée générale dont 
cet objet déterminé n'cft qu'une ap- 
plication. 

Et pour ce qui eft des imprcffions 
^ui fe font fui: nos fcns, & quon re- 
garde comme Tunique fondement 
des idées Phyfiques, elles n'établif- 
fent point nôtre certitude feules & 
par cUcs*mêmes>; Ce n'eft pas précis 
fément parce qu'il s excite en nous 
des fenfations de couleurs, de fons , 
&c. que je puis conclure qu'au de- 
hors de nous exiftent des corps qui 
les caufcnt 5 chacun fçait qu'il faut 
nifonncrôc profiter des idées de l'en- 
tendement pour démontrer cette con- 
fecçicnce, & pour faire paflcren cer« 
titude les raports de nos fens. j, 

Plus on connoîtra diftinétement la La cou- 
nature du corps , plus on s'affûrera noiffan- 

q^'îl faut chercher hors.du corps lafe de 

'^.u.lanam. 



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t8 . DireouRsi i^b lE 

re du caitic première de (on itoaoyemen^ 
corps. Déplus, le xnouTetnent écaot ime 
conduit, jjujnicrc d'êtredu corps^ mîetm nou$ 
de 1 connof troBtff ce qoe le corps eft 9 moins 
nature "^^^ Goiirom rtfijoe de nous tromper 
du mou ^ lui affigûant des attxibirta qui ne 
yement lut convieiidroicnt pts j de forte que 
& à la pour établir la natui-c & Tongine du 
décou- mouwmoït > je débute par détcr*. 
fonorl-™^^^ la nacurfi ducorpï^ qui en cfk 
ginc. 'Icfujet. V 

II faut convenir que Tétienduë eft 
une fobâance , puifque la dcâniiioit 
de la fubftance lui convietit toutà 
fait y il n'y a point de caraâere plus 
l&r, ni de voye plus nacurello poi^ 
^i décider : Oa conçoit q« Téten* 
due a une exiftence qui Itsi eft pro^. 
pre , uiK exiftence à part ♦ qui n eft 
l^cxiftence d'aucime autre cbofe ^ 
c*ett ce qu*on ne concevroit point, 
fî elle èioit le mode , ractribùt , la 
manière d'être d'une autre fubftan-^ 
ce* 

• L'étendu* étant une fubftance ^ 
l'étendue & la fubftance étendue foaac 
des termes fynonymef 5 il ne faut 
point chercher dans retendue une 
liabftaûcc di&rente d'elle, non plus 

qu'on 



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je cherche point rfat» Je tri«,gïe u. 

Je défimt pa.» »ne figure tÀngàhi. 
rci car quelle eil cette figure/ fi c^ 
^^^L^'t^Sfe même? A%fi 'q^,^ 
on définit le corps une fubfttnce ét«n- 
jue. qtidleeftcettefBbftance; c'eft 
I étendue, même. 
S'il y avoit dan* les fîmpl«i cwm» 

fub«aDced,flferemederétcti5uë. ott , 
te feroK trompé en regardant cette 
P'crre. comme n'ayant d'autre Aib- 
«Jnce que fon étendue, de la même 
nwmere qu'on fe fromperoit en re- 
gtjnt »m amawr de quelque efpctt 
Jtfqii'icimcoBoue, atquei'onpW 
oroit pouron animal brute,- quoiqu'fl 
«tune atne femblable à edle de 
"wnnme. En ce cas il y awoit dans 
cette pierre une/ubftance differenite 
«f I étendue , & dans cettie enceinte. 
J" "o"* "c fupofions qu'une ftulc 
iubftance, ily enauroit deux^ mars 
mcndue en fcrdit to4 jours une. 

De plus, cette fubftance prête», 
duc du corps éftclle étenduë^ ou 
je reft elle pas ? fî elfe eft étendue, 
wn crcaduë dtffewMe de celte qae 



nous 



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lo DiscouRs smi £.£ 

nous voyons 6c que nous connoifTon^ 
cecte écenduë inconnue efl elle une 
fubftance, ou encorç attribue d'une 
autre fubftance ? s'ils difent qu'elle 
eft fubfiance -, l'éccnduë peut donc 
^ être ftibftance, & tout ce qu'ils ob- 
jeâenc contre celle que nous con* 
noiiTons retombe fur celle que nous 
ne connoiflbns pas , qui étant éten- 
due fera divifiblc, & étant étendue 
finie, fera figurée comme celle que 
nous connoiflbns. 

Diront ils qu'elle n'eft pasfubnan- 
ce 4 mais attribut d'une fubftance ? 
Voila donc deux attributs étendus^. 
le connu & Vinconnui & par là en- 
core on n'avance rien, car je réitère 
la même queflîon fur la fubftancè 
dont l'étendue inconnue feroit un at- 
tribut plus immédiat que la con* 
nue. 

S'ils répondent quM n'en fcavent 
rien , & qu'ils n'en peuvent rien (ba- 
voir, puifqu'ils n'en ont aucune idéej 
je crois qu'ilsparlcnt comme ils pen- 
fent, mais par là ils ne lèvent point 
la difficulté. 

11? peuvent ignorer fi elle eft é- 
tenduë ou non étendue^ mais ils ne 

peu- 



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PHINCIPE, LA NaT. &C. Xt 

peuvent pas ignorer qû*elle eft ncJ 
ceflairemcot l'un ou Tautrc. Vom 
voyés homme de loin & dans rob-» 
fcurité, je vous demande s'il cû de 
vôtre connoiffance ? vou§ répondes 
que vous n'en fcavez rien, & vous 
avez raifon de répondre ainfî t car 
vous ne l'apercevés pas ittèz diftinâe- 
ment pour en décider. Mais fi je 
Vous demande , n'e(l-il pas vrai ou 
que V0U5 Pavez vu ci devant , ou 
que vous ne Tavcz jamais vii > ou que 
vous en fcavez le nom , du que vous 
ne le Icavcz pas ? vous ne fcaurîez 
difconvenir qu'un des deux ne foie 
vrai. De même s'il y avoit dans le 
corps une fubftance différente de 
rénrenduë que nous voyons , une 
de ces deux propofitions ferpit vraie, 
cet^e Jubftame eft étendue » cette fubfian-- 
ce neft pas étendue *j car tout ce qui 
eft du rang des choies , étendues, 
ne 1 eft pas des non étendues , Se re* 
ciproquement. 

Or j'ai déjà prouvé qu'on ne peut 
pas dire dans le fiftéme que je com- 
bats, qu'Ile foit étendue j fîdonîje 
prouve encore qu'il n eft pas permis 
4e h fupofer non étendue, il faudra 

tom- 



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«Mohàr d'accord qu'il n'eft du eout 
pas pertm^de la (upofer, êcqueceft 
une chiroere. Cette dcrnwc partie 
eft j&cile à prouver* Ce qui n eft 
poim étendu ne peut pas ^ire le fu-* 
jet jdaas leqiftei retendue {ubfîftes /la 
fiibflatice dont T^enduë .^Q: un des 
tmibuts» icxifie d'u^e manière aen« 
dqë, poiCqueréceivluë eft uue defes 
naoiffipes d'éicre, undefee^états: Or 
èae dans un état éretidu , exifter 
d'une manière étendue 9 c'eft être 
étendu, ou c'eft être de l'étendue. 

Lxfigurc eft un attribut de reten- 
due , c'eft l'étendue même en tant 
que terminée ^ le mouvement eft un 
attribut de retendue, & ceft l'éten- 
due même en tant que chaînant de 
place. Quelle plus grande differen- 
œ qu^entre re qui eft étendu & ce 
qui ne Teft pas ? (i la fubftance du 
corps n eft pas étendue, i^tenduefoo 
prcipier attribuât (era infiniment dif** 
ferent de fa fubftance* L'étendue 
d'un conps pourrait donc tout au plus 
être regardée comme quelque chûfe 
t)*^panenant à uc» âibftaoce, com- 
me quelque cbo£: fur qufsi une ûibr 
^attce nqn éfie&dui: auiok quelqiiie 

. pou- 



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Pasif cif«^ tLA Nat. 85c %i 

pouvoir} tm^ en k cancevjint aiafi, 
m la-ooQcevuaai corhebc tsnofubftao-» 
ccdopetidiaQtc il*utie autra ëté^rcote 

Maïs l^^endoe» cËiêikC^ili» cfl; dj- 
vifihitii Vtfï&tà^ txmuneorferoitioUo 
Boe iohftanffe ? Quoi donc , quand 
en dèri^rok cet attribut « «n M dû» 
nfàroit, )poirtt .te-tiibtoico ? quand 
on a pacagé un pied cube d'or ta 
eentmiliepteees, ù fuhilancedc cet- 
te mafle amfi divi^ demeurent- dilo 
indiviôblc? ^flct-elle toute entière 
dans chaosn de ce» morceaux , ou fi 
elle rcfte toute entière avec un fcul 
d'eux? - 
. LiC terme d'Un eft un terme re-? 
tarif, & non pas abfolu ^ un pied cu^ 
be d étendue» elt iétendue d^un pied^ 
c'cfl: iiQc (uWbiKe d'un pied . & non 
pas de doux. Le pied d'étendue a 
ion exiftence à part de tous les tM^ 
très pieds inagbâbles. Mais il con** 
tient 17x8* pouces cubes ? cclavraî^ 
2c chaqiie frduce cube eft une fob- 
ilance? cela cfte ^Korercai, c'efl: 
une rendue d*un pouce & non de 
deux, t)ui a ÉMSUCKiftcnce à part de 
tout ;tut£e pMcecuhii^iiii^inablû. 

Enfin, 



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24 Discount stm LK ' 

Enfin ^ dira-t*ôn, il eft bicm force 
de Aippofer une fubftance corporelle 
difïèrcnte de retendue , puifqu'av^ 
retendue feule on ne fçauroit expli- 
quer ni la dureté ni la pefanteur^ & 
d'où fçavent- ils que cela ne fe peut ? 
Sçavent-ils tout ? Ont-ils vu toutes 
les combinaifons poffibles des modi- 
fications de retendue? Peut être qu'en- 
ajoûtant quelque chofe à ce qu'on a 
déjà dit de phis raifonnable fur les 
caufes de ces deux propriétés des 
corps terreftres, il ne reliera plus de 
difficulté. Ce font là des qualitez 
que Monfieur Boile apelloit fort à 
propos Cofmiques. L'agencement 
de la vafte machine de TUnivers 
en eft la caufe > & elles ne font 
pas des qualités qui dérivent imme« 
diatement de ce qui eft eflèntiel à un 
bloc d'étendue en elle même. On 
peut donc , pendant qu'on n en con* 
noit pas encor exaétement la caufe» 
conjeéturer très- raifonnablement y 
qu'il y a dans la difpofition de PUni- 
vcrs quelque arrangenjentquinenous 
eft pas encore aflèz connu , pour en 
comprendre toutes les confequences^ 
& pour en voir tous les efièts. 

Su- 



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PftÎNCIPB, LA NaT. &:. Ijr 

Supofons t]ue Vhypotcfc de Def« 
cartes fur Ja pefanteur, (bit Ja veri» 
table; Airant lui on n'enavoit auqi* 
ne idée, à cauie de cela, écoit-on 
en droit de Timputt^ k une forme fui* 
fiantieUe} Supofons encore que celle 
de Moniteur Newton flir les cou- 
leurs t nous eo àètoayxt precifément 
les caufes; On n'y penfoit pas avanc 
lui -, Se fî quelqu'un., après avoir re« 
futé toutes les autres conjeâures otk 
il entroicduMecbanifme, avoit con- 
clu, en ditant qu'il s*en falloit tenir 
à la penfée des Ariftoteliciem > Sc 
dire que les couleurs font dans le» 
cosps des qualités, toutes femblables 
aux fcmimcns qu'elles excitent, nau«^ 
roit-on pas eu raifon de leur dire,' 
voire conclu/ton efi précipitées viemira 
le tenu qu'un génie fjfus pénétrant ,pùis 
patient qu plusiieureux^ tirera, des /es 
vrais principes j une explication deseou^ 
ifurf^ aujji différente de celle d'^Ariflotèy 
que de tous ceux ^ue les Anjloteliciens 
réfutent. 

Combien les Nombres n'ont- ils pas 
de propriétés ? combien de Théorè- 
mes ne fourniflcnt pas leurs copibi* 
rmCoï»} combien, de Problèmes nç 
B peut^ 



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peutson pas prpf^ofer for les Nom- 
bres» de même que for les Triant 
gles») les Cercles, & les autrçs Fi- 
gures? Ëfirejettera-con la définicU 
en , des qu'on fera arrêté par la dif-. 
ficulté 4^ donner quelque iblucion 
compliquée? ^ 

. Dès qu'op fera convenu que corps 
dcitendue ceft la même choie , on 
fera obligé de reconnoîcre , & on 
verra tréspciairement , qu^aucun corps» 
écà à dire, qu'aucune portion (dé- 
tendue ne peut tirer fon mouvement 
d!elle même» qu'elle ne fçauroit paf<( 
fer d'elle même de Técat de repos à 
celui de mouvement, qu'elle eft in-* 
difierçnte à iHm & à l'autre de ces 
^eux états ^ qu'elle eft également fu- 
fceptible de Fim & de l'autre 3 que 
par confequent i] faut que quelque 
o^uTe extérieure la détermine, à TuQ 
fdûtot qu^ Tautre. (a) 

tMais 

(a) Les Parttfans J» Vuîde pourroùftt icf 
jm!^r$'êt^^ mais ik p^m^arrêt^otity^^^npiO' 
Vf ait i parce quo quand je regarde comme Sy-^ 
nommer les termes de Corps & ^*Ëtenduë', 
far le hfot d'Etendue /exprime relie dcfh 
fsyl'idk as dcJLim' Btmm^o%dè, BtU 
c- faut 



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Mais wttc cawfe, dijfFercnro de k • 
fvihûmcç corporelle, cpmmeat y a- x.a pro* 
t'eJIjB ^ç oaîtjre le naouveœjÇQt ? Jemicre 
B 2, ré-caufeda 

tnouve- 
yîMtf necejpihement en venir là; car A deux^^tn 
rf»y« Pmt. Un- Efoaofrviiide^, tmê Eico-^ft une 
due non corps efipoffib/e, •uimpogHU: Stett^^^i^ 
^;^^HSkf^ > imtd^9 Jefm k Cecff âfi-genci. 
iUe d Etcndyp, t^l^mnecejptircmmpi'méê, 
ceUe de Solide «»/ A? ç^aéierife ^. qui ImeA 
tSent'telle, & fiïe Vuide e/l impêffihU. Éten^ 
due & bXAtJimt des termes recifreques yqi4 
*$ Pun^ ék$ fiecfJpamméi9^P06trê. 
^J^m on a//^uta pm^exen^f k^GfrpÊt 
Fluides, car je d^nmif^r^^ 4^4 à celm^ 
me fera cefUohjjsâifinyC^guHlèpfen^par Flui- 
de. E^ ce un Bloc cem^ofé die parties pêne*? 
^bies , êtt de parties impénétrables , mais qtâ 
sMcarwf» aifémeiK furie de Poutre four don* 
nerp^afage àamcorpsi dimt /g mouvement ixU 
ge çét éçard, afi^ q^'il ^^ entrUlles. 

Un Fhi^de, pot$r mériter k nom de Corpi. 
d^it donc efire compofe df parties Solides. Une 
étendue infiniment fluide ^ fer oit infiniment ce ^ 
dente dans toutes f es parties ^ elles nef croient 
cifoh^ment aucune rtfifiance é' léffirment pafà 
fir h AMUe SoRdcy fans avoir befoin def^n 
%ar^erJfisun0sàis autres:, pour luydftmerpûfagt^ 

Je ne me ferpis, pas de peine de pouffer pii^ 
loin Ci fùjet^ fy pourrai revenir dans lajuit- 
|f / mais il n'efi pas necefjaire de Vexaminet 
dans un plus grand détail pour Veclaircijfement 
^fuiet précis que > tHi$H^ à^ dans lequel 
je dois f^c renfermer^ 



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a8 Discours sur le 

répondrai encore à cette demande » 
non feulement parce que cela mepa- 
roît neceflaire, pour achever d'éclair- 
cir la queftion fur le principe du mou- 
vemeM , mais de plus , parce que 
cela nous amènera a en découvrir la 
nature. 

Comme nous n^avons d'idée que de 
deux fubftances, de Tetendue & de 
celle qui penfe , & qu'en qualité de 
Phyfîciens, nous voulons faire eflai 
de nos idées » & voir jufqu'où elles 
font capables de nous conduire. A- 
prês avoir connu que la fubftance é- 
tendue ne peut pas être elle-même 
rorigine de fon mouvement, il faut 
eflayer de la chercher dans une fub- 
ftance intelligente; Or à quelque in- 
telligence qu'on s'avifât d'attribuer 
lés premiers mouvemensde TUnivers, 
comme il faudroit toujours reconnoî- 
tre que cette Intelligence tiendroit 
fqn pouvoir de Inintelligence fuprê- 
mc & éternelle , c'eft dans la puiflan- 
ce 8c dans la volonté de celle-cy , 
qu'il faut chercher la première ori- 
gine du niouvement. 

La puiîTance d'un être, quel qu'il 
ibit , c'eft cet être même exiftant 

d'une. 



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Principe 9 la Nat. Scc %^ 

d'une certaine façon, ou confideréà 
de certains égards j c*cft cet être mê- 
me agifTant $ oC faifant naître quelque 
chofc qui auparavant n'étoit pas fub- 
ftance ou état de fubftance. La PuiP» 
fance de l'être fans bornes , de l'être 
infiniment réel , ccft donc cet Etre 
même, & par confequcnt elle ell 
auffi fans bornes i elle eft infinement 
réelle, infinement aétive. L'intelli- 
gence étemelle peut produire tout ce 
qu'elle veut, & le produire avec une 
infinie facilité, c'eft à dire avec une 
fecilité proportionnée à fa p^iiflance, 
' proportionnée à ce qu'elle eft. Il fuie 
dé la qu'elle opère par ft volonté, que 
fon ordre eft immédiatement fuivi 
d'un effet tel qu'elle l'a voulu, tel 
qu'elle l'a ordonné , car s'il falloit 
que cet aéte de fa volonté fût enco- 
re fuûtenu de la moindre application, 
fût accompagné du moindre effort, 
la fiacUité ne leroit pas infinie i & u* 
ne volonté efficace par elle même, 
agiroit encore plus facilement, 6c 
fooit encore plus puiffante. 

Nous faifons naître divers mouve* 

mens dans nôtre. corps par la feule 

cifficace de nôtre volonté, pu du 

B 3 moins 



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^6 Discours svtt le 

moins fi la vùlontc ne produit pa» 
immédiatement les mou^emens de 
nos mufcles , elle détermine les ef- 
prits à y couler , SC en général les 
Cacrles <jut . fcs agitent à s'y porter : 
nôtre volonté eft donc caufe de ces 
manières d'être» que nous appelions 
des dérerminatians de mouvement, 
fcs ordres font incontinent exécutés; 
les caufes immédiates des mroilvtrmens 
âc tîos bras & de nos jambes lui obé» 
îffent incontinent , qtrôique cette vo- 
lonté ne connoifle pas tes caufes , 8£ 
que ces caufes ne la cônnoînênt pas> 
& ne forent pas même capables àt 
connoiflancc. 

Quand on fuppoferoit qu'il n'y a 
dans rhomme qu'une feule fubftance, 
)à volonté 8c le mouvement feroient 
toujours deux attributs très diffcrens : 
la volonté dl une manière d*être,qui fc 
fent , & qui fe connoît par là même 
qu'elle exiftej au lieu que le mouve- 
ment ne fe fent ni ne fe connoît ; l'une 
fcroît pourtrant la caufe de l'autre* 

Enfin fi Ton penfc que nôtre va- 

tenté n'cft qu'une caufe occafionelle 

éts mouvemensde nosefpfits, ou de 

fcurt détcrmînatiqnSj il ^udratoû- 

• c ^' jours 



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PRINcipfi, LA NaT. êCC. }1 

joDrs reconnoître qu*eHe en efl: la 
caufe aparente: or ce dont elle cà, 
tiBe app^nce» i^iie ombre , une re^ 
prefencicion I il ^ut que la realité 
s'en trouve quelque part : 6c ce fera 
dans la volonté de Têtre (ùprétne. 

Cet être renferme toutes les per- 
fKtîôns àBloluJes , c^It a dire, qui 
ne*fotî€ àccottîpagheès d'aucune hn- 
perfifiâiôn s infini il fe fuffit à \m^ 
fâémej heureux par Iqi-même, le 
^finimeât fatjsfaît de fe connoitre» 
de de jouir de lui-métne ^ il pou voit ne 
rien produire de différent de fei-mê- 
cae^i <Erar il n'avoit befoin de rien > Se 
comme le mouvement pouvoit écre 
& n'être pas f il pouvoit le produire 
ou. ne le produire pas ; La Volonté 
fupréme eft libre, il cft eflentiel à la 
parfaite liberté de fe déterminer eller 
même, & fa volonté s'eft elle-même 
librement déterrjsinée à vouloir que 
retendue fut , & à vouloir quM y 
eût du mouvement dans retendue. 
Voïons le naître de cette volontés 

Cotîfitiercr les chofes dans leuJ 

naiflance^ c'cft un, des moyens des 

plud propres pour lès connoitre; car 

chaque chofe eft precifooiqxlt ce que 

B 4 fa 



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5%, DïSCÔURS^ SÛR LE 

fa caufe lui à donné d* être eh la faî- 
iant, & fi elle cft i-efFet d'une vo- 
lonté, elle fe trouve preciféràent tel- 
le* que cette volonté a voulu qu'elle 
fût , lorfqû'eUe en a ordonné la naif- 
iànce. 

2)^ la nature du Mouvements 




-iance 

vcmaii ^^^^^^^^^^ toutes les parties de TU- 
nivers dans un parfait repos. 

Cette fuppohton eft très-raifonna- 
blei on commence par le plus fim- 
ple, & le repos Teft infiniment, en 
comparaifon du mouvement, l^a 
corps en repos eft toujours dans le 
même état, & confcrve conllam» 
ment & uniformément Iqs mêmes re- 
lations ; mais quoiqu'un corps en 
mouvement fôit toujours en mouve-* 
ment pendant qu'il fe meuti & que 
fon mouvement puifle de plus être 
uniforme , c'eft- à- dire , aller toujours 
d*un train égal , il y a néanmoins 
dans le mouvement un changement 
continuel, & ce changement lui eft 

eflen- 



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PiuRciPE^, i^ Nat. Ôcc. 53 

c0cnciel ; il s'éloigne toujours plus 
d'un terme 9 & s'aproche toujours 
plus d'un autre, fes relations dedî- 
fiance ne demeurent jamais les mê- 
mes; il s'aplique toujours à des par« 
ties différentes 9 il les parcourt Tune 
après l'autre v il eft dans une fucce(^ 
fion continuelle } au lieu que dans le 
repos on ne trouve qu'une par&ite 
identité. 

Je choifîs dans cette vafteétenduCf 
où il n*eft encore arrivé aucun chan- 
gement , & je déiîgne parla penfée,* 
une Sphère de ûx pieds , par exem- 
pte, de rayon } (a (ur&cç convexe 
parfaitement polie , eA immédiate* 
xnent touchée en tous (es points , par 
une concavitc qui l'embraÛe» & qui 
eft auiS parfaitement polie > c'ell às- 
dire, je ne conçois aucune des par- 
ties de 1 nne engagée dans ks inter* . 
âices de l'autre. 

Cette Sphère, & ce qui 1 environ- 
ne, font dans un parfait repos, ce 
(ont toujours les mêmes parties de 
l'une & de Tautrc furface , qui (c 
touchent conftamment. Prenés dans 
cette Sphère quelque partie qu'il voua 
plaira > comparés^la avec qtidle que 

TOUS 



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14 DlSCOUHS SUR LB 

Totis Tbudtei choifir dans les corp^ 
ijtrircnvironnemîfafituatian demeu* 
rcra fa même ; fa Vclàiion de diftance 
ne changera fcnnt. 

Concevcs après cda que rimelli- 
gcnce ruprêmé veut tjuc cette Sphère 
applique fucceffivcment la furface^^i^- 
vtxe qui la rcnterme à la furfece cm*' 
ww tjui Pembràilc hnrricdiateraent ; 
cette vQlonté fera incontinent fui vie 
de fon effet , & cette Sphère fe met- 
tra en mouvement. Concevés Tio* 
telligcnce fiipréme , qui ordonne à 
éctte St^pc de fe mettreen mouve- 
ment j ait ordife^icrâ atiffi exécuté^ 
& elte^c'cfV à-dire , toutes fcs par- 
ties, appliqueront 'fùcceffivemcnt la 
furface eonvexe^ qui les renterme ton* 
tes^ à là cmcavftéqxnhLtouche. 
^. Je vois déjà par là que le mouve* 
Prc-*ment eft l'état dîun corps qui applU 
^^^' que fucceffivement fa furface à Teten- 
{^^^^" due qui l'avoifîne immédiatement j 
^'^* c'eft la première propriété eflentielle 
au mouvement , que ùl naiâânce me 
face apercevoir. 
g. Je m*aperçois enmémetems d'une 
Seconde feco9jde , qui n*eft pas moins eflènti- 
cUc > c*cft qu'il n'y a auqune partie 
,,. dan* 



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àsiùs cette Sphère , qui ne change 
fans ceflb de (rcuatton ,. par raport: aux 

rrties de la concavité , à laquelle jo 
compare ^ ce n eft pas Ja furfacê 
convexe de la Sphese ^ qui s'a|^li« 
que feule fuooeffivement : toutes les 
parties qu'elle renfentie « & dont çlle 
eftlaforfacccommune, contribuent 
à rappliquer, âcenfatâmcela^ elle» 
changent toutes de fituation. 

Defîgnés encore par la pen(ie# vers 
^extrémité de cette Sphère 5 un an*^ 
neau d'un pied d'épaifleùr , & figu** 
fes vous qu'il fe meut, tout le réflo 
demeurant immobile Tomes lespar** 
ties renfermées entre les. furfàces ^ 
Pntie convexe 6c extérieure, Tautrd 
îmeriettre & concave de cet anneau^ 
changeront de fituaticm, par râporc 
aux corps qui les environnent > & tou« 
tes enlemble appliqueront fucoeflive* 
ment les deux furfaces dans lefquelles 
elles fimc renfermées, &c qui font les 
extrémités» du tout qu^elies €ompo« 
feot- 

Mais le centre de cette Sphère fe 

ftcut-il aufli ? Sans doute , car tout 

ce qui eft ^enfermé dans fon cncein*»' 

fr^ fe-ment^ On fopoiê ordinaire* 

B 6 suent 



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^6' Discours SUR jûr 

ment un myon de^ccrcle tourûant au« 
tour d'uiï centre, qu'on regarde com-t 
me immoble; mais c'eft une fupoiî-* 
tion abftràite: on {ait abftraâion du} 
mouvement de ce centre, on en par-^ 
le comme d'une Sphère infiniment* 
petite ÔC immobile , au cour de la* 
quelle l'extrémité du rayon ; tcAu-tie-, 
loit^ & Terreur de cette (upbfitioa: 
n'eu d'aucune confequence . parce» 
qu'elle eft infiniment petite , Mais 
réellement & exaâement parlant , le 
centre c'eft l'extrémité du rayon , ce 
ravon fe meut Ôc (on extrémité, qui 
€ft quelque chofë de lui* même » fe. 
meut auflî. Une Sphère eft compo- 
fiSede deux Hemifpfaiercs, les furfii- 
ces planes de ces deux Hemifpheres le 
touchent immédiatement 5 Dans4'a<« 
ne & dans l'autre il y a un rayon» 
&ces deux rayons pofés bout à bout y 
ferment le Diamètre j entre l'extré- 
mité de l'un & celle de Tautre , je 
parle des de^x extrémités qui fe tou- 
chent , il n'y a abfolument aucun in» 
tcrraile, & on peut prendre pour 
centre celle de ces deux extrémité» 
<m*on voudra. Il arrive à chacune de 
CCS cxtroniiés (ks deux l'ayons ^ ce 

4]Ui 



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Pftiifctpe, LA Nat. 6tc. }7 

qui arrive à toute la fiirfâce pltne de 
chacun de ce$ deux Hemifpherea t 
elles changent fans ceffe de (ituation« 
dles font toujours tournées vers de 
differens endroits, ce qui étoit fupe- 
rieur dévient inferioir après un demi 
tour 3 ce qui étoit tourné à la droite, 
eft tourné à la gauche apiè^ autant 
de mouvement. 

L'a^roblagc de, tout ce qui com-' 7. 
pofe la Sphère > en appltquimt fuC'.En quel 
c^vementfa lurface» & en chan*^<^nslc 
géant de fituation , parcourt un ef "™^vc- 
-pace i c'eft une tmfiem$ propriété ?||j."^ 
eflcntielle au mo^veioent ; . ^maii il court 1» 
£iut que je m'explique* efpace. 

Pour ne m'embaraflet d*aucusie 
hypothefe, f ai déjà préteré de voit 
naître un mouvement circulaire à xm 
mouvement en droite ligne , parce 
qu a moins de Tupoler un vuide p^r* 
£ur» un mouvemeiK en droite ligne 
ne peut fe concevoir fcuL ToutmcN 
bile qui s*ek>igne d'un terme & sV 

Îirocbed'un autce^ en parcourant une 
igné droite, cbafle de (09 c&cmifr 
ce qu'il rencontre, & à moins duii 
£;rand vuide > Toblige de ckcukr : 
par Jàk i»auvcaK»(l^n^itc ligne» 
B 7 ç«p 



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ifl Discours strui^s 

emporte le circulaire, au lieu que le 
circulaire peut fe concevoir tout feul > 
c*eft par cette raifon que je l'ai cboi- 
ûf afin qu'à la vûë du mouvement 
naiiTant , nôtre attention ne fût pas 
obligée de le partager far beaucoup 
d'objets, j'éviterai encore la quefti« 
on du vuide j dans cette troiâéme 
remarque que je fais fur ce qui eft ef« 
fentid au mouvement. }e f^évois 
que cette controverfe pourra troovef 
une place plus commode dans la fuite 
des Queftions qui fe prelente^ont a* 
près cette année. 

La concavité eii repoftqui etiibi^P- 
fe nôtre Sphère en motivement, dl 
siféMiéelle ; c'i^ l'extrémité d'eue 
étendue <:orporelki elle eft neceâai^ 
fement d^ine certaine capacité , Se 
dans nôtre fupofitiioni ce qu'elle ren« 
ferme eft atiffi une étendue corporel^ 
fe .' Un Corps qui fe meut paix:ourt 
éoac ttfte concavité corporelle y cas^ 
te coac^ké eft d^une" eàpiicité déveiti 
filmée, dans l^potbefe du pleine 
toûjoars FempHe d'une étendue coii« 

Êorélle» quoique Bon pas toujours de 
»mââe/ parce que quand il y a dit 
lOouvefiieat^ lune fuccede à l'an* 
iare» Dés 



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PiimClPS 9 L A N AT . 8cc» ip 

Dés que h fupofition du vuide fera 
une fois accorda, Tidéede lefpâce 
parcouru fera plus (impies mais cein- 
te fopofidon a auffi (es difficultés. 
Je ne prens pas parti quand il n eft 
pas neceflaire. 

Quand une Spbere fe meut au tour 
de fon centre 9 une certaine Se même 
portion de concavités après avoif 
été parcourue lucceffivement par u* 
ne certaine partie de la convexité do 
mobile , eft enfuite parcourue par 
une autre» rfe la même façon ^ à 1* 
féconde fuccede une troifiéme toû* 
purs parcourant la même partie^ 6c 
ainfi fans inrerruption , au lieu <pt 
dans une concavité étendue en Rgnt 
(droite, une certaine portion ; après 
avoir été parcourue, ne Feft pkis^ 
toutes les parties du mobile Taban^ 
donnent enticremem. (b) 

— . Cet- 

(b) L^Hypothefe do Vuide ifi mtà 
fttt commode pour amcevotp h mouvement^ 
On s*e9t rtfrefinte beaucoup plus arfmmt U 
9u^m$ci & té cmthmatkmy dons cette bypt^ 
tiefit^ fue dans cette du Ptein abfbtu^ méf^ 
y^ay cru ÀponmrntexpBquer fins meUer ni 
à Pme^ m â Pmre d$ ces Aux Suppo^tipn^ 

0- 



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40 Discours SUR LE 

f^ Cecte idée du mouvement conçu 9 
Jdéc' de comme Técat d'uq corps qui parcoure 
laquan-un E/pa^e ^ ou qui parcourt une Q;^* 
ticedu cavité iTune capacité déterminée , é- 
*"^"^^" claircit tout à- fait ce qu'on apelle la 
""^"^ quantité du mouvement. . - 

Tous les Phyficiens que j'ai lu, 
après avoir fupofé que le mouvement. 
; efl une Quantité , la définiiTent en 
difant que c'eft le produit de la pefan* 
teur du mobile par la %itejfe. Déjà la 
iupofition n'eft pas façis obfcurité, à 
caqfe de Tidée qu'on a accoutumé 
d'attacher au mot de quantité, la- 
quelle idée prefente quelque chofe de 
£xe, d'étendu, de groffierj Tcmbar-^ 
^ ras croît quand on y fait entrer une 
règle de multiplicatif , qui a pour 
une de fes racines ^ la mafTe ou \ç poids , 
& pour l'autre la vite (Je ^ deux gen- 
res d'être fort diffcrcns. 
.. Mais on peut rendre très-claire 

cct- 

b' Ci n'ijl que pour rendre ma SoTutîonplue 
Jimple ^ plus indépendante que j'ay^ fris et 
parti; car d'ailleurs après y avoir penfe trct 
/ongtefffps , il m* a paru que le meuvemens et oit 
^ impoJlibU dans un Ple'mparfaiu^epâutraidant 
iajiàtte expliquer mes Idées fur ce Met. 
Vi^s b premier BcUùrcijJementJurk fuidei 



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PrtKcipe, la Nat. &c. 4t 

cette idée, par le raifonnement fui- 
vant- Qui dit mouvement, ditfuc^ 
ceffion , c'eft une de fes propriétés 
eflêntielles. Qui dit fucceflion, dit 
une manière d*étre, qui n'eft point 
renfermée dans de certaines bornes» 
c'eft a dire une manière d*étre qui 
neft point fixe, qui n*eft point àé^ 
terminée , 9c n'a point uqe certaine 
précifîon dont elle ne puifië s écarter. 
Dés qu'une application eft fucceffi- 
ve, elle peut rêcre moins Scelle peut 
Têtre plus. Un corps peut changer 
plus ou moins de fituation » cela ug- 
nifie qu'il peut (e mouvoir plus ou 
moins , qu'il peut parcourir plus ou 
moins d'efmce ; toutes ces. exprcffi** 
ons ibnt ^nonimes, la fimificasion 
de l'une emporte la fignihcarion de 
Tautrc; ceque rondélîgneparl'unCf 
eft infeparaolé de ce que les autres 
font enteiKlre, c'cft donc une necef- 
fité qu'il y ait dans le .mouvement du 
tus oc du moms, & par conféquent 
e nom de ^quantité lui convient* 

Quand plus d'efpace eft parcouru $ 
il y a plus de mouvement, quand 
mûMs iTe/paceQfk parcouru , ou quand 
la concavité parcourue c& d'une mom^ 
dre capacité B ilycnamoins. Pour 



t 



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4t Discours avAiiÇ 

Pour avoir h grandeur dHin efpa- 
ce, ou , ce qui reviei^t au même t 
la capacité d'ukie (ùrfictf concave^ 
oik fçaic qu'il ea fàvft mukiplîer la 
lof^ueur par la ba^é; Or tes mêmes 
nombres donc on fe ferc pour expri- 
mer le raport de deux lon^euns de 
chemin 9 ce font les mê^es nombref 
qu'on emplojre pout exprimer le ra- 
port dts deux vit€?fiès } bar uiîc vi* 
tèfle c& à Taucre côtnme la |tH)gii^ut 
du cfaetoin qu'un de$ fiH)bi}e6 pti<H:ouF]E ' 
à la loiigueur de cehii ^ie par<^ourc «| 
autre teobilei datad \6 mém« xemss 

L€ poids d'un a^obile répond à là 
baze de Tefpace parcoufU, ce que}e 
prouve aiim. Qu'on fe rcprefente 
un cube parfaitement foHdei ii onle 
fupofe divifé en une infinité de tfan** 
ches très minces i qui parcourent ^ 
lune après l'autre , la longueur d*uhe 
toife^ c'eft tout comme fi autant de 
toifes qu'il y a de ti^nches avoient 
été parcourues par une feule de ce^ 
tranches. Donc ^our avoii^ la grah# 
dnir de l'ef^ce parcouru y il faut 
multiplier une toite par la fomme d^ 
toutes les tranches. ^ Le poids du eu* 
be donne cette ibmme absolument % 

fi 



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fi k pdE^MtUât eu quelque chù&d*^ 
fohi, it la donne rekrmment» û h 
peânteur neft que relative ^ fie cdà 
fbffit» parce que quand où p«rledfe *' 
la quantité du moiu^eâient » on ne 
fe borne jamais i penlêr ati ffloove« 
ment d*un feul corp$ en lui^tiiiéine^ 
mais oncompare<toûj<>ikfidttu9tiiKWi; 
temens entrTeuSs. 

Si toutes les ttmcbe» dam lei^mik* 
les on fupôfe h mbe fi'wi(i\ M fien 
d'être aflemblées tu eubtf , étofem 
rangées I le bordittfinÂftielN; MiiiM ife 
Pune ^ le bord ift^iii^MM mHnk» 
de Pâtïtrtf , f&ar to»{^fer WR Ûv!h 
^t forfkée en fittHRTidn Vertkttle k 
quand cette furfaee déttirôît la kittk 
gueur d'une toiik . il fe paftûttrt^t 
autant d'cfpace tout dun coups qu^fl 
i'en parcourt ouand chaque l)paiicbéi 
fe mouvant à k ftide de Taut^e^ dé- 
icrît rcfpace qui tient d'Sêtrc f^arcou^ 
ru par ccHe qui fer pi^cèfdè. 

Cjuand le cube cft iMartagée»»*»*. 
ches^ la concavité qui les loibb^àfib 
a bien une ftfrfacfe irtcôtnpàfi^fotelfteiM: 
jrfm grande xpe telft cjul entelope le 
tube, mais cite tv'eft pa* d^ufaë pkis 
grattde capacité, 6tnc)renferi»ep^4* 

ci- 



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44 DiicôuRs SUR 14^ : 

cifément que la même quantité d'é^ 
tendue $ ainfi par rapport à l'écenduë de 
Ja^capacké parcoutuë, n'itoporee quel* 
le 6gure Se quel agencement an donne 
à, la même quantité départies folides* 
Si le premier cube que nouç avons 
fupofé etoic divifé en un gr^nd nom-* 
bre de petits qui ne fe touchafTenç 
que par leurs angles, laifrantentr*eux 
des intervalles d'une grandeur égale 
à la leur, la fur&ce qui environne* 
roit cet aflemblage de parties folides 
& d'intervalles , feroit bien encore 
d une capacité plus grande que celle 
qui environnoit le cube^ mais la 
4Qmme des capaciiés de^ toutes les 
furfaçes qui enviconncroient^les par-^ 
tics folides f feroit toujours la même, 
,& ceft à ces 'parties folides > & à la 
capacité de la (urface qui les renfer- 
jne , qu'on a uniquement égard j 
quand il s*agit de la quantité du mou^. 
vcment5 parce que dans rhypothcfe 
du vuide» il ny a rien dans les inter- 
valles; & dans Thypochefe oppofée » 
il font remplis d'une matière fubtile 
& fluide» qui y coule avec facilité , 
& s'en écbape fans ceiTe i de forte 
^u elle ne doit non plus entrer en li* 

gnc 



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PidKcipg; LA Nat* 8cc. 4f. 

gne de compte # quand ils^a^it delà 
force du mouvement , &c de l^fficace 
du choc, que rair enfermé entre les 
intervalles des cordes d*une raqiKstte» 
n'eft comptéentre ks caufes qui con» 
tribuent a poufler une balle de jeu 
de paume* 

' Une furface verticale & infiniment 
mince, qui parcourront la longueur 
de deux toifes , parcourroit un efpa* 
ce ou une concavité , dont fi Ton 
vouloit avoir la capacité, il faudrait 
multiplier cette furface bâte de Te* 
Jpace par deux toiles fa longueur* Or 
te poids de cette furface verticale cfk 
prccifément la mefure dç fon éten- 
duc. Qu^on la conçoive enfuite di* 
vifée en plufieurs quarrés qui aplt* 
qués l*un fui- Tautre forment un cu- 
be, ce fera le même poids, & fi le 
centre de ce^ube parcourt deux toi* 
fes, chacune des parties qui le com« 
pofent de coté âc d^autre de ce cen« 
tre dans le même plan h parcourra 
chacune une longueur différente de 
h longueur parcourue par fes voifî- 
nes. Les autres parties du cube par- 
courront la même que celles qui les 
précèdent auront déja> pavcouruë % 

mais . 



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jfi. DiVeoui.f SUA &« 
mm Q*€0( cQTom^ fi çh w wm^ p«cw*. 

Mût ÙOB Iwguçw fi^réç , pvifq«ft 
obaoïânc en pgfcowt Féqiriv^lçnt,, 
Ete quelque maokre que W parties 
de mobiles i (çk&i rangées , ça muK 
tîpHe tcûioar» le mèm p^df pair 1^^ 
même longueur, & on a k mêm% 
çfyacc; $c quw4 o© ^ le m.êîpiÊ cf. 
pau:c |>^coaru, on a \% mi^nie q^^n-r 
tité <Je BHouvement:* Ia wwbreq% 
aaarque k ppida nwgw à&^cl^h^zc^ 
de l'efpaoc parcowv» ôç k npmbrç 
qui marque la vîie^i m%rqfxç \^ 
longueur de cet tfp^ce^ c'eft ce qui 
z donné lieu 4. mujfiplief feppid§ p^ 
la viteflc, ppur a¥oir la ç^>^tc dç 
re^oe p^eoury , §cpwUit,ljiqusn^ 
^ tité du moUYemçnt. 
La Le mouvement ét»nf Vét%t ^^n 
quanti- corpa qui parcourt yn elpace, & 1^ 
té du qumuiié du moMveiniei^t éi^ç t^'^ 
meuve- j^ç^ proportionnée à cet efp^çe»^ 
?eftVe ^^*^ ^^*^° mouVOT^cnt 0« diffes* pftf 

ment Les corps n'ont de force que paj 
même, leur mouvement , la force du moi^ 
'o- v^njent, c'cft le mouvement mésncf 
. jy"^*"mani€re d eue efficace U aôive df 
que" la fa nature, e^ce & aâivie p%i: l^ 
force, , me- 



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PRW4SI9E5 I^ NaT. &ۥ ^7 

ném^ tqo'etis efti d'au il fuit ^ue la 
fiffpe^u moufi^Daciy & fe quMiké 

<^^nd }Vii vopktt me ibraicr une ^5^^ 
idée du laouvemcitty & découvrir jen *S. 
quoi il coûfi^lçy en I^t^oyant naître, "^'^^jg 
jai comparé le corps ou je m*ateo- compa- 
4ois de îe Vioir focrenir, |e hip, dis^tcr ua 
^, CMçqpacé ayflc la furfaçç de celui corps 

Si l^nv^lsoBsoit^ mais je n'ai point ^"Z*^^^ 
s entrer ^ns ma defimiion te re* ^^'"^"^ 
poaoù j'ai d*aibo|d conçu ce corps, ^^^^ 
par 1^ même que jç ibpporpis tout corps 
FUnivers en iiepos« -Cette TupoG^eo repos 
rion iféteât point necefiàire. Un 
eorps ie meus par rapporf àun antre 
dès qu'il change fa Situation par rap« 
port i lui , & ua corps peut chan« 
ger de £tuation par rapport à unaui- 
tre qui fera en mojUvq;nenc, tout 
comme par rapport à uq autre qui 
&TZ en repos; Deux corps partent 
de deiTus la même ligne: I^un (m 
dans une minute une toile, un autre 
en Eût deux : Celui-ci fk meut par 
rap^rt i, cchii-la, comme s*il avioit 
£iit une toi& , par rapport à un corps 

<eii 

(fcj K^i le fitond' Eci^cifmeht fuP^ là 
'-foifii^ du mouvement. 



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48 Discours sur lc 

en repos^ De même on corps en 
moiivemeni: eft pourtant en repos par 
rapport . àxelui avec lequel il garde 
h. même fîtuation , & conferve les 
mêmes relations de diftance. Ainfi 
je fuis en repos par rapport au Globe 
de la Terre qui me ioûtient» avec 
lequel j avance d'Occident enOrienr^ 
fans changer de fîtuation à Tégard de 
fes parties. La fîtuation d*un corps 
par rapport à un autre peut encore 
être changée (ans qu'il cefîê d'être en 
repos , pourvu que ce ne foit pas lui 
qui la change , & c^ft feulement de 
celui qui fera ce chaqigemcnt de fî« 
tuaton de qui il fera vrai de dire qu'il 
eft en mouvement. 
- Si pour établir la nature du mou- 
vement, il eft necefîaire de compa* 
rer un corps qui fe meut avec un 
autre en repos , que ferait- on du corps 
en repos? Le comparcra-t-on avec 
un corps en mouvement? La notion 
du repos ^entreroit-elie dans celle du 
mouvement, & celle du mouvement 
dans la notion du repos ? Ce feroit 
un cercle. Pour éviter cela » le 
comparera t-on avec un corps en 
repos > & iaudra-t-il faire entrer 

'^ ^ ... . 'ridée 



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' PniKciPE, X.A NatI &c. 4^ 

ridée du repos dans fa définition? 

Le mouvement exiile hors de nouSr ^ 

indépendamment de nos reflexions 
& de nos comparaiions. Si donc 
pour s'aflurer du mouvement d'un 
corps 9 il falloit confîderer celui a« 
vec lequel on le compare comme s'il 
étoit en repos, pour avoir une jufte 
idée du mouvement, il faudroic fou** 
vent faire une fupoGtion iauilè. 

Le mouvement eft une manière f^^ 
d'écre, un certain état de l'étendue^ Lemou 
mais c'eft une manière d'être relati-.^^»enc 
ve, ccft Tetre d'un corpspar rap-^'*""^* 
port à un autre. îarif^" 

Il eft impoflîblc de fe reprefentcr 
une portion d'étendue en mouve^ 
ment , à moins de la comparer avec 
une autre qui en (bit près ou qui en 
foit loin , qui la touche ou qui enfoic 
diftante> & puifqueje dois régler lei 
jugemens que je porte (ur les cho« 
fes par mes idées, "quand ces idées 
font neceflaires & qu*il n eft pas en 
mon pouvoir de les changer > jeconp 
dus delà que le mouvement eft Té* 
tac d'un Corps relativement à celui 
d un autre. Mais je n'ai nul befoin 
de faire attention û un corps avec~ 
C le. 



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fO Discours SUR LB 

lequel je oompare celôi que je con- 
çois en mouvcitieDi:» cft en repo$ou 
ne l'eft pas. 

Dès qd*\m corps ne cbange point 
àc fituttion à Tégard d'un autre , il 
eft en repos par rapport à lui» toit 
i|ue celui ci fe OKOve ou o^ fè meu- 
re pas. 11 eft bien vrai qoe dans le 
premier cas, il Ëmt qu'ils fotent Turi 
& l'autre en mouvement paf rapport 
à un troifiémet à T^ard duquel ils 
changent l'un £1: Tautre de fitua** 
tioa. 

Figurés** vous. un cobe en mouve- 
ment ; Concevés que fur fa face fu« 
perieure on en pofe un autre égal si 
hûy ic qif en le pc^nt on lui donne 
autant àc tnoavtment qu'en a celui 
lur lequel il ell placé» On en ap« 
po&ra wa troificine a fa face inféri- 
eure porté encore de la mcmé viteC* 
fe. Deux des faces de celui du mi» 
lieu cefièmt de l'afdiquer fucceffive- 
neot à ce qui les avoifine : Elles 
continuent fxiurtant à fe mouvoir, 
j^ourquoî? Parce qu'elles font un feul 
tout avec les deux cubes que Ton 
Tient d'ajouter au premier , & que 
ces trpis cubes appliquent conjoia 

te- 



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PftiKaPE, LaNat.&c. fi 

tément leur forface eoromaoc à ]^ 
coccavicc qui les emrhromie. Lià^ 
fembiage des trois change de fîtua* 
tion , Se enfin cet aflciinblâ^e par-» 
court une certaine concavité. Cet 
l^rties d'un tel tooc fe meuvent » 'car 
le tmtt Se l^^emblage de fcs portiez 
c*eft une même chofè; Chacune do 
(es parties ne fe meut pa$ comme un 
tout feparé des autres, car aucune ne 
s'applique fucceffivement àce qui Vtn^ 
TironnC) aucdne ne change defitua-, 
tion par rapport à ce qui Tavoifine» 
aucune ne change de fîcuation par 
rapport à ce qui la touche; aucune 
ne parcourt la concavité dont elle edr 
immédiatement environnée. Le cu- 
be donc du milieu ne fe meut pas par 
rapport aux deux autri^, à Tégard 
deiqoels il ne change nullement de 
fituation , mais il fe meut avec eu^. 
' On en concevra encore quatre pla- 
cés fur tes quatre faces quireftentSc 
pouffes en s y plaçant du même côté 
& avec la même force. Le cubeda 
milieu eft enfermé, aucune de fe« 
faces ne s'applique fucceffivcment % 
il ne change point de fituation à Té^ 
gard des fix cubes qui lerenfcrmentj 
C z mais 



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fi DlSCÔU.RS ^tïR LB : 

mais il cbango de Htuation avec oix 
par Rapport uux corps environnans.,* 
avec lefquek oh. comparera cet af*^ 
iêmblage. Quoiquil ne fe meave 
, point par rapport à aucun 6c ces fix» 
ir fe meut pourtant par rapport i 
d'autres corps. Se une preuve de ce-i 
la« c'eft que û, on sdétache les cubes 
cnvironnaos du cube environne > il 
confervera feparé l'état où il étoic 
jointavec eux, & il continuera à chan-^ 

f^r de (ituatron par rapport aux corps 
regard defquels il en changeoit. . 
C eft ce qui a donné lieu à diflin« 
If J- guer le ^mouvement en mouvement 
^^^^ propre & en mouvement commun. 
propre Conccvés quelque portion d'étendue 
& corn- 4^'^^ vous plaira, dès qu'elle appli- 
mun. quera fucceffivement (a furface a une 
/urface voifine, elle fe mouvra d'un 
mouvement qui lui fera propre, & 
qu'elle aura diftinâecnent de toutes 
les maflès voiûnes^ elle auraunmou-^ 
vemeiit qui Teri fcparcra 3 qui en fe- 
ra une mafle a part; mais les fix, les 
douze parties , &c. dont vous la con* 
ccvrés compofce, demeureront Tune 
auprès de l'autre , toujours appli- 
quées Tune a l'autre fans aucune fuc« 

cef- 



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Principe , la Nat. 8cc. 55 

ccffion ; elles ne changeront poinc 
de fîcUation entr'cUes v elles fêr(^c> 
donc fans mouvemenc propre chacu- 
ne par rapport à fâ voiune ; mais 
toutes enfetnble auront un mouve* 
ment commun qui les fera également 
changer de fituation à 1 égard d*ut| 
certain terme ^rec lequel on les oom^ 
parera, & par rapport auquel ellen 
feront toutes en mouvement. 

Le mouvement commun efttrèi 
réels c'eft l'état d* une partie qui chanw 
fe autant defituatim que Us autres , âç 
4qui parcourt fa portion proportion^» 
née de retendue que la mafle entie«^ 
rc parcourt ; Sa ce mouvement de^ 
viendra /r^f 5 fans aucune addition» 
^éès que les parties qui avoient ce mou* 
' vement viendront a fe feparer% en tel» 
:1e forte que les unes feront arrêtées» 
£c les autres ne Tétant pas, conti»* 
imeronc leur : manière d*cxifter en 
changeant de fituation^ 

Si deux bateaux liés Fun à Pautre 
Soldent Teau avec une; égale vitefle» 
ancun des deux ne fe meu^ par rapport 
-à l'autre % ils ne changent nullement d^ 
£tuation » maisils demeurent affermis 
Tun Ϟtre kutre. Maia fi Tun des 
C j deux 



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^4 Discours SUR le 

àeax fe brife en frotant contre les bordç 
d'an rocher • l'autre continuera à (ê 
Hiouvoîr, & Ton mouvement qui étoit 
commun quand il étoit lié a l'autre» 
deviendra mouvement propre. Ain^ 
fi encore ^uand une poutre delbend 
ime rivière avec U même vîcefleque 
l'eau qui l'environne ^ en telle forte 
que la même partie d'eau c& con* 
flammeoc appliquée a la même par* 
tie de cette poutre ; elle ne fe meut 
pas par rapport a cette eau* elle n^a 
pomt par rapport a elle de mouve- 
ment propre» mais die fe meut d'un 
mouvement qui luijeft commun avec 
elle. Quand la poutre & l'eau qui 
l'environne Coot conjointement arri- 
vées à une cataraâe, la poutrc^s'éf* 
lance phis loin que Teau « non par 
un nouveau mouvemeQt. qui lui foie 
donné xkns céteodroit^ maiseaver*- 
ittt de ce mouvement qui hii hcàt 
commun avec Teau qu'>eile quitte , 
parce que fatrxdppofe une plus gran* 
éc refiflance à l'eau qui lui cède da- 
vantage Éc dont il écarte les parties, 
que non pas à la poutre qui lui op- 
pofe , & des parties liées » & une 
SDoîodre furface par rapport à fâ mafle. 

Quel- 



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J^- 



I I 




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PniNaPE, LA Nat. Ccc. ff 

Quelquefois deux mouvemens d'u» 14^. 
ne même partie» (bat tels» que l'uo Com« 
détruit précifcment & réciproque- ^^o^- 
menti'effet de Tautre. Qu'une bou»^^^ 
le roule fur le plan jIB^ après ^voirJJ^^^* 
fait un demi tour, fon centre C au* fIah 
ra décrit la ligne CD égale à la ligne re i« 
EFf qui eft elle-même «gale à la de* 
^ mi circonférence de la boule* C^ fi 
le plan AB eft pouiTé du Septentrion 
au Midi précifement 9 wcc la minie 
vîcefle que le centre C fe porte du 
Midi au Septentrion * ce centre C 
fe trouvera toujours vi$-àvis dutoê» 
me poinc G du plao HIC^ qui (bu* 
lient le plan >^i^• Se la boule q^irou* 
le de(Itts s car le plan JB retire la boule 
^'il foQticnt vers le Midi , & un point 
quelconque L qui touche ce plan 1 re- 
brou^ vers le Midi de même que ce 
plan , 8cle centre eft loujours vts^à- vis 
d'un point touchtncL J^a KgneC£tou«* 
jours perpendiculaire au plan ^^^Çclei 
lignes EL^ CC^ qui joignit les perpen- 
diculaires égales , font toujours égales» 

Le cmtre C fe mcoc réellement » 

attffi<-bien que la boulet dont la der 

mï ôrconf erence décrit vericablcfseoc 

h ligne £F, Le plan 4& & meut 

C 4 léel- 



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f(S DlSCOU RS SUR LE ^ 

réellement auffi > & porte avec lui 
la boule qu'il foutient , fans quoi le 
centre C* après que cette boule a 
fait un demi tour, ne fe trouveroit 
pas vis-a-vis du même point G où il 
étôit d'abord. Ce plan donc' porte 
la boule de G ^n P, & la bo\ile fe 
porte de G en F. Ces deux mouve- 
înens font réels; 8c s'ils ne l'étoient 
pas, ils ne détruîroient pas récipro- 
quement TcfFct Ton de l'autre , & il 
n'arriveroit pasa la boule, comme il 
lui arrive » de n'avancer ni de reculer, 
iç. Si après s'être déterminé pour l hy- 
^^' pothefé du vuide, on fe bornôit à 
^^^fjj^^dirc que le REPOS eft Ntat d'un 
défini» ^^^P' î*^ occupe conftafmnent le tnêtne 
tion ' tndfQit de Vefpace , & que le MO U VE-^ 
fondée MENT eft fitat d'un corps qui occupé 
fur la ' fuccejfi^ement plufieurs endroits de cet 
f\ippoû'^jpacei oû ne pourroit pas dire que 
non 4e. j^ centre C eut du mouvement dans 
cl/^' les cas propofés, puifqu'il ferôit tôû^ 
jours au nfiéme endroit de Tefpace • 
& qu il n'en fortiroit point s au lieu 
qu'en difant que le mouvement eft 
un état relatif d'un corps qui change 
de fituation par rapport a un autres 
il fera vrai ^e k centre C fc meur^ 

puif- 



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Principe i la Nat. tct. f 7 

puifquil chàDge fins cette ùt fitua- 
tion par rapport à la ligne £F, quoi^ 
que le mouvement qui lui eft com- 
mun avec le plan j^B qui le foûtienr, 
le ramené toujours au même point 
du plan HK^ ôc au même point de 
refpace , s'il y en a un. 

Si CCS deux mouvcmensfefoifoicnt 
Tun api*ès l'autre, il n'y auroit point 
de difficulté, he centre C decrii;oit 
Ci\r douzième partie deCP, puis fc 
Tcpoferoit en PO pendant que le plaa 
u^5 décriroit £0, douzième partie 
de EF, & égale à CPO. On com- 
prend que le centre C feroit alors ra- 
mené où il étoit vis à. vis de £. 
Moins les Hgnçs CN 9 £0 , feront 
grandes» plus petits feront les inter- 
vales réciproques des mouvemens du 
centre «C, & du plan j4B , ôc moins 
k centre C s'écartera du fomniCt de 
la perpendiculaire EC. Et fi enfin 
iccs lignes font infiniinept petites. Ci 
CCS intcrvales font nuls f c'cftà-dipc, 
fi ces mouvemens fc font en même 
temps, il n'y aura pas fucceffiveraent 
âoignement & rappel par rapport 
au même- endroit., Ces deux ^ou- 
WiWcm Pf p4wto©t .lç\?v5.çiafctsiai mê-. 
C f tnc 



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fS Discours svk le 

me cetsps^ & récRit 4u centre de k 
perpendiculaire (Xi fera nul (4)» 

(<J) y^ <r<w/?«^ ff^ Ppn ctmfohe une Eten* 
Aie immobile^ &* en même temps infiniment 
eedante c^ penetraUe. Chaque corps en occu^ 
fe une place propertimée k fikMafje^. Quand 
tien fort il e fi en motvemem. Quand il n^e» 
fort pstjU^ m repos , ^ il n^y a ^ue le 
mouvement qm Peu face fortir. Je tomberai 
J^ accord de ces dernières propofitions j frparfe 
mouvement dont il y efl parle , on entend un 
mouvement unique , un mouvement propres 
Mm if Je peut qu*un Mouvement câmpofé^& 
forum tm mouvement compofi d'un propre éf* 
4*m commun^ retient le Mobile ebnslemtme 
endroif de Pefpace ^ parce qu'un desmouvemens 
Je repmffera dans cet endroit avec la mente for^^ 
te que l'autre l'en éloigné. Ces deunc Mouvez 
mens détruiront l'effet Vtm de Vautre^ c'efl à 
dire f effet que chacun deux aurmt s'il etottfiul^ 
mais ils nefe detrmfentpo'mt , m contrmte e^efk 
farce ^' ils fub fi fient l'un & P autre qu'ik *• 
truifent réciproquement leurs effets. 

Que le Corps A {Fig, y.) attache au fil fi^ 
circule autour du Centre C. // etoit en repos 
em A & ily rempliffbitun Efpaee-egal èfk 
Maffe. Son mouvement àrèuiaire P^efTtlre ^ 
Je fait pafer d' A en B de là en D delà en 
E , ^ enfin ce même mouvement le ramme de 
'E en A pour l'en tirer inceffamment une fe^ 
€onde fois. 

C'efi ainfi qu'après qu*un Mobile ajkit da 
èSàjauSeptmprion un^deebeminfuntn Vhn 

qui 



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Principe, la Nàt. Scc fi^ 

qui lefiuttefa y fi ptndoBP fifU fiât fier §ê 
même ?lm m Siconâ PU y tnreth'eci PJm 
du Septentrion au Atidy ^ on hy fm$ faire 
deux pies y le MobHe en vertu de deux Mouvet* 
mens réels fi retrottvera au même endroit do 
rejpace & le remplira comme ^Mùaravant , ^ 
fi en mêtne temps que ce MMh parcourt fier 
le Plan y qui lefiutient immédiatement , deum 
fiés de longueur^ du Midy au Septe n tr i on y h 
plan eft retiré précifiment de la même fH^urt 
du Septentrion au Midy , le MàMe ne fiftirm 
pas de PEJpace qu^il remplit* Or dans ce cm 
qui pourroit nier que lei déesse mouvement no 
foyent réels. La Trace du MohUefi voit fier k 
Plan y du bord Méridional U avance vert h 
Septentrional y & il y arrive enfin s UnuMu^ 
tre cote la route du premier Plan fi trace mêffi 
fur un fécond y il sUhigne d'un terme , H fap^ 
proche de Vautre & U porte la htdt avec 
luy. 

Le moyen d'efire ajfes prévenu fnfuvsur du* 
ne Définition , pour fimtenir qu*tm Corps ou 
Von voîd tant de caraâeres de mouvement m 
laiffe pas d*eflre dans un patfait repos, ^and 
donc on définit le Mouvemeftt par Vetat d'an 
Corps qui cejfe de remplir une certaine partk 
de VEfpace pour en remplir fitcc^vement 
d'autres , afii de pouvoir ajouter qu*un tel 
* mouvement eft lefiul vray , CT que les autres 
ne font qu*apparens en comparmfon. il faut ta 
fuefmble avoir^la précaution de d/flinguer un 
enouvement fimple S* unique y d'avec un «wn- 
^ement campofé. 
S^H'im Cercle face dimt deux minutes mu 



ar^' 



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éû D I s c b u R s su R t. E 

circulation enfitre imtour àStnA^u immolUe 
A (F^ 6.) Q«f cet Aiffieufoit en fuîtte forte 
de h en ^ dans deux Minutes > en telle fit te 
que la ligne A B fiit égale à la Circonfirence 
du Cercké En ce cas le Centre a un mouve^ 
ment d'utte Vitejfe égale à celle d^ un point quel^ 
conque de la Circonférence , comme du point 
Supérieur D* Quand ce point D fera parvenu 
4iu bas du Diamètre i dans un moment trespe^ 
fit ce point inférieur d décrira une petite Tan» 
genu c£ parallèle à la ligne AB d^une vitejfe 
4gale à celle avec laquelle le Centre hfe porte 
0' porte avec Itty le point à par un mouve^ 
tnent contraire , & ^m tend de A vers B. 
par là le Point d r^e au même endroit de 
V Efface^ Il y auroit donc un petit moment pen^ 
dans lequel il y auroit dans la circonférence qui 
/circule un pomt qui ferait en repos^ V extre^ 
mité Supérieure £i Diamètre Dàferoit en mou» 
vementy Ù* V inférieure d en repos , ^ rien dé 
tout ce quife trouver oit entre ces deux points 
extrêmes ne feroitftns mouvement. Qui pour" 
reit dfgerer ces confequences ? Il arrive queH^ 
quefois à un ejprit très vif (^ très fécond 
d'approuver une Définition , qui eft très vrtf^ 
dans un Sens. IJfe la rend familière par mille 
€as auxquels il Rapplique fans difficulté. De 
la il tomhe fur d'autres dont le paradoxe pe 
let^ne point. Pour moy^ je P avoue ^ je me 
fens Pefprit trop pefant pour convenir qu'un 
homme qmpârcourroit fur V Equateur Terreflre 
. quinze degrés dans une heure , ou un degré dans 
quatre minutes , réellement ^ dans la veritt 
jèrm desmure en re^. 

VGxem^ 



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Principe 9 la Hat. 8cc. 6i 

Le mouvement cft un état Relatifs i^ 
& un même fiijet peut (butenir cnMouve« 
même temps, à divers égards, des ment, 
relations non-feulement différentes, «^^n^c- 
mais oppofées. rcd'ê- 

C'eft ainfî que M. Rohaut conce- J[Jç^^**' 
voit qu'un poiiTon qui feroit efïbrc 
contre le fil de Te^u , fans pouvoir le 
furmonter > au point d'avancer plus 
près de' la fource^ ôc qui n'en feroic 
pas non-plus emporté , fe mouvroit 
réellement , fans faire pourtant de 
progrès} car il s'apliqueroit fucceffi- 
vement à différentes parties de IVau, 
il changeroit fa (ituation àleurégardj 
C 7 mais 

Vixemplt d'un Otfeau qui s'efforce de voler 

du Midy au Septentriim , mais qu^un vent es 

Nùrd empêche d* avancer pomroit pajfer pour 

tm cas di fier end. Si l'on ne trouve pas â pro^ 

fos de concevoir qu'il eft .ramené wffx hMdjf 

far Pair qui le fiutient , on pourra fi repr^ 

fenter que tout efi mouvement^ que tout tetilU 

dans fis mufrles , pourfiûtemr V effort du vent 

^ n^en efire pas entraine. Le vent fi meut 

roulement & fis parties s* appliquent fucceffe-- 

vement le long de Voifiau. V effort de fii 

fnufcles , c'^eft <a dire ks tourbillons intérieur^ 

qiféiles enflent , font caufi que le Corps de Voi* 

/iaii même ne change pas de^tuation cofy ointe- 

suent avec le vent. 



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te DiSCOURSSUR LÉ, 

mais le courant de l'eau qui le foutî- 
endroit, contrairc & égal au tnouve* 
ment du poilTon en avant , le rame* 
neroity ou plutôt lereciendroit dans 
' }a même iicuation à Tégard des bords : 
iituation dant il feroit tiré fans ce 
mouvement commun i contraire & 
^al au ften propre. 

Tout^rorpsen mouvement eft donc 
ou un tout féparévpar (on mouvement 
Bdéme, de ce qui l'environne, & le 
touche immédiatement » ou il ^it 
partie d*un tout. Un tout parcourt 
la concavité qui Tembrafle , change 
de fituation par rapport à elle> & y 
ip|>lique fucceffivement fa furface. 
One partie de ce tout fe meut auffi , 
ijïais conjointement avec les autres ; 
c'eû'à-dire , que conjointement avec 
les fmtres» elle parcourt la concavité 
fui les ^onbrafie^ chaiige avec elles 
de fituation & applique a cette conca- 
vité leur furface commune 5 mais 
en même temps il eft vrai dédi- 
re qu'une partie eft en repos par rap* 
port à celles qui Tenvironnent , fur 
lefqueUes elle na point plus d'effet 
que fi elle &fesvoi(înes compofoient 
un tout en repos 5 elle ne change 

point 



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pom de ficimmn far Tapporc à eUa ^ 
elle fie les quitte point , elle ne ptr^ 
court pxnoc laceiu^fturité pitûciiiUcre 
^ont elle eft ca f vân oooce# 

Mais » dirait on , duoi&Sés qucU 
que corps qu'il vous plaôa^ & con- 
&icrés*4e on. hàrmémcy tie fera*t*^l 
pts vrai de dire qu'ii ft meiK ou qu'il 
oe & meut paff?.£c iora*t-il pcrœtf 
d'^oibcr ^u'âl fe «eut en xm kos # 
mais qu'en anême temps il ne ietncttt 
point éuït un autic,?. Je ripons » 
1^ (^le poor icetxrevotr un poîpi en 
monTOQenc» il ne tfufHtpm de lere^ 
garder lêol èc enrXuvttémù i mm 
qu*il£mt neodffiripement^lecaiiipifti: 
avec xjuelqu'aucre : Ue- mouvement 
eft inconcevable fans cda. Je répons^ 
X'^ Que celui aviçc lequel onlccom* 
parc, oui environne immediatfflDaMt> 
ou cnvironardei paœes aveaieûjiiel- 
ks k €oanpê fur lequel towbp iaquet 
tioQ^ comp©fc uh'fcul tcw. SS*kt 
coqs avoc' Ufqtttlk on le compare 
Vcnvironncnt immédiatement i afin, 
de pouvoir afliirer qu^il fe meut par 
rapport à eux^ il faut qu'il parcoure 
Jcur farfàcc , qii*il changç par rap- 
porcâ euxik btuations maii4iceux 

avec 



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€4 DiscoiTïis swR tfi 

Mvcc iefquek on le compare, envi» 
rontient une forfacequi lui foit com- 
mune avec d'autres {MU-ties , il faut 
Suevconjointcment avec ces parties ^ 
parcoure cette furfece , &c. 
Mais encor une fois y cette partie 
CBchafii^e dans d'autres qu'elle n^a« 
bandonne point » a<t-elle un œouve^' 
cient réd ? Je répons qù'oiii , & qu'elle 
fe meut réellement 9 non pas à la ve^ 
rite par rapport aux parties qu'elle 
ne ^itte point ^ mais par rapport à 
la furfaçe.qui en environne l'aflèm- 
folage : fur£ice par rapport à laquelle 
elles cban^t tontes ; de iituation* 
Vn bomme; foutient xéelleiDent la 
relation de. fils , mats c'en; par rap- 
port à celui dont il a reçu le jour» 
& non pa^ par rapport à ceux à qui 
il l'a doi^ne. 

- Le iBDuyement a été établi afin 
<le partager l'Univers en plufieurs 
ffiia&s, oa molécules , ou pavticuies 
ieparees. lleftdonc, par fa nature 
& par fon inftitution même, la ma- 
Tîiere d'être d'un corps qui fe feparc 
d'un autre^* le parcourt 6c changede 
ittuation par rapppo^ à lui 

Comme Iç smt 4c mm^im9»È.^& 

- ., uii 



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Principe 9 xa Nat, &c. €f 

tm mot Jubftantif^ & que Ton parle 
du mouvement comme à^xmtfubfiaf§* 
€€ , quand on dit , par exenarple , 
qu'il pafle d'un corps dans un autre» 
qu'il ie partage, ôcc. on s'eftaccoû* 
tumé à la regarder, ou plutôt à le 
fupofer comme un être abfolu , £c 
les raifbnnemens ^ui amènent à le 
confîderer comme une manière d*é* 
tre relative» ont un air de parado^ 
xc. 

Ceft encor parce qu'on s'e^accoû* 
tumé à regarder un corpi en tHouve* 
ment comme faifant quelque pro« 
grés, & s'avançant d'un terme vers 
un autre» qu'on fe trouve fi étonné, 
quand on en voit qui fe meuvent 8c 
li^ivancent point , oc qu'on â tant de 
répugnance à reconnoître du mou« 
vemenc dans un corps qui ne quitta 
pas fa place. Cependant loin qu*il 
nen ait aucun, il en a deux, & s'il 
tf en avoit qu'un des deux , il avan« 
ceroit efFe£HveDQ<»t d'un terme vers 
un autre. 

Le mouvement eft une manière *7? 
d'être réelle ôcaftive: Entant que le ^J^^- 
mouvement eft une manière d'être a ^^^^^ * 
r/f//f, le refos eft oppolé au mouve- réel & 

nientaâif. 



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é<( J[>1$C0VII$ SUR CE ^ 

I9ieiit comme à un terme pQ6tif,$ceft 
foQ cmir^kr ^^ poûtif : Maisentani 
que le fitouvmneQt: eft un eut aSlify 
le repo$ n'en cû qwe h privation , 
ijiie i^4S/w, !carle repos n'a point 
ifaaiwûé ^ & reteodue n'eft aôive 
tpie pm* k mouvemeat^ 

Defcarteit aptes avoir conçu que 
le lepos icoit tto état réej , en acon^ 
cto ayoc trop de précipif aîtion i <ia'il 
étoit auÛî aarf » éc lui a attribué auf 
ttnt de refiftance au mouvemeot , 
4jue le mouvement avoie de force 
pour vaiacre le repo9« Le Père Ma** 
{ebraoelie a relevé cette erreui:, avec 
|e» tutros iAi elle avoit engâ^ c4 
grand Pbilofopfaes outil en depouilr 
ma avec raifesi le repof de toute aç^ 
tivké) U eft allé ju&jues à en bàï% 
«ne fîmplenegttkmf un rient Ce^ 
pendant quand on dit« Vitat d'un 
mrps qui ofplifm fa furfâ^e cpnfiamr 
HHm aux mêmes parties i l'ésaf d'un 
^rps qui cenferve la même fituatkn Î3 
les mêmes relations de diftancfi% il me 
femble que ce^ termes fignifient« Ôc 
que les idées qui leur repondent foi^ 
des idées rédka&poGdves^ au(quel« 
les repond par eonfequent unç ma« 
iriere .d'être réelle & pofitivc. Les 



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Les iarguviens par Jo(qi}elf k Père 
Malebranchc pretcodoîi: érablîr/ te 
ncant du rep^« ne mcparoîfiaitpaf 
çonduam. 

Détruifét le m0uv€mtnt, iun C9rpf^ 
ëk-il, cela Jkffit fmr b mettre m rer 
pûs. HfMit dm i'umfimfh €if4tim. 
Où ne peut pas dire rcciproqueBaeii^ 
s^outc-tU, JDifrwffrkrep^s^pfrls 
mime le wMtvemem natiré^^ eât Ufmif 
h determwer vers mu terme ^ Uf^ëtw 
régler les degrés. 7 

Je répons par un exemple s diirm^ 

fis twte courbure dans me faifaee^ eti^ 

fera çhM far làméme^ Fmncfonr 

fés pas dire . tjomterti-je, de$rmf4s 

eet*e famé PLANB • laapurture M 

fuceeiera .f^dkm ferâ.que h e^0r 

tien de hpertien PhAiiB 5 i^r il y ¥ 

• une infinité d» emrh»rei\ il faut enm^ 

trednire mm déterminée. Mais con- 

clud-t-oa ààà ^ «c la poikion d« 

pardes d*une furMce plane , n'efl: 

qu'une &npèe négation» que cette 

pofitiôn Vi^ rien deréelt & qu^elle 

ne doit atoir qu une définition ncg^ 

rive? ^ 

Dès que le mourement cefle > ie 

repos lui fticcede infiiilUblcmcnt Jc 



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eè ÛîiCÔUHt SÛR I.B^ 

tiecèflàirement : Cela eft vrai, mais 
il y en a'uae caufe réelle, la nature 
de retendue.,' oiû exige npceflaire^ 
ment un contaâ ; fi ce n*e(l pas un 
contaék fucteffif ^ cttù on contacl: 
permanent; elleeidgeneceiTairemenc 
iic elle emporte une ûtuation^ou fixe 
<m variée» 

^ Mais fi th^êlligsnci Suprême ordm* 
moit i*e9c^ence d'un çorp fans ritndeter'^ 
^iwr fuTyfm fHouveimnt^ il exifitroU 
€» repos ^ ta CB repos fer oit un rien^ 
-fuifjuHl' nauroir point de caufe. Je ré- 
pons que tes idées de Dieu font des i« 
^ée) déterminées Se non pas fimpie* 
ment dts idées vagues; Quand il 
ordonne Texiâence d^m oorps, ilft 
Teprefente.détèrmii^ent ce corps à 
^ui il commande d'exifter. Donc 
ion repos , s*il naît en repos , fera Tef- 
-fet de la volonté divine ordonnant 
i'exiftence dan-corps en repoSf d'un 
corps- répondant à fon idée.- Dieu 
commandant Texiftence d'un corps ^ 
fe le reprefente aufli déterminément 
par rapport à Tctat de repos ou de 
mouvement % que par rapport à (a 
'^rofieur , que par rapport à & figu- 
re. . - 

Mais 



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Mai^ c eft là une tficStma verfU«; 
bkmenc Mctapfayfique plutôt ^e 
Pbyfique» & <iui it^ule lur.uoecer* 
taine précifion d'idées. Pour reupli^j 
cation des Phénomènes de Pbyfiquet 
il fiiffîc de, convenir que le mouve* 
ment eft ââtf , Ôc que le repos ne 
l cil pas. . , 

L'aâivicé du mouvement eft atfée jf, 

à prouver. Un corps qui fc meut Moch 

change dç place ^ il déplace donc, ▼«?cnt 

il pouilë ce qu*il rencontre. Mais^^. 

pour le repos comment feroit-ilaâift 

puifque fi tout demeur<»t en repos y 

il ne fe feroit aucun changement, fie 

il ne feprodutroitaucunmet; Pour- 

quoi un corps en repos refifteroit-fl 

au mouvement, puifque retendue eft 

également fufceptible de l\in fie de 

l'autre de ces deux états , fie fe prête 

auili atfément à l*un qu'à l'autre? A 

la vérité un corps qui eft en repos ne 

fe mettra pas en mouvement de lui 

même ; il eft déterminé à demeurer 

dansTécat où il fe trouve, non par 

auoine répugnance au mouvement, 

très-conforme à fa nature fie autant 

conforme que le r«pos, mais parce 

qu'il ne fe fait rien ians caufe , fie que 

la 



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k cmSé da toonvemeiifi ne fe trotive 
point dans «n corps em f epos. Il né 
^Y trouve qœ h fisTccptitûlité dtt 
BKMiveineftty k faciitté parfaite à le 
ïCccToir. 

* Si un corpi de deux onces en re» 
pos nepOQVoit pas^ é(re entraîné par 
un mobile d*une once, ilnelepour^ 
' roît pas être par on mobile de trois. 
Je leprouve« X>e deux forces égafei 
agifTant fur le même fbjet , J une ne 
peut pas avoir de l*eâèt fi Tautre n*en 
a foèm. Or un mobile d'une once 
qui a papconm dans une minute ûx 
pSé%y a la méioequanvité de mouve- 
mcnt^ te par conièquent la même 
lisfcc, qu^un mobile de trois onces 
qui en a parcouru dieux dans k mê- 
me temps. Donc fi an corps de deux 
onces en repos refifte à l'un de ces 
chocs 9 il reiiftera à Tautre, puifque 
la vigueur de l'un n'excède pas celle 
de l'autre. 
19. Le repos àc lemouvement font deux 
Meuve- manières i*ètrCtCêntina$lks l'mie&rau«* 
"^en? tre,& qui ne fçauroknt ibufrir aucune 
***"*f; intcrnîption, fans changer de nature 
trccon'^^'^^^T?* dont l'application fucccffive 
t2nuel]e.^^fi^ pendant uac fae;ire, a certaine*» 

ment 



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PriMci pi, xa Nat. Sec. .71 

ment pafle de Vétat de nouvemeot 

à celui de rtfm. U y n encore paSSt^ 

fi foo appbcacmnfiioceâiracGâepch^ 

dait la diKiane panie d'tme heure » 

il elle ceâfe pendant la foîxanticine^ 

pendant cxUe que tous voudrés^ car 

pourquoi pouroit*il ceflcrde s^appli» 

quer fuccei^veiaent Se de chai^r de 

ficuation^ c'eft a^ dire » de fe mouvoir 

pendnu un très petit imervale, fans 

ccfTer d'être en mouvement ? Si le 

mouvement peut sSnterrompre pen« 

dant un petit ituervale, âc (t repren* 

dre enfuite» fans qu'aucune caufe le 

rende 6c le fafle renaître $ pourquoi 

la même chofe n*arriveroit-elle pas 

après deux petits intervales ? Si un 

premier intervale n'a pas pu faire ceC* 

fer le mouvement» un fécond le pour** 

ra-il? Le fécond pouroit-il ce que le 

premier égal à jui 9 & précifémient de 

même nature, n'a pas pu? 

Si le mouvement confi dedans une *®» 

application continuellement fucceffi- ^,^*"^ 

*^* ., .1, . atomes 

vc, il ne peut y avoo* d atomes; carj,^^^^^ 

déjà un atome ne fçauroit parcourir duë^ 

un atome ^ puifi^'un atome ed: ians 

étendue*. Or fi un atome fopericur 

couvre fon inlcricur iàns le parcoi^ 

rir 



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7* DlSCÔUIlS SVK LE ' 

tir t le mouvement ne peut ras, être 
jttcceifif pendant cer tempsia» De«» 
plus tm. atome fuperieur pofé fur un 
inférieur égal à lui , ou le quitte avant 
que de fe placer fur lefuivant (Se où 
fcroit- il pendant cet intervale?) ou 
ilfe pofe (ur lefuivanti avant que de 
i^uitter celui lur lequel il étoit , &eft 
encore fur le premier en même temps 
qu'il paiTe fur le fécond , & dans ces 
deux derniers cas, un atome (èroit 
en même temps dans deux lieux <lif« 
ferens; iloccuperoit en même temps 
deux places égales chacune à lui » & 
par U il feroit double de ce qu*il 
eft. 

Cette difliculté n'a plus lieu des 
qu'on ne reconnoît point de terme 
dans la diviiion » mais qu'on la con-> 
çoit pouvant fe pouûer de petit, en 
petit, fans fin & fans ceflc, 
Fig.ii, ^^ ^^ difconvicndra pas que ai ne 
puiflc avancer de la longueur h^ en 
même temps que da avance de la Ion* 
gueur <!*— ^«rj ce qui étant fait» di 
fe trouve fur ac fon égale. Te divi- 
ferai ah en deux parties, comme j'ai 
divi(e dii & je raifonnerai de même» 
La (urface qui s'applique & celle 

cou* 



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Principe, laNat.Scc. 7^ 

contre kouetle elle s'applique » font 
toujours ^ales, mais il y a un flux 
continuel» & la partie pofterieure de 
quelque portion que ce foie , quitte 
autant de place que la partie anteri* 
eure en occupe. 

Il ne peut pas y avoir non plus dc$ *'• 
atomes de tems& des inftans indivi-^* ^* 
fiblcs I car déjà pendant un temps ^°*^ 
indivinble» une partie dîvifîble ne 
fçauroit être parcourue. Un atome 
d'efpace ne fauroit non plus être par* 
couru 9 car abfolument il ne peut pas 
l'être: Ainli dans un premier inftanc 
il ne le parcouf^t rien : Daps un fe« 
cond non plus égal au premier, il ne 
fe parcourra quoique ce Toit ; de for* 
te que dans deux inftans , il ne (e 
parcourt rien de plus que dans un. 

Le temps eft donc diviCble comme 
TeTpace, de petit en petit (ans fin Se 
iànscefle. 

Cette divifibilité du temps (ert à it. 
refoudre uneobjcftion, que l'on tiré Sophî-» 
de la divifibiliié de Tenace , contre |?^^ ^^ 
le mouvement. Une première moi- • 
tié d*un efpace , dit*on , doit être par- 
courue avant la feconde : Cette pre« 
miere moitié en renferme deux ^ dont 
D la 



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74 Discocjts «en LE 

ia première encore doit être parcou- 
rue ivam ta fecotide , & aînfî de fui- 
te à rinfini. Quand eft ce même 
H}u*un cfpace <rommencera dîétre par»- 
xrouru ? Car un coiMfiencetnent doit 
être précédé d'un autre j celui*cien*- 
l^>re ^'un autre , & cela fans fin Se 
fwis ceffc: Quand cft^ce que le pre- 
mier de tous aura lieu , puifqu'il éft 
jnfitiiment éloigné de quelque terme 
ïqu'otî entreprenne d'affigner? 

l^^objcâion feroit concluante , fi 
^Côus les temps étoient égaux ^ car la 
:3romme d^nne infinité de tems égaux 
-£c finis, motiteroit aune fomme in- 
-limei mais dans la même proportion 
"€fue les moitiés d*efpace décroiflènt 
àrinfînift les tempsdeftinésà les par- 
courir décroifienc de même. Lune 
& Tautre de ces progreflîons ne fait 
qu^une fomme finie. Poufiéi là û 
loin que vous voudrés , ilfemanque* 
ra toujours le dernier des termes oîi 
vous ferés parvenu , que la fomme 
de toutes vos divifions & fubdivifi- 
cns dès le premier terme, n- égale ce 
premier. Pourvu que la longueur 
du temps pendant lequel le mouve* 
meot^ok (c &ire , foit proportion* 
-^ née 



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PmnciM) liA Nat, ftc yf 

fiée à labogiieur deTefpacc quido« 
être parcouru 9 ce tx^ups-ièrg (uffi<« 
iânc» & le mobile auea le ticoips ^ 
parcourir céc-erpace. 

Tout «fpacc alfignable dk fini ea 
un &m & inâfiîrea un autre : Il com^ 
metxre à un teriQe & ne sféteod Pif 
au delà d'un auve j^ qoaii retendue 
renfermée entre ces deux tefOie$ ti(^ 
compoCée de deux aitoitiét, la pre« 
miere de celle-^i de deux autres » 6ç 
a'mfî à l'infini. Il en eftdeméme du 
temps: L'heure diKiéwe commence 
& fon commencement Çait lîmmedi*- 
atemenc.Iai^n d^ la nejiivi^Q. : ]ËW 
tre cette fin de la neuvième &^ le 
coinmencement de la dixième t iln'^y 
a aucun intervale, quoique Kun de 
ces termes ne foit^pasTautre» L'heu- 
re dixième a fon dernier terme corn* 
me (on premier, & fa -fin efl imine» 
diatement fuivie du Commencement 
.de Tonziéme. Tout temps eft donc 
<ots\polé de. deux moitiés, dont U 
premîci^ r.eft encore de deuxaucres:^» 
Se cela (ans aucune fin. Le t^ms âc 
J cfpace fc répondent parfaitement. 

Un etpace fini & enfermé eiitre 

>de{ix termes peut êire parcouru dans 

D i , un 



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^5 DlSCOUitS SUÏl LB 

fin temps fini & renfermé de même 
entre une fin & un commencement; 
Gét cfpace > qui fe divife à l'infini , 
peut être parcoui^u pendant un temps 

2ui fe divife abfolument nie même. 
Jcs divifîons de petit en petit pouf- 
fées tant loin qu-on voudra , ne fe*" 
ront de côté 8c d'autre qu'une lom* 
me finie, (e) » . . 

• Ceft un Sopbiffke^bi une faute con* 
tre la règle qutdçffendde^^w/^r^r des 
ehûfes qui font d'un genre tout différent , 
que de s'éblouir parladivifionde le- 
ipace^le moitié en moitié à Tinfitiit 
& pui$ d'ajouter, un tems fini pou- 
' * roit- 

(c) Autant qu'une S^antîtê paroh devoir 
$*augt»€nt0r > parte nom$re défis parties , âu>- 
tttPt etle s'eip^ne de Pétat d* augmentation par 
Jeur petiieffe. Quand la groffeur des parties 
décroit dans la mime proportion que leur nom» 
hre croit , la Sohimé refie égale, 

^ay Une quantité dun pié , Je la divîfi eH 
'deux moitiés y & fây deux quantités , mais 
chacune d'un demi pié feulements le 4a divifi 
tfi cene^ jf*ay cent parties y mais chacune feu- 
Umem d'un centième de piè , & leur Somme 
ne fait qu'un pié. V efface quoique divifible à 
r infini i demeure'^ fini & le Temps de mime La 
groffei^ des parfiei dimm'é kfro^thm que Ar 
JXvîfionfe poujp^ .. 



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pRiKcrpE, LA Nat. &c.^ 77, 

roît-il ftiffirc à un mobile pour par-* 
courircette infinité? Pourquoi non, 
fî ce temps fini renferme aufiî une. 
pareille infinité ?, Dans un temps fini 
il (è décrit un efpace fini. Dans un 
temps divifible à Tinfini il fe décrit 
un efpace qui Vcû, de même. 

C'eft encore par une femblablc 
combinaifon fophiftique du fini avec 
l'infini, que Ton pretcndoit prou ver,, 
ou plutôt que Ion faifoit femblanc 
de prouver qu* Achille ne pouroit ja-. 
mais atteindre une Tortue. Que ceU 
le-ci ait cent toifes d'avance fur lui: 
Pendant qu'Achille parcourra ces cent 
toifes , la Tortue avancera d'une cen« 
tiéme. Se tandis qu'Achille franchi- 
ra encore cet efpace la Tortue s'a- 
vancera de la centième d'une centiè- 
me, & ainfi à l'infini i elle le préce* 
dera toujours moins , mais elle le 
précédera pourtant. 

Dès qu'il s'agit de comparer deux 
vitefles finies avec des chemins finis, 
il ne faut plus y faire entrer un me-, 
lange de l'infini. Qu'Achille parcou- 
re une toifedans4me minute féconde^ 
ii en parcourra cent dans cent minu? 
ce^i & cent & une toife dans cent 
D j & 



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^ DfSCOtTRS SUR Lfi 

& une minute ; alors la Tortue 
ii*ànra qu'une avance d'une centième 
de roife, & pendant qu* Achille par- 
conrra la toite cent & deuxième» k 
Tortue fera encore, fur cette cent* 
dtuxiémc toife,une nouvelle centiè- 
me de chemin; de forte qu'au bout 
de cent-deux minutes , Achille l'au- 
ra devancée de fh. de toife. Ceft 
ce que Pon trouve en comparait, 
cbmme fa raifon Tordonne f le ont 
âvcc le fini. 

Si vous voulez fevoîr précîfement 
oh ce&, qtfe deux tels mobiles fc trou* 
verofft ftir h même ligne, non pour 
y relier un rnihnt , maïs pour en 
partir dès qu'ils y feront arrrvésf, en 
fellc forte que la fin du temps ^ils 
empîoyent pour y parvenir (bit im- 
médiatement ftiivie , & 6ns aucun 
fntervâle » du commencement du 
temps où ils en partent , voici la rer 
gle : La vitefle connue d'Achille eft 
i 5 ceHe de la Tortue auffi connue 
eft ^: ft longueur qu'elle a d'avance 
fur AchHle eft ^/ : La longueur au 
bout de laquelle ils fe rencontrent 
frécifement fera d \ x^ Donc k. (vi- 
tefle d^Aehille). c (vitefle de h Tof* 
^ . ^ tue ) 



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Principe » la Nat. &c. 75^ 

tue) : : ^ t-^ (chemin total d* A* 
chille.) X (chemin de la Tortue). 

Donc hf zz:^ cd X ex. Donc cd. 
:= bx — (x, Se X ^^ E"^» 

Ici ;^ = ^55^ = ^ ôTrf t X 
rr 100 t ir = i?» t hî car 
pendant que la Tortue fait i t ijj 
Achille fait 100 f Jf. (f) 

D 4 Cet- 



(f) Le SùpUfmepârtequiïmtritcnJqM*um 
Mobiie ne parviendra jamdt^ à mt ceruùn^ ter^^ 
me y fe rrfute de la nUme mamerc car fi un 
Mobile peut far courir une longueur finie ^^ 
ma^ divtfibk % P infini , il peftt parvenir ati 
dernier terme de cette Ifingear. 

Les Pyrrhoniens font encor cette oljeffiou 
contre l'e^tifiençe du, Mom^emenf. 

Un Moelle Je meut , où dans le Lieu où ilefl,^ 
ou dans celuy où iln'efl pas. Vans le Lieu on 
itefty il" ne fe meut pas , car pouf fi mouvoir 
il faut qu^il enforte^ Dans le lieu où il n^efli 
pas, il ne peut pas agir. Le Mouvement ejl 
donc une pure imagination une idée d'un bom^ 
me qut rêvé ^ ^ai ra^embfe des contvadiài^ 
ms. 

Il efl aifê de repondre / Un Mhbili ne fi meut 
pas dans un lieu pu il refle fixe \ Une fi meut 
pas nen plus dans un Heu où il tfefi pas en- 
core; Mais il quitte fans ceffi h place où it 
efi arrivé , pour pajfer à une asorc Vefign U 



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8o Discours SUR LE 

Cette vérité que le mouvement eft 
un état d'application fucceflîve con- 
tinuelle & dans laqyelle il n'y a ni 
inllant ni atome , fert encore à rc- 
foudre une difficulté contre la conti- 
nuation du mouvement. 
ij. ^ Un mobile (aton dit) fe trouve 
Conti-à chaque ' inftant dans une certaine 
nuation place, précifement égale à fa mafTe, 
ve"mcût'^ comme chaque chofe eft deter- 
minée à rcfter dans l'état où elle fe 
troiiye, un mobile àchaque inftant, 
eft déterminé # reftei; où il eft : Il 
ftut donc qu'une nouvelle caufe fur- 
vienne pour le cbaffer de cette place 
& Tobliger à h quitter. * 

Une 

fœ/^tie Moitié qu^tl vous plâtra , & quelque ' 
flace que vous voudres. Entre la fin du temps 
fendant le cours duquel le mohïU efi i^ivé à 
cette place , & le commencement du temps pen^ 
dont lequil il en fort , il rfy a aucun intervak. 
Vu Mobile d'un Pie Cuhe Hefort pas tout en- 
tier d'un ejpace ègat à luy pendant un temps 
indivifthU , il quitte cette place fuccejjivement , 
h quart en eft deja dehors quand Us \ y font 
tncory A la fin dun certain temps , iln*y eft 
plus y il remplit un autre pié cuhe d'efpace^ 
mais entre la fin de ce premier temps ^ le 
commencement du fécond y pendant lequel il for* 
iirafueceffivementde ceficond efpace , // n'y 
d aucun intefvaU de temps ^ 



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Prihcipb, la Nat« 8cc. 8t 

Une àcs ruppofidons (ur lequelles 
rcHile cette difficulté, n'eilpasvrajre# 
& Paatre fert à la lever. Le temps 
ne renfermé point d'inftant pendant 
lequel on puifle dire qu'un mobile 
occupe une certaine place détermi* 
née: Quelque partie de temps qu'il 
TOUS plaife de cfaoîiir, pendant la 
durée de ceue partie , un mobile 
change de placer car ion étateftun 
état de changement continuel .* Cet* 
te manière d'être , cette aétivité eft 
réelle: par cônféquent un corps eft 
déterminé à la confei^er i & elieiub« 
fiftera fufques à ce qu'une .<aulè plus 
puiiTanteJa détruife. Quelque por« 
tion de temps que vous aifigniés^* le 
Mpuvemenc eft fucce^, & par 
confequent déterminé à demeurer 
^qu'il eft % à continuer d'être (uc^^ 

Dans le temps qu'on atribuoit mit 
corps des etîpeces d'inclinations, que,* 
Ion fuppofoit que le repos étoit leur 
état naturel , que le moindre mouve- 
ment loir faifott violence, &quc, 
cuand des mobiles font fe plus de 
fracas, & fe lancent avec le plus de 
fureur, comme un boulet qui rcnr 
D f verfe 



^^ 



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8i Discotifts sua h% 

?erfe des aaïkraiHes, Se k foudre ^ui 
brife tout, tiscne iaiflent pas de coo« 
ferrer pour FétaC de repîis^ la pluji 
forte incKnation & sV rendent le 
plutôt qu'il leur eftpoffiblej Dans les 
temps où Ton étbit aflùjetti à ces 
préjuges, îl ne &ut pas s'étor^er d 
on étoft en peine de fàvoiir d'cm 
vient qiif une pierre ne paflbit pas du 
fiiouvemcnt au repos^» dès qu'elle é- 
toit rendue à elle- même, èc qu'elle 
fe trôuvoit hor^ de la main qui vo- 
fioit de la lancer? On repondoit qu'il 
pai&it de la miîn dans la pierre une 
certairfê knpet'upfité, qualité inbé^ 
renxjt potiir<|ufelquê temps 6c capable 
de tenir petKlanc ce temps*la centre 
Vincliôation naturelle de la pierre au 
fepos. On a ienti les embarras de 
cette bypotbefe dans le temps même 
qu'elle avoit le plus d'autorité. D'*ou.* 
f itflt difoiton que cette impreifion 
étrangère l'emporte fur une inclina-» 
tion naturelle? D'où vient que cette 
Impetuolîté ne s'écbape pas d'une 
pierre avec la même facilité & la 
ijQême promtitude qu elle y a pafTé? 
D'où vient qu'elle a un temps d^er« 
«ùné pour y refteri & queceteaipa 



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Principe, la Nat. Scc. Sj 

tû quelque fois plus court» quelque^ 
fois plus long ? D'où vient que tfuand 
un corps fe oieut rapidement il faut 
kiioppofer de û grands eiïbrcs pour 
k remettre dans l'eut où il tetnl d^ 
lui-même? Queft^ce §uecett€ impitut^ 
fiti ? Des qu'on la fuppofc differente 
du mouvement» on ne peut s*en k>r«f 
mer auciuie idée> & â elk n'bfl au-* 
tre ch(^ que le mouvement même ^ 
une pierre hors de la main qui Ta 
îcitéc continue à le mouvoir, parce 
que la main en la jettant lui a don* 
né du mouvement, dccpie cette ma^ 
aiere d'être fobfifte à la manière des 
autres effets y qui n'^ont pas faefbiit 
que la caufe qui les a f^ t nakre can«i 
tinuc à agir pour tes conièrver : Dés 
qu'ils extiient une fbîs^ ila font par 
là même déterminés à pcrièveres 
éans leur exiftence# 

On a cherché dans Tair qui circa^ 
le au tour de la pierre» £c; qui vient 
k prendre par derrière , on a ,< dis*» 
je, cherche dans cette circulation^ 
k caufê de la continuation du mou-^ 
vemeht. Maispuifque l'air lui- mê« 
file a été mis en mouvement , paris 
même caulè qui a lancé la' pierre # 
D S d'où 



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84 DiSCOURSSUR LE 

d'où vient qu^il ne fe met pas en re- 
pos dès que cette caufe cèflc de le 
poufler? On voit que dans une cu- 
ve les circulations de Teau , autour 
d*une main qui la poufle , cefTenc 
d'abord après que la main qui les 
caufoit a ceflc de fe mouvoir. Qi^cl- 
le viteflè ne feroic pas neccffaîre à 
Pair, & avec quelle rapidité ne feu-' 
droit-il pas qu'il circulât pour pouf- 
fer la mafle d'une pierre , dont la 
denfîtc furpafle fi prodigieulcmcnr la 
iîenne ? Outre cela , une queue de 
plumes ou de cheveux attachée à un 
dard, fe replieroitdu côté de fa poin- 
te par rimpulfion violente de Pair , 
à laquelle elle cederoit plus aifémenc 
que le dard. 

Cette dernière remarque fert en- 
core à réfuter ceux qui atribuent la 
continuation du mouvement d'uo . 
mobile au rcflbrt de I air qui fe de- 
bande contre lui , & le poufle en a- 
vaut* fe n*ai pu aflcs m'ctonner de 
voir le P. Defchales dans cette bypo- 
thefe- 

Les corps defcendent avec plus de 

vîtefiè dans la machine du vuide 

quand l'air eft pompé que quand die 

^ en 



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Prikccpë, la Nat. &c. 8f 

en eft pleine , & une pierre ne 8*é- 
Iwce pas moins vigoureufemcnc fur , 
les hautes montagnes, où 1 air a be« » 
aucoup moins de reiTort 9 que dans 
le tcrrein le plus bas. 

Et puis qu'eft-cc que le rejfortl 
Si on en attribue les effets à quelque 
autre caulè qu'au mouvement d'une 
matiei-e qui agit fur un corps à reflbrC 
& le rétablit dans fa figure précé- 
dente » c*cft une qualité occulte , ocj' ai^ 
me autant m'en tenir à VimpHmptè 
imprimée ou a la forme fubftantielle , ou 
plutôt j'aime mieux ^meurer dansle 
filence. 

L'air conferve-til fa mobilité & 
fon aftivité , par cela même uu'il l'a , 
£c parce que cette manière d être par 
là même qu'elle eft manière d'être, 
& par confequent qu'elle exifte $ eft 
déterminée à perfeverer ? Ou eft-cê 
a Timpreffion de quelque autre corps 
que Tair doit la continuation de Ion 
reflbrt & de fon mouvement ? Ce* 
lui-ci tiendra-t il encôied'un autre le 
mouvement qu'il a Se par TefEcacc 
duquel il agit fur l'air? > 

Plus vigoureufememt une main 
cfaâr^ d'une pierre aturoi^ fi^pa l'air» 
D 7 an^ 



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S6 DlSCOUR^SUR Lr 

antérieur , plus au0i elle en auroit 
p^i^ les parties &c bandé les reâbrcs ;. 
car c'eft toajours le premier eâccdes 
impreilîons vives fur les corps à re(^ 
fort. Je veux donc que cet air ante* 
rieur fe fut reculé, 6c par là eut don* 
ne lieu au reflbrt de l'air pollerieur 
de fe débander de lui mêcne $ dés 
que la pierre auroic fait quelque che- 
min, elle viendroit à rencontrer l'air 
chafie j & dont les parties cotnpri* 
roées fe débanderaient avec un effort 
{proportionné à celui qui les auroic 
poidees» Si par confequent elles re- 
poufferoient la pierre en arrière 9 & 
prévaudroient fur Pair qui la. fuit , Se 
dont le reâbrt s'efl affbibli à mefure* 
qu'il s'eft denloïé , & que fes parties 
fe fooc dilatées. 

On a donc cherché dans Tobfcu*- 
ntédediverfesconjeâores, une eau* 
fe qui dk très fînipleâc qtii fe prelea- 
to très naturellement. Le mouve^ 
ment èA une manière d'être fuccef- 
iive: Puifijue c'eft une manière dlé^ 
tre» par là même qu'il a commencé 
d^exifter» il eft detcvminé à conti« 
micr & à contifmer tel qu'il efl > tel 
qii'ttacommaicé: Ëa commençant 

4'^ 



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-^ 



^■4 



■^B»m 



Jicjmzeooy Google 



pRfHCIPB, LA NaT. doc. $7 

d^trc^ il a été fuccdfif s fans ceU il 
ne feroic pas mouvement. Il e(t donc 
dcterminé à continuer . d*être lue* 
cefEf. 

Le mouvement éttnt un aux con- 14.' 
tininueh, une fucceffion non intcr» Viicflc. 
rompue , la difiference d'un mouve* 
ment vide d'avec, un mouvement 
lent 9 ne peut pas venir de ce que l'un 
G& interrompu par un plus grand 
nombre de moruUsdc repos» ou par 
de plus longs iatervales de ceâkii-^ 
ons. 

Faites tourner la lieoe jf£ aùtourFîg.III 
de fen mibeu C, en ^paot Ton ex«^ 
tremité Bj le point ji lêia précife- 
ment autant de chemin que le P^t 
£, Se aura la même vitefiè. Tout 
ce qu'il y a fur cette ligne de JS ca 
C & de C en ^ fc mouvra en mê- 
me temps que les deux CiXtrcmiiÀde 
^ & de i?, & les points l>8cEnc 
demeureront pas Tans avancer aucu* 
Dément y peniknt que JB avancera 'de 
B vers F fur lacirconference BFGA. 
Pour petit que foit cet sure» le ruod 
CB) ^i Taura décrit» «ara changé. . 
depl^» ficparvemienF^ feraavec 
iâ pofltioo ipréccdoite^ Um^BCF^ 



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88\ Discours sua le 

& le point H Ce fera ébîgné, du point 
Dy comme le point if du point JEr 
On Yoit par là 4^e la vitcfle peut 
croître & diminuer à l'infini. Enef* 
fet, comme nous Pavons déjà remar* 
que, qui dit changement, qui dit 
fuccefHon) dit quelque choie qui ne 
peut être fixe. Dès qu'une applica* 
tion n*eftpas fur les mêmes parties, 
clic peut toujours devenir plus fuc- 
ceffivei un changement peut tc>û« 
jours devenir plus grand & toujours 
moindre au(G, par degrés, jufqu'à 
ce qu*il foit nul. Une vitefle plus 
grande ç'eft une application à un plus- 
grand nombre de parties pendant le 
même temps § c eft une application^ 
plus fucccffive, plus variée^ Il n'y 
ftut pas chercher autre cbofe. 

Mais refprit humain n>'aime pas c& 
qui eft tant multiple: Il en eft fati- 

g je, & le même principe qui lui a^ 
it fupofer des atomes y où il borni|t 
fes divifions & Ces! fubdivifions» lui 
a fait encore imaginer des MoruJes 9^ 
des întervales de repos , qui lui four* 
nîflent la commodité de concevpÎF^ 
toutes vitedés égales enelles-^mèmes^^ 
tous les» mouvemem égaiement iuc<^ 
«reflifs. ' Voi- 



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PHINCÏPE, LA NaT. &C. 8p 

Voici un exemple qui force dere« 
conoître qu'un plus grand nombre 
de parties égales peuvent être par- 
courues dans un temps que dans un 
autre, quoique ces deux temps forent 
toujours égaux & qu'il n*y ait aflu- 
rement point plus de morules dans 
un de ces cas que dans l'autre. Que 
la furfàce ao coule le long de la fur-pj-jy 
face ^^ fuppofée d'abord tn repos, 8c 
qu'elle la parcoure dans deux minu« 
tes. Après cela que lafurfàce^^par- 
coure à fon tour auifi dans deux mi* 
nutes la furface oa qui lui eft égale & 
qui demeure en repos# Que ces 
deux fupofîtions foient fuivies d'une 
troifiéme. Que le premier reâangte 
fe meuve dé ^ en ^ avec la même vu 
teffe qu'auparavant » & le fécond de 
c en e avec la même vîteflc encore. 
11 eft indubitable que dans une mi- 
nute, le point a fera vis'àvis de/, 
cette/ étant vis à* vis de la moitié de 
ec Dans une minute auffi le point c 
fera vis-à-viS de g^ & dans la ligne 
fgl c fera donc vis à- vis de ^ , & la 
furface ao aura parcouru dans une 
minute toute la furface ec avec la vî- 
teflè précifcjnent qui lui auroit fait 

par- 



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S^ DlSXSaVRS. SUR t.E 

puarcoucir h première &is la moitié 
de ec^ Dans le premier cas «, il n'y 
avoir point eaun plUs grandnombre 
de. morales» ni de. plus longui^ que , 
dans celui-ci ». car les vîceUes a'onc 
point cbanffé ; cependant Tapplica- 
tion aétépTusfucceffive, ôcuneplus 
grande longueur a été, parcourue 
dans, un des, temps que dans raucj;e. 

M. Bayle » dont la iantaiQe écoit 
d'établir le Pyrrhonifme & d'infpîrer 
aux hommes de réloignement pour 
la Roilbn , alloue cet exemple (à 
l^torticle de Zeoou) comme une preu« 
ve fans roplique d^^une incompcchea* 
iîbilite ) es un. cas> qui met à bous 
toutes nos. lumières. Il Tavoit: bien 
qiue ùm: DiâiôxmairCj £éroix Lu par une 
infinité de gens qui tie feroient point 
faits à refeudredes Sophifmes^ qui 
même ne feroient point accoutumés 
à réfléchir, & qui loin d*avoir des 
principes fondes fur les fciences^ n'en 
auroient même aucune teinture* U 
favoit bien qu*il n'y avok qu'à éblo- 
iiir une partie de Ces Leéteurs pour 
les amener où il lui plairoit. Mais 
pour trouver dans cet exemple une 
incpmprdieqfi[>i)ité quimctie ài^oùt . 

' tou- 



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Principe, LA Nat. Sec. jr 

toute nôtue rdàSonf il faut TuppoCnr 
que nous fommcs ncceffîcéi à coace» 
voir une apfUeatim fucceffivm comnic 
quelque cfaofe de/;«r Se de refftéfits 
^necer^aimme/nre. Il £autfiœpofeircMi«- 
tre cek aue la Raiibn ed a. bout dès 
qu'elle eft obligée de ooiwemr qu'un 
effet qui refidce des impreffions con« 
jointes de deux caufes d'aile force , 
eft double de ce qufil (èrait si^il n*é* 
toit produit que par l'impreffioii d*u« 
ne (èule. (g) 

J*ai déjà eu occtfîon & fidrenei»' -^f« 
tion du temps en pariant dm mouvo*^^"^?^ 
ment. La fuite des matières dooMOi* 
dera encore qu'oa y itàSk pÉD ihitH^ 
fe«ti<m. Il eft donc impcmant d^c» 
claircir cr terme Se de s'en fernet 
une juflr idée. Cetteidée même doit 
entrer dans Texplication du mouvez 

ment, 

(g) Dans k froifietne des ces qu^m vient 
ie raPfwttr if y a le dénbk d'êppUcàtim 
fuceejfive, qu^il n*y en dwit dmt lepremkr^ 
ed dêHs k fiamdfid; fane qm dâm ce 
trtkJUme cas y deux Corps mmauvesnesu afplijm 
quent lettrs jfiffaces JueceUlivement k long Pti^ 
ne dePautrey au Ueu quedans le premier y à^ 
dont k fécond y itn^y a qu^m corpr en mou^ 
vementqmappUquefafiêiffacek kngd^tajkt^ 
face d'un Corps en repos. 



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pt Discours sur le ' 

ment , elle appartient à fa nature^ 
puifqu'une des propriétés eflcntielle» 
du temps, c'eft d'être la mcfure du 
mouvement* / Si Ion n'établit pas 
bien ces idées, on paroîtra même 
tourner dans ce qu'on appelle un C^r- 
fle vicieux , car d'un coté dés qu'il 
s'agira de comparer deux vitefles in- 
égales, il faudra les rappeller à quel- 
que uniformité, & faire attention 
• aux longueurs qu'elles font parcourir 
dans des temps égaux , & d'un autre 
les tempç égaux (ont ceux pendant 
kfquels des longueurs égales (ont par> 
courues par des vitefles égécs. Je 
reprendrai donc dès fes premiers prin- 
cipes, une matière qui, commè^oQ 
le voit, n*eft pas fans obfcurité. 

Aucun Etre n*eft dilFepent defoa 
extftence : Quand je tiens ma pluoiei 
je n'ay point deux chofes dans la 
main , ma plume & fon exiftencc^ 
mais lexiftence de ma plume, c'cft 
ma plume même. 

On a arrêté fon attention fur di* 
vers objets : Quand on les a confi» 
derés comme des Etres , l'idée qu'on 
a formé pour s'en Teprefcnter un à 
cet égard, a été la même dont on 

. / s*eft 



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PumciPB, LA Nat. êcc, pj 

s'eft fervi quand on a penfé à un au* 
tre ,; en le confideranc auffi conine 
un Etre. On s'eft fèrvi d'un nom 
pour exprimer cette idée également 
applicable à toute forte d'Etres ^ c'eft 
le nom fubftantif^ mais vague & ab^ 
firaifj d'EXISTENCE. 

Un corps qui demeureroit immo- 
bile & qui gardeibtt conftammeotiâ 
groflèur, fa figure, tous fes atributs 
en un mot • fie cpxi nefubiroit aucu* 
n^ variation quelle qu'elle fût f de* 
meurant abfolument le même à tous 
égards» aucoit auifi fon exifience in* 
variée , puiique (a propre exifience . 
ne peut pas différer de lui même. 
Telle encore feroit 1 exiftenced un £.• 
r tre penfant, &qui feferoit conftam» 
inenc occupé de la même idée ou du 
même fentimenti fans même que la 
réflexion fur la durée de ce fentiment 
aponât la moindre variété dam fa 
manière de penfer & d*exifter. 

On dit bien qu'un corps s'eft re« 
pofé pendant une heure» un jour» 
^ne année 3 mais ce font là dés defuh 
Minatifmi extérieures. On exprime 
fon état £c iâ manière d*exifter par 
des noms qui » au lieu d'êtric tirés de 

ce 



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P4 Di^couR^.$nDr&xx ; 

ce qu^I renferme effeiâÂvaEacnt) font 
tmimintés de ce qui fe pafle au de* 
faon de lui) de ce qui eft tout difiè* 
rent de lui 6c le laiile tel qu'il eft. 
Ainfi que dans ce moment on me 
loue ou l'on tne blâme 9 que je fois 
aprouvé ou defàprouvé , que je fois 
connu ou ignoré à cent lieiies de 
moi , c*eft ce qui ne m'appartient 
en aucune façon» qui tfafftRt point 
mon exiftence, qui ne modifie point 
ma manière d'être, qui ne fait rien 
à ce que je fuis. Ce font des noms 
dont on me de (igné , mais tirés de ce 
qui (è paflè chés les autres, 6c dont 
<:ertainement on abufe quand» apr^ 
4e8 avoir joint au mien^ on les re- 
-garde comme exprimant quelqu'un 
4e mes attributs, le fuis à la gao- 
cbe d*un homme ; 11 fe kve 6c a- 
:pès av^ir fait un demi t»ur, il me 
iprefente la droite. 11 irc m'eft fim- 
venu aucun changement ;: c*efl: lui 
•qui a cfaapgéifa place jSc fa fituation» 
«6c fi on dit en Latin comme on lie 
*peut dire fdvant l'ufage, que ex fim» 
)lro faSius fum dexttr^ cette. expreC- 
ijon ne ièra pas juile,i car elle paroi- 
•tra pofer en £iit qu'il m eâ: arrivé 

quel-» 



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^uelc^ue <kaTig€f(nent , ^ joindra & 
-fiioti ^[ftHXi dts term^ «mprontés dt 
cê qm dl arrivé à me ftaue peif« 
fonne. • 

11 tfy a donc que ks corps à qui 11 
fervkmt quelque changement , il n^ 
n que Ids corps fur qui le mouvement 
produit quoique effist, & par confc- 
quent il ti y a que les corps qui 6W 
tux- mêmes quelques mouremens, 
& qui parla éprouvent quelque vari- 
ation dans leur manière d'exifter • 
dont Texiftence foit fucceflîvc&poiv 
teà jufte titre le nom de Ttmps. L'e* 
xiftence du mouvement dans uti 
corps , eft donc Texiftence du tenls 
dans ce corps ; 6c k temps & te 
mouvement d*un corps c'eft la mô- 
me chofe. 

On eft telkment accoutumé à re* 

Jardcr comme très juftes des expref- 
ons établies par un long ufage , St 
^tfcm a répète mille & mille fdis dés 
-fon enfonce ) 8Coneft tellement a<*« 
<:oûtUn*é à dire égakment qu'uïi 
corps a demeuré ou en mouvement» 
ou en repos pendant une heures un 
jour, une année, qtfon ne peuts'cnl- 
pécher d*être furpris quand- on cri- 

tend 



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^6 Discours svr lb 

tend dire que le temps n'eft pas^ à 
parler exaâement , la mefure du re« 
pos comme il eft celle du mouve- 
ment» & qu'on foupçonne d*abord 
quelque fophifme dans les. argumens 
par letquels on prouve que le mot de 
Temps» cOl un terme qui exprime u.-* 
ne manière d'exifter qui n'eft pas cel* 
k des corps en repos. Cependant 

2u'on repaflè fur ces preuves^ leur 
videncc en fera furmoûter ce que le 
préjugé contraire à la concluûon y 
oppofe d'abord. 

Chaque quantité eft la mefure pro« 
cife de foi -même, & par là chaque 
mouvement eft fa mefure a lui-mê- 
me» fa fucceffîon efl précifement tel- 
Je qu'elle eft : Mais quand il s'agit de 
comparer des quantités, pourencon* 
noître au jufte le rapport* on leur 
cherche une mefure commune du 
même genre. Pour comparer deqx 
,mouvemen$Sc établir leur rapport ^ 
il faut donc en chercher un qui aie 
ce quil faut pour être leur mefure 
commune. Et comme op peut com- 
prendre que la mefure commune de 
.deux étendues doit être une étendue 
qui fe trouve précifèrMnc un certain 

nom* 



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Principe • laNat. &c. 57 

nombre de fois dans Tune , & un cer- 
tain nombre de fois dans Taurre , (ans 
(avoir pour cela comment il faut s*y 
prendre pour trouver une telle me- 
fure, on peut de même comprendre 
quel doit être un mouvement pour 
fervir à lamefure des autres» fans (a- 
voir par où on s*a(rurera qu'un mou- 
vement a les conditions qu on de- 
mande. 

On comprend qu'un mouvement 
feroit propre à mefurer les autres, 
quand il feroit uniforme 9 & fans a« 
voir befoin de faire attention au 
temps» on conçoit qu'un mouvement 
meriteroit le nom d'uniforme, quand 
il feroit toujours également fuccef- 
fif, quand l'application fucceffîvc 
dans laquelle il conûfteroit n'iroit ja* 
pnaisni en croi(rant ni en diminuant f 
tnais par où s'affurer qu'on a un tel 
mouvement ? 

. On eft aifément venu à croire que 
les mouvemens de^ aftres & furtouc 
celui du Soleil , fe feifoient avec cet- 
te régularité ^ la fuppofîtion étpit 
commode f & on n*y remarquoit pas 
d'erreur. Cependant on seft con- 
^incudu contraire t Sc ila fallu s'af* 
E furer 



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J>S DïSCOVltS SUR 1.B 

(hrer de quelques autres mouveméns 
pour fervir de règle uniTerfeUe. La 
niCon même les a fait trouver. On 
aobfcrvé (8c on en a découvert les 
rai(bns ) que de certains pendules 
quand ils écoient d'égale longueur 
de qu'ils part<»ent enfemble, ache- 
voient & recommençoient enièmble 
toutes leurs vibrations , fans que 
Tun devançât l'autre de quoi que ce 
foit. 

Mais comme ces vibrations n'é- 
trient pas toutes d*égale longueur » 
& que les arcs décrits par ces pendu^ 
les aUoient en diminuant» on a at- 
tendu d'en l&cher un qu'un autre eût 
fâft un certain nombre de vibrations , 
fo par exemple, & alors quoique le 
iècond dans chaque vibration, decri» 
vît des arcs plus longs que les arcs 
décrits par les^ vibrations de Tâutre^ 
ces vibrations ne laifToient pas de re* 
commencer 6c de finir toujours en« 
femWe. 

Ces expcrtences foûcenuës par des 
demonftrations, ont paru mettre en 
droit de regarder !a régularité de cet 
mouvemens comme propre à en faire 
la meâne des autres i car quoi qu'ils 

ne 



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pRiMcm, LA Nat. 8cc. '99 

ne (oient pas uniformes ^ouségzrds ^ 
&C que raplicatloQ (ucceffive varie 
dans les difièrentes portions des m£« 
mes arcs ^ cependant il y refte toû* 
jours une uniformité (uffilànte. Ces 
vibrations qui recommencent toiw 
jours & finiilent toujours enfemble» 
ont à cet égard une uniformité qui 
prouve que les petites durent prèci- 
ièment autant que les grandes, 2c 
préfèntent dans cette égalité de dvt^ 
rées quelque chofe d'aflfe fixe, pour 
en faire des mefures juftes & certai- 
bes4 Un mobile dont Tapplicatioà 
feroit toujours également fticceffive» 
ne fbumiroit rien de plus commode 
dans les eipaces égaux qu*il par- 
courroit égaldnent ; 6c des vibrati* 
ons d'égale durée font équivalentes 
pour l'uiàge à des mouvemens uni» 
formes en tout fens. On a donc 12 
des mouvemens , on a des temps 
dont les fommes font égaleiè 



-f - - * ' 



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J 



(lOO Pi.$CO]URS SUR LB 



TÛe la communicaùon du 
Mouvement. 

^i. ,^*\^ ^ ^^ qu'un corps en mou ve- 

Etat de \^ ment qui en rencontroit uirau- 

^^^** trc en repos» le pouiToit devant lui : 

De là on a aifément conclu que le 

premier donnoic du mouvement au 

{econd# En même temps on a re* 

.marqué que le premier alloit moins 
vite & avançoit moins quaupara- 

^vant ) Se de là on a encore conclu 

4ivec la même facilité » qu'il avoic 
perdu de fon mouvement. De ces 

.deux confeqqences on en a tiré une 
troifiéme, c*cft que le corps frapant 

.a voit donné au corps frape une par- 
tie de fon mouvement > 6cs'etoitcon- 
fçrvé l'autre. Mais ces trois conclu- 
dons fi vite tirées donnent lieu aune 
très grande difficulté , la troifiéme 
furtouc. Le mouvement n'efl autre 
chofe qu'un état du mobile» une ma- 
nière d*être du corps qui fe meut 5 
ou fi vous voulés , le mouvement 
dun corps eft ce corps même exiftant 

*;ï ^ l^. d'une 



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Principe I la Nat. &c. iûi 

d'une certaine façon » & appliquant 
fucceffi vement fa iur&ce^Or comment 
la manière d*ét^e d'une portion d*ér 
tendue, peut-elle devenir la manière 
d'être d une autre portion ? C*cft 
comme fî on diloit qu'un morceau 
d'étendue exiftant d'une certaine fa* 
çon , devient un autre morceau exi* 
fiant d'une façon (êmblable^ 

£flaïons £ la première naiflkncedu %?• ' 
mouvement ne noi» pourroit point ?rc- 
donner quelipie lumière là deflus* ?^^^^* 
Quand la fupràne Intelligence a voulu ^^^ 
qjune certaine portion d*étenducfut - 
en mouvement > infiniment fageôc in* 
fimment d'accord avec elle^ il ne fe 
p^ut qu'elle nait voulu en même 
temps, tout ce fans quoi ce mouve^ 
ment ne pouvoit fc feire. Par confc- 
quent elle a voulu que les corps ren# 
contrés par le mobile lui fifTent place 
& avançaflent pour le laiffer avancer. 
Cette volo^é a eu necefiairement 
fon effet, & comme il a voulu que - 
le mouvement continuât dans l'Uni* 
vers, il a voulu par confequent que 
le déplacement , ou le mouvement 
des corps rencontrés & choqués par 
ceux qui eu auroient coootinu&t ; à fe 
E } iairc 



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faire dans toute la fuite des temps. 
Sa volonté toute puiâante eft exé- 
cutée » Se cek arrive comme il Ta 
ordonné. 

Mais (i un mobik après avoir frzpé 
le corps qu'il rencontre, continucMt 
à Ce mouvoir avec autant de vkefle 
qu'aparavant , celui qu'il poufleroit 
avant lui avanceroit auilivîte que lui 
pour lui £ûrc chemin; le mouvement 
doubleroitdoDC dès le premier choc: 
Os deux mafiês en poyffi:roîent une^ 
troifiémé égale à letir fomme» & le 
mouvement deviendroic quadruple i 
de forte que fi cela avoit eu lieu , 
une certaine doze de mouvement » 
que lafagcflc du Créateur avoit trou* 
vé à propos d'établir dans TUnivers» 
pour en faire la beauté , feroit par- 
venue dans peu de momens aux plus 
grands excès, & auroit tout déran- 
gé. Voila pourquoi la SagefFe fupré- 
fiie qui vouloit c^e TUnivers fubfi* 
liât dans Tétat où elle Tavoit d*abord 
mis, a trouvé à propos qu'un corps 
qui en rencontre un autre, & qui 
eft caufe du mouvement où il fe 
met/ en perdît autant que l'autre en 
reçoit de nouveau. // a faUu fu^ la 



Digitiz^db; Google 



Principe 9 la Nat» &ç. ioj 

mamere à'itrt du premier devint d^aii^ 
tant moins fucceffive que celle du fécond 
li devient plus. A proprement parler, 
il ne fe fait ^ un partage s mais les 
mêmes effets arrivent^ que fi lé mou- 
vement ctoit une fubftance qui fe 
partageât prpportioneUcmcnt. C*eft 
ce qui a donné lieu à des exprefCons 
tellement établies par l'ufage qu'il 
ny a pas moïen de les quitter: Elles 
font moi ns j uûes , mais elles font plus 
commodes que des circonlocutions 
continuelles , & quand on les a une 
fois expliquées» il n'eft plus à crain- 
dre qu'elles jettent dans l'erreur. 

On ne iç fo^'meroit pas des idées 
)ufte$ de ce fyiléme , vl l'on oonce* 
▼oit TËtre Cupréme continuellement 
auentif à tous les chc^rs, pour créer 
une certaine quantité de mouvement 
dans le frapant , ou pour faire que. 
le corps frapé exi(Ht en appliquant fuc" 
ceffivement fa farface dans un certain 
degrés 6? que le frapant appliquât la 
fienne moins fuccejjivement qu'il nefai* 
foit^ precifément dans le mime degré: 
Mais il fuflSt de concevoir qu'en fai- 
fânt naître le premier mouvement il 
a voulu que les chofes allaûfent ainfi t 
E4 & 



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104 Discours sur le 

& il l'a voulu pour toujours. Cette 
volonté ne sf'elt pasvévanouic^ elle 
cft permanente en lui, & elle eft 
conftamment fui vie des effets quelle 
a ordonne. 

Ce fera dans la fuite qu'on aura 
lieu d'examiner fi les chocs des corps 
à reflbrt -font exception à cette loi , 
ou fi en remontant aux fecrettes & 
premières caufes des effets du ref- 
fort, les chocs qu'il modifie fe trou- 
vent afiûjettis à la loi commune , 
non à la vérité dans ce qui fe pre- 
fente aux fens, mais dans ce qui leur 
échape. 
^^* Pour donner plus de poids à ces. 
cft^un ^^^^ du mouvement établies par h 
fuite de^^ê^^^ fuprême pour toute la fuite' 
la rcff.des temps, & pour mettre dans utîc 
fiance îcpliis grande neceffité de les recon- 
Xhcu. Tnoître, on a prétendu qu'elles étoîent 
des fuites de la confiance eflèntielleà' 
Dieu. Je doute de la force de ce 
raifonnemènt. Dieu eft un Etre li- 
bre & toujours très bon & très fage : 
Il a établi une très grande variété 
dans les ouvrages de la Nature, & 
dans ceux de la Grâce. Nous n'a- 
vons pas des idées afles exaftcs, aflés-; 

com- 



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pRiNditEf laNat. &C. lOf 

complciteis , afl^ déterminées dc$ 
Perfe&ions divines pourrons hazar* 
der d'en tirer des confcqùentcs dé- 
terminées. Peut-être! même que les 
impreflions caufées parles chocs, & 
les ébranlemens qui en (ont les effets » 
feroint toujours les mêmes, encore 
que la quantité abfoluë de mouye^ 
ment changeât dans l'Univers , pour- " 
f û gue la même quantité relative y 
fubuftât. Un corps par exemple» 
qui s'avance avec deux degrés de ^ 
mouvement, reçoit la même rmpref- 
fion 6c un choc ide la même force 
d*un corps égal qui le fuit & l'atteint 
avec fix, ou^ilcn recevroic s'il étoit 
en repos, oc que ce même corps le 
frapât avec quatre. 
Celte expreffion , Une partie du 
mouvement du corpfc frapant , paflc 
dans lecoi-ps frapé, fignifie dans cet- 
te bypothefc 5 Quand lé Créateur du tji. 
mouvement auffi' bien que de toutes .^^^** 
chofcs , Ta fait naître,^ il a voulu J'JJ'^J^ 
que les corps rencontrés par ccuxj^p^ç^ 
qu'il avoit mis en mouvement, symiere 
miflent auffi , & qu'autant que. ceux- hypo- 
cî prendroient de mouvement nou-thefc. 
rtsu 9 autant ceux qui les frapcroient 



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fO^ DiSGOURS SUR Lft 

en perdiilcnt de cehii qu'ils avoient. 
Cetteyoloméàcu d'abord fon effet i^ 
& comme elle fubiiîte y (on efficace 
comiimë auffi^ 6c oncot^tinuë avoir 
Texecution de cette volonté. Cefl: 
la veritabh caufe des mouvemcns qui 
naiflent de nouveau t dont Ife choc 
des mobîlfô eft fimplcmcnt ïoccafion^ 
jo» . Mais il ie peut qu'on n'eût pas 
Sccon-bcfoin de recourir à la toute. puiflàn- 
Doth r^^ de l'Etre fouverain, pour y cher- 
^ ^^ cher la caufe véritable oc immédiate 
de tous les mouvemens nouveaux qui 
fe produifent, & de tout ce qui s'eq 
détruit. Il fc peut que les chocs 
qu'on regarde dans cette hypothefe 
uniquement comme des occaûons & 
des caufes aparenies^ foient eux-mê- 
mes des caufis vfrttahles &c réelles^ 

Qui dit mouvement, dit letat 
d*un corps qui change de place. Cet 
V état eft réel ; le mobile exifte vérita- 
blement avec cette manière d'être. 
A la vérité l'étendue a reçu d'ailkurç 
Je mouvement qui fe trouve en elle ; 
elle l'a reçu de la première caufe : Ceft 
l'Etre fouverain qui a produit dans l'é- 
tendue les premiers changemens de un 
tuation; mais comme l'etenduë elle- 
[même n'en eft pas moins étendue, n eft 



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PRiKaPEy LA Mat. Sec. 107 

pas moiûs être efieâif & véritable, 
parce qu^cUetîre fon extftence d'une 
caule difièrcnte <i*eUe • cette cauft 
toute puîflante & toute réelle ne t'c* 
tant pas depbiée pour hitre des riens , 
mais pour produire des choies & fai- 
re naître des efièts réelsj le mouve« 
ment de même) qui eft un efifet do 
cette étenduët ne laiflè pas dès qu'il 
a été forteéd*étre un état réel, pour 
avoir reçu fon exillence d'une cau& 
extérieure & difiêrente de lui. 

Le mouvement eft donc un état 
réel du corps, il y exifte 9 il eft en 
lui , ou plutôt c'eft le <orps méflac 
exiftant d'une certaine façon. Ua 
corps qui (è meut change léellemenc 
de place : Or qui dit un corps qui 
change déplace^ dit un corps qui ^/« 
place ce qui s'oppofe à fon pacage: 
£t qui dit un corps qiû chatte fée/le* 
mem de place j dit un <orpsqui^^//s« 
Ci réeUemem ceux qu*il rencontre» Sc 
qui par confequeat les met en mou« 
vement. 11 implique contradiâion 
^*un corps change de place, fans 
déplacer ceux qu'il rencontre. 11 im- 
plique donc eontradiâion qu'im 
corps ÊHt tn imayemeni (ims ]tmet« 
E 6 trc 



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toS Discours SUR LB 

trc ceux qu'il frffl)e : Or c'cft là le 
^araSlere ejfentiel aune véritable caufe » 
quand il implique concradiâion 
qu'elle agîflc & que TefFct ne naifle 
pas de fon aâ:ion« Changer de pla- 
ce eft un état aSlifi l'effet neceflaire 
de cet état aâif, eft de faire aufii 
changer de place à ce qu'il rencon- 
tre & à ce qu'il déplace. 

La fouveraitje SageÛe a vu cela en 
créant le mouvement* £n lui don- 
nant Texiftepce , il lui a donné tout 
ce qui étoit neceiTaire pour exifter , 
& la force de déplacer Tétoit. Le 
mouvement a donc re^û cette for- 
Ce j il l'a reçue en recevant (on exif- 
tence , & cette fùrce , à le bien 
prendre, n*efl pas différente de lui- 
même. Changer de place & dépla- 
cer , c'eft le même état confideré 
fous deux diverfes relations. 

Le corps rencontrant & le corps 
rencontré s'unifient en une feule 
maffe j car chaoue corps efl corn- 
pofé d'une infinité de fubflan- 
ces, dont chacune a fon exiftence à 
part; mais ces fubftances compofen^ 
ttn feul tout par le contaU & par le 
repos où elles font l'une à legard de 

^ l'au- 



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PàiNcipfi , LA Nat; &c. I cfjjf 

l^autrc. Le corps frapant touche le 
frapé, & il faut qu'ils avancent d^un 
pas égal , au moins dans le moment 
du choc , afin que le premier con* 
tinuë à fe mouvoir. Les voilà donc 
qu'ils forment une feule maflé : Ce 
nouveau tout cxifte en appliquant 
fucceffivement fa furface à ce qui 
l'environne. Quelle eft la caufe de 
cette application fucceffive commu- 
ne à toute cette mafle ? C'eft l'ap- 
plication fucceffive de celle (ks deux 
parties qui a poufle Tautre. Un c(*' 
fet ne fauroit être plus grand que ûl 
caufê. 11 ny aura donc pas plus d'ap- 
plication fuccefCve dans le nouveau 
tout > qu'il ny en avoit dans celle de 
fes parties qui en eft la caufe. Le 
nouveau tour ne parcourra pas t^n 
plus grand efpace que celui que par- 
couroit Tui^e de fes parties dans un 
temps égal, avant qu elle fe fût unie 
à Tautre. 

Pour avoir là longueur dupremier» 
efpace parcouru y je diviferois cet eC- 
pace par fa baze, le poids du mobi- 
le. Pour avoir la longueur du fécond 
cipace, je le diviferai de métQe par, 
la xxxuvcUe malie^s 3c ^coaioie te. di*!; 
E 7 vifcur 



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iio Discours sur le 

YiféuT croîtra, le quotient diminuera 
cjlans la même proportion* C'eil ce 
qui fait dire que la vitefTe dumôpvc*. 
ment eft diminuée par le choc & par 
Tunion du f râpant Se du frapé» Se 
qu'autant que celui-ci devient un 
corps s'appliquant plus fucceffivc- 
ment qu'il ne fai(bit, autant celui là 
s'applique moins fucceâivement. (h) 

Pour 

(h) Ce rakntijfement Je Vtuffe & de For- 
rf ) dans k Mobik frapont , a donné lieu de 
fappofer une REACTION dans k frappé» 
c*^ à dite une aâion réciproque , par laqttelle 
k frappé 9 agit fur le frayant y amant gue 
eeluy ci agit fur luy^ Il luy donne aèttant, 
four ainfi dire de fin repos , qu*it en refoit 
de mouvement^ Le frapé oppofe au frapapt 
umrefifiancêproporikonéê afaMaffe^ ^par 
et ptoyem il fi détruit dont hfirapant autant 
de moutf^nent qtfd t'en produit dans h fiaf^ 
fL 

y# reconois que le même effet arrive que fi 
um telle kéà&ton avm lieu ^'k produtfiit. 
On peut donc la fippofir\ pour lafitoiUté det 
taimb , fiom trouve ^eUt les rtuà phi ai* 
fis; AÛis ps'il mtfiit permis dt dire queja 
nehfippoUraîqu'IéroieeeUerefir^^ Ou une. 
REACTION, agit dW telle manière, 
ou quefijue autre caufe produit l^eflèt qu'on 
îinpute z une Réaâion. La manière dont^ 
jt vicm ^^tùpfèquèr h naiffanct du Atmvmemtl 

d^at 



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Pour dctçrî3piner tout cela plus ex- , %t: 
aâcmenc 5 bft cherche une mefui« Diftri- 
commune aux deux mafles. Si cel-^"^*^° 
lequi éioiten repos, pefoit, parex Jj^^^- 
emple 9 une livre oc ^ ce celle qui 
la poufTe deux livres Se i une hui- ^ 
tiéme de livre fera la mcfure com- 
mune des majQès , & leur rapport 
fera celui de *-f. à '-|. ou de 14 à ip. . 

Si cette dernière parcouroit 6 toi- 
fes dans une minute , chacune de Tes 
huitièmes parties parcourroit auilî la 
longuenrde 6toifes: Multipliés donc 
cette longueur pair ip, vous aurés la 
fomme des efpaçes p^arcourus par ce 
mobile I ou la c^ancicé de iba moii»^ 

Ja9ts k Mobile^ frappé ^ &fa éfmmh^ dmi^ 
k frappant me faroit fimpk & ititMpUtr 
mais f avoue qu^tl n'en ejl pas de même de fs 
Eéaâkn^ & quejen*aypasffà Wi*^ formev 
iPUte» 'ft cemprensfittleéent qu'à firce it 
lafnppofeTy & de tiNr dt cette f^fitien 
des cn^tpeences que Veapivimce. nt dément 
pas, on Je rend enfin ce terme /famUkt^ 
fu*on ne penfe phx à denier dt Vex^^e et. 
je ne fçay quoi qu'il fuppofe , 1^ in s!t$pniÊf^^ 
fue f antres en puijfent£mter^ 

Vajk tExkàtcillàneufVà 
Sur la RcaSUm. 



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ii£ Discours st^ii lé ' 

vement qui s'exprime par i^ x 6 
rz 1 14 , & chaque unité fera me 
portion, favoir 7^;. de cette quanti- 
té. Ces portions ont tcçû le nom 
de degrés, parce que le mouvement 
peut croître & diminuer par de- 
ff*és. 

La nouvelle maflc compofée de 4^. 
de livre deviendra |a baze d*^un cfpace 
exprimé par £14, & en divifant ce 
nombre par j}» on aura dans le quo- 
tient 3 *J< f-|, = '-;. pour la lon- 
gueur de Tefpace parcouru. Cette 
longueur écoit premfcrement de 6 
rtz f-^. Elle fei^ donc diminuée dans 
le rapport de f-f. zz H- ^'cft à- 
dire , dans le rapport de la nouvelle 
mafle à la première. Chaque partie 
du premier mobile ne parcourra plus 
que. H- de toife. Cela fait f-f. x 
tp :rr ^-rr^ Auparavant c'étoit 
' \ \ -.. CIT 114. La diminution fuit 
encore le rapport de f-^. 

Chaque partie du corps rencontré 
décrit ff. Cela fait ea tout -^7^. 
qui ajoutés à ~^. quantité de mou» 
vemelnt qui reflc au frapant , font 
^•^. =: 114. Ceft.à dire qu'a- 
près le choci itTon fbmme^k mou- 

ve 



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pRlHCrPE, LA NaT, &C. II J 

vcmcnt de la partie frapante & de la 
partie frapée , on aura la tnéroe 
quantité de mouvement i ou le mé« - 
me nombre' de degrés qu^avant le 
choc. 

Ce font là les fuites neceflaires de 
ces trois vérités, l^ Que le mouve- 
ment déplace* !•• <Jue du mobile 
frapant & du corps rencontré il fe 
fait une feule maflê. 3*. Que cette 
nouvelle maflc ou ce nouveau tout» 
cft dans un état d'aplication fucccffi*' 
ve auflî grande, c'eft à-dire auffifuc- 
ceffivc precifémcnt qu'écoit celle du 
mobile frapant. ^ ji; 

Je vois bien des gens prévenus de Si le 
la penfée qtfun Etre créé ne fauroit»ouvc. 
rien produire , ou être la caufe réel- JJJJ^ 
le de quoi que ce foit ; car , difent- 1^^^ 
ils, pour produire il faut que ce qui c^ufe 
n'exiftoit pas vienne à exiller j & devcrîia* 
l'un de ces termes à l'autre ilyauncblc& 
diftance infinie : Or franchir cette s'il eft 
diftance, & par confequent produire |*JJ[*J*^* 
un changement infini , c'eft ce qui ^^^^^^ 
paffe les forces d*un Etre créé,- qui re de 
par là même eft un Eti'e fini. ^ n'avoir 

Mais ce font là de ces fubtilitéspasde 
Mecaphyfiques qui ébbiiiflfeotiiSc qui J^f^ 

jet- 



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IÎ4 Discours sur LiB 

jettent aifément dans Terreur, parce 
qu'elles ibnt csspninées dans des ter* 
mes vagues & tfès équivoques. 

Les termes au^ud^ on prèpofoit 
tine négation avoient reçu dan$ Te-. 
cote le nom de termes infinis. Non 
met ah Nen ammah En parlant ain* 
ii, j'éloigne à Tinfini les iùjets dont 
je fais mention. Ici, par exem]:^» 
tout ce qui peut être métal , tout ce 
qui peut être ammal. Ddà oq a. con- 
clu que quand on dit mouvement > nm 
mtmvewent^ il y a une diftance inâ- 
nk de L'un de ces termes à Tsaure. 
Mais tout ce qui n'eft p^ métal, tmii 
. ce çfix a'eft m^ .^imal , eit-Minâni- 
4Qèm âoigae éfiVéixt} Un my^vi de 
fccrife n'eft pas m> corilkr^ (^ un 
wn cerifier , mais H rf^ft pas infini* 
incot éloigné d'être cerifier, il au- 
ne aptitu^ i le devenir, qui ne fe 
trouve pas ckns Je «oyau d un autre 
fruit, & dont d^antre^ femencesfont 
encolle plus éloignées. L'eau , le 
fel , le. fouphre ne font pas des arbres^ 
mais ces parties fervent réellement à 
les nourrir , & en les nourriflant el- 
les deviennent arbres. 

En gênerai une chofe qui^ êxifte , 

n^cft 



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D*eft éloignée du neanc, ou n*eftdi^ 
iereme du rien , ;Qu'eQ vertu de ce 
qu'elle poûèdc de reelv eUe n'en eft 
diffinreace qu'amant jqu'elle eft réelle. 
(^ tonte réalité cfé&eftfinie. Donc 
auome cfeature a'e(l infiniment dii^ 
ferente du néant. Cet éloisnemenc 
infini çft te caraderc propre de TEtre 
éternel £c neceâaire. Eroduire du 
mouvement 9 ce n'eft donc pas pro« 
duire un^changementi & par confe« 
ipient un efibt infini, TOnfquelemou* 
vement eft une réalite finie, laquelle 
même ne difière pas autant du néant, 
& n'a pas autant de réalit/6 <pie la 
fubftance« 

L'idée de la produâion d'une Sài^ 
fiame ^ nîeft pas à beaucoup ptèf & 
tacile I former que l'idée de la pro^ 
duftion d'un Mode; nous avons dek 
peine à y venir: Mais celte d*an 4/t7* 
de (c prefente d'abord , parce que 
c'eft ridée d'un effet qui eft en notre 
potffimce^ car enfin j 'introduis dans 
un morceau de cire tant de figures 
qu'il me plaît , non fimplement par- 
ce qu'en retranchant de certaines pie» 
ces, jclaiflcparoîcrc des figures qu'el- 
les envelopoient Se qu'elles cpuvro^ 

ient , 



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Îl6 DlSCOtrRSSUH LE 

îent , mais en y en faifant naître qui 
tfy etoiœt point: Par exemple i 
^uand de ronde cju'elle étoît jeTapla** 
tis, & que d*un cube j*çnfakune^ 
pyramide, &£. Mais je n'ai pas reçu 
Je pouvoir de produire des fubftan* 
ces : pouvoir qui nous auroit été inu • 
tile, puifque fi tout eft plein, notis 
n*aurions pu les placer mille part » & 
au cas du vuidé ^ fi les corps qvà 
nous environnent ont Icdcgrédcticii-' 
fité qui ledr convient i & qui convient 
à rUnivers , dé nouvelles fubflsQcesen 
augmentant cette dcfifitéi n'auroicfit 
faitque du dà-angenicnt. ; 

Mais cette puiflancc que#nousn'à« 
yons pas, il eft tré^ facile de nous 
convaincre que Dieu l'a^ car ilim-' 
plique contr^di&ion que la volonté 
de r£tre infini ne foit infinement ré« 
' elle , & par confequent infiniment 
efficace ; car la force eil toujours pro- 
portionéc à la réalité, puifque la for- 
ce d'un Etr^, c*eft cet Etre même 
agifTant ou en état d*agir. 
33* On eft venu à dçpoiiiller lescrea* 
*r^"? tures de toute aftivité par deux lûo- 
pcsfc- ^'^^ ^^^^ diflferens, les uns avec la 
crets meilleure intention du monde» les 
d'crrcwr au- 



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Principe 9 la Nat. éct. 117 

sutres avec h plus mawraîfe. . Let 
uns ont été ravis de trouyer dans le 
néam des créatures ^ & dans leur ex- 
trême & abfoluë foiblcflè) une veri* 
té des plus efficaces» pour engager 
les hommes à ne oraindre & à n'ai* 
mer que Dieu, feule caulê immedia* 
te de tout ce qui peut nous caufêrdu 
plaifir ou de la douleur. Les autres 
ont Clé ravis d'y trouver une raifon 
pour s'afranchir de toute contrainte ^ 
de tout reproche, de toute loii en 
fe confiderant comme des Etres fans 
aâivitéf uniquement paffifs ôc entrai 
nés par une fuite infinie dé mouvez 
mens, tous neceflàires, aûfquels ils 
n'ont d'autre part que celle de lesrc* 
cevoir & de les fentir. 

Plus les premiers ont de pieté g 
plus ils doivent craindred'ailèrmirles 
autres dans des principes, dont les 
laites naturelles vont u droit au ren- 
verfement de toute Vertu & de jou» 
te Religion j & cela même doit ren* 
dre ces principes extrêmement fu- 
fpeéb, & même fi ces confequences 
en font bien tirées, il nVn faut pai 
avantage pour en conclure qu'ils bat 
âuXt, 

Si 



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IlS Dt SECOURS SUE. I«B 

1^^ Si nousifaTons point d'a£kivitcr6« 
Incoa-cllcy fi nom ne fommes aâifs qu'en 
veniens. apparence^ nous n'arons point non 
^" ^A^^' ?}^^ ^^ liberté réelle % nous fommes 
^ç libres en apparence, mais ncceffités 
occafo-^" effet j oc cefentiment intime de 
ncUcs. nôrrelibcné, qui n'eftfasmcfasvif, 
ni moins clair» quand nous voulons 
nous y rendre attentifs, que celui de 
nôtre exiftence» que celui de nôtre 
poiiëe, n'eftqu^unfentimentillufoi- 
re« Si noul (entons que nous fom* 
mes libres ùaîi Téire, pourquoi ne 
fentirîons nous pais que nous penfons 
fans penfer P La plus parfaite certi- 
tude fe réduit à unecertitudedefen* 
timent} ébranlés-la, {^ou?és qu^eU 
le cft trompeiife pai* un feul exem* 
pie, il n*y en aura plus. Voilà le 
genre humain redliit nu phîs outré 
Pyrrhonifme. 

Toute la'Mcmk', tomes les idées 
de Vertu & de Vice tout te fifiéme 
fi bien lié & fondé fur des principes 
fi fimples, fi clairs, ne fefa qu'ua 
cntaflêment 4t chimères j car s^iln'y 
% poim de lihètti^ iln'y a point de 
devoir, point de L»oi, point de Mo- 
rale, ou s'il y en a, ce n*eil qu'une 
Morale chimérique* Ces 



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Paingifb^ la Nat. &c* 119 

Ces cbimeres aurûnt été jufqu^ici 
dans i'dprit de bien des hommes , des 
principes Physiques qui les »ironc 
decertninés à une infinité d'aâions 
très utiles au genre humain, & qui 
les auront détournés d'une infinité 
d'autres qui lui auroient été très per^ 
nicieuiès , quoique fouvent avanta^ 
eeufes à leurs auteurs. Telles font 
les oblig^ions que l'on a à Terreur; 
Mais la connoitTance de la venté ra 
faire changer de &ce à la conduite des 
hommes 9 fie la mf^ttre liir un tout autre 
pié. Laconnoiflancedelaveritéeftun 
principe Phyfique, qui mène tout na- 
turellement fie tout droit à la licence. 

Mais pourquoi parler de vérité? 
En eft-il quelqu'une dans ce fiyftê- 
me. Se en peut on avoir un caraâe* 
re s^uré? Si vous dites qu'il y a une 
évidence qui force à croire Se quiex« 
clud le doute, quiconque croit queU 
que proportion que ce foit, n'elt-il 
pas également forcé à la croire ? Et 
dat^ tout ce que les hommes font. 
Se dans tout ce qu'ils penTent , ne font« 
ils pas fournis à la necefiité ? 

il faut , fi ce fyftème eft reçu, 
changer cnticrcaicnt.lca idées qu'on 
• a eu 



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jtio Discours SUR le 
a eu jufquici fer TEtrc fouvcraift: 
De r amour de l'ordre il nefautpluslui 
en attribuer, puifqu*il eft également 
r Auteur de Tordre & du defordrc, 
à moins qu'on ne vçiiille anéantir 
toute différence entre le bien & le 
mal , & traiterd'illufions & de fophir- 
mes tout ce jqu*on a dit làdèflus. Sa* 
gejfe , Sainteté , Jujiice , Mifhricorde , ce 
font là des noms qui ne fignifieni plus 
rien appliqués à la cauf^ lupréme 8c 
univerfclle de tout. L'Univers eft 
compofé d'Automates, qui paroiflcpt 
agir & n'agiflent point. L'idée de 
l'Etre fuprerae Te réduit à celle d'un 
Etre neçeffité à les mouvoir. 

Quand on entreprend de loiier la 
plupart des hommes, comme on ne 
trouve dans leurs qualités réelles que 
peu de matière à éloge, on Ce reduic 
a tirer jeur gloire de^la comparaifon 
qu'on fait d'eux avec d'autres que 
Ton prend foin de rabaifler. Cette 
méthode dont on s'eft fait une longue 
habitude, on la fuit quand il s'agit 
de ioiier l'Etre fouverain > comme 
s'il ne tiroir fa grandeur & fa gloire 
que de nôtre peijteflc & de nôtre a- 
baii^mept j $c que pour exalter l'unt il 

faU 



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Principe,' la Nat, arc. izi 

fallût abaiflèr l'autre» Cette méthode 
eft iqdignc du grand objet quVii fo 
propofc de loiier , & il me fetnble qu'il 
faudroit feire tout le contraire. Si 
la connoiflance d'un ouvrage éjeirc 
naturellement à celle de fon Auteur ^ 
plus nous trouverons de grandeur & 
de réalité dans ceux de Dieui plusauffi 
nous aurons une grande idée de (à réali- 
te & de fa puiflance.N'étoit- il pas j>lus 
digne d'elle de fe dcploïer pour produi- 
re des chofcs réelles, que pour donner 
iimplement naiflance à des riens & à 
desaparcnces d'Eçres, pour produire 
des caufes ôcdcs forces réeJles.qUe pour 
faire naître de fimples aparenccs de 
caufes Se de forces? 

Dieu a voulu fe rcpréfenter dans 
fcs ouvrages : L'exiftence des créatu- 
res eft une image de la fienne; leur 
activité une repréfençaiion de fon 
aétivité -, & comme une exiftence 
réelle eft plus propre à repréfenter 
celle de Dieu, & en offre à fcs yeux 
une image beaucoup plus jufte; une 
aftivité véritable reprefenteauffi celle 
de Dieu, tout autrement que ne fb* 
roit une aftivité qui ne fooit qu'une 
aparence Ôc un rien 4an^ le fonds. 



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?tlt 'j5lSTCÔUïlS SrtTA LE 

L*exiftence des crttiturcs cft réelle 8c 
àiffcrcvxcàt celte de Dieuf de qui 
elles k tieiïneflt : Leur force de mê» 
me eft réelle « 8c die eft réellement 
ohe force diftinfte de la puiflancc 
divine d'où elle vient. 

On dît h deflus, un Etre créé n'a 
et force que ce que la volonté divine 
lui en a donné. Donc cette volonté 
eft Ift caufe deTa foret: EUeeft mê-^ 
me, ajoute- 1- on, caufe qu'elle fub- 
fifte^ car la volonté de Dieu ayant 
créé Cette force , de plus a voulu 
quVile fubfitlac; fi elle fubfifte c'eft 
donc à cette volonté qu'elle en eft 
redevable. Je tombe d'acord de tout 
cela 5 mais quand on ajoute, c*eft 
donc, à proprement parler, la vo* 
lontéde Dieu qui eft caufe de tous les 
effets de cette force créée , & pour 
elle elle n'en eft que la fimple occa- 
fion : Je ne vois pas la ncceflué de 
cette confec^uence , & ce qu'elle a 
de vrai eft mêlé d'équivoque. Ceft 
à la volonté de Dieu qu'il faut ra- 
porter tous les effets qui paroiflenc 
dtos rCJnivCTs , comme à leur pre*- 
talerc caufe , puifque cette volonté 
toute pùiflaote eft la fburce qui. a 
tloané l'Être à toutes les caufcs Se à 



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tout ce qui produit qud^e effets 
Mais fi c^eft la première clli(è, c^ft 
Tunique. îLa cônfequenc^ i>'cf(l pas 
juftc : Elle n'eu pa9 caufc dé rien ^ 
elle n*a pas produit de fknpks appa« 
renées^ 8c les forces, tes caufes auC* 
quelles elle n donné TEtrc , font des 
forces réelles & des caufes véritables^ 
qui agiflcnt.^ qui pr^duiftnt leur 
elFet. De Dieu cites ont rççû leur 
exiftence & leurpôuvow d'agir; mm ' 
comme elles fonteffeftiveiBent, dlei 
peuvent réèltemcnt. Elles exiftcnt 
véritablement , & agîffcnt de nilême* ^ 
S*il y a voit quelques^ Etres éter- 
nels, à la naiffance & à la conferva^ 
tion defqtiels Dieu n'eût eu aucune 
paît 3 afin quite ne laifTaflent pas de 
îentir Télevation ^« Dieu par deffiis 
eux, & pour les amener à lui don^ 
ner gloire , 2c à s*abaiffer fous lut ^ 
je m^étùdJerois'à -déécuVrir tout ce 
qu'il y huroît d*impcrfeftîonen euxîj 
pour y arrêter leur attention^ MM^ 
pour Ientir Tctevation de Dieu notre 
Créateur au defiks de nôus> il n'eft pas 
neceflaîre de fixer nbs^ regards fur nos 
împerfcâions , & dé faire atieniion 
à ce qui nous manque^ au contraire 
Fz lef- 



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I^ /DfSCÔ'tjJElS suit LE ^ 

l'effet natarcl de trous lei» avantages 
qui (ont en nous, ç'eft de s'humilier 
fous la main puiflante de qui nou^ les 
avons reçus. Plus je trouve que je 
fuis 9 plus je vois ce qu*il peut» pui(^ 
que ie ne fuis que ce qu'il me fait: 
Plus il m'a donné , plus je lui dois 
d'amour, de dévoilement £c daâi« 
eus de grâces: Plus il ma donné» 
plus il peut m'ôter» & par là je le 
dois plus craindre : Plus il m*a dour 
né 9 plus il a de droit fur moi, &par 
-Jà je fuis dans une plus grande obli* 
gation de lui obcïr. 

Si j'écôis immobile , & que la 
Toute- puiffance divine & fon infinie? 
boiptté, fit avancer des viandes jufr 
ques près de ma boucfae » l'ouvrît , 
jles fît defcendre dans moneilomach , 
Jes transformât en chyle par fon aâi- 
on immédiate 9 6c les fîc couler dans 
mes vfinfïs; cn^ ipot fi tout ce que 
je viens de dire, & toutes les fuite$ 
que j'cp éprouverois",, étoient tout 
autant de miraç4cs » je. recoftnois que 
j'aurois de très grandes obligations à 
mon Créateur 5 mais ne lui devrois?» 
je P4S encore davantage, & mes o^ 
cbligîitiQns Qc^dçviendroicnt-cUes^ {>as 
.V "^ in- 



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Principe, i-a Nat. 8cc. izf 

incomparablemeot plus grandes, s'il 
me fkifoic réellement prefenc de Ja 
force de m'avancer vers les alimens 
de les choifîr, de les pr^arer, de 
m'en nourrir? & n'aurois-je pas eq 
ce cas incomparablement plus de tore 
li je Toubliois & fi je me bornois à 
m'aplaudir à h vue de mes forces» 
fans m'élever en a£Upns de grâces à 
la Puiflancc éternelle qui m'auroic 
fait fi heureux Se fi grand à mes pror 
près yeux ? (9 

F 3 . Il 

/ (!) On felatffe quelquefois alhr à ieiRefkx^ 
ions ires déraijonables & très danger em/es » à 
force d^enkver à P homme ce que Dieu Itty a don»- 
wéy en vue de rendre fin Créateur fbts admi: 
rable. II n'eft pas tout à fait rare à' entendre 
£re que la Nature efism Efâjgme d'une ctjcu* 
rite inpenetrahle pour les hommes y & qm 
Dieu leur en a-caché la canoijfance afin Sefirt 
U SiiUL ADMIRABLE. Extravagance 
fi jamais^l en fitt ! 

Sttppofim unebttelligenct qui demande hum* 
hlement à Die» de P éclairer dans la conoijfançi 
defes ouvrages. Dieu luy dirott-iL le n*en 
ay garde )c veux 'eftre admiré & eftre le 
Seul adnùrabk ; & c^efi précifement pour sé^ 
lever à une Admiration plks pure$ pks gran^ 
de y plus digne de hty^ q»*on finbai$te de con» 
oitre ^ d^ admirât fes oteweSé lleft desbom* 



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* Il efi àatic cl^iry ce rac fcmbic i 
que le fyftênae :d» caufes occafioan 
^ôHcs n'eft par li œcofiàirc pour re>- 
lever Ist g^^andciir do Dieu par deflii9 
fes créatures * que fes partifans Ic^ pf é^ 
fendeat, Ilpoturoit même avoir uii 
sffct tout opofé à leurs intentions, 
& fi les preuves que je viens d'ayan* 
€er font bonnes, le lyMmc cootmi-» 
^c eft plul glorieux à T Auteur de 
PU^liiv^rs, S'iieft vrai, dis-je, qu'il 
faille chercher dans la nature merac 

du 

ims\qui êmmi à ekhUir teï aâms par Jes 
fotêft d*adreffey & à s^en faire adtinrer par 
^Hàjues Jecrets , jrfi/f tmt raifiu de cacher y 
€0^ dtt ^tt'oH cenoH lapetitefe de l^Arty gm 
a home d'en avoir adefùri Jet effets. Jiy au^ 
Têitde V Impieté à penfèr k mêins du mmde^ 
"de cette mamere fkr ks Ouvrages de Dieu ; 
^*U en efi qmjifiment trop parefeux ou trop 
Jh^dee- foanifi promttn .de faire des progrès 
dam cette conoifjance^ au ètoins qit*ils m fa^ 
€tHt pas ^/%'À^ leffèris pour em détourner 
Us autres. J^uandon voiddes^gens éjfuàs^ima'^ 
gment de dire des merveiBkSy quand Us debi* 
tent ces fits^fet , on^ a hottte pour eux , d^ 
fea /Vif faut ^ on- n*m honte y d'hêtre homme ^ 
fuand ms euvmddejiehùgnès du hoftfass^ 
^on m peàt ï^empSfher de petifer au tensps 
f^Èfope fyp^pofi dmpjh^ Féfks^ temps au*, 
yW ks Bêtes parhient. 



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Principe^ la Nat. 6cç^ M7 

du mouvetneiu &: dans une de fcs 
propriétés cflemiclles, la càufe de ce 
quon appelle communication du 
mouvement) la caufe réelle en vertu 
de laquelle un corps qui en frape un 
autre le fait avancer, Se en vertu de 
laquelle le frapant & le frapé enfem* 
bJe parcourent un efpacc precifément 
de la capacité de celui qu'auroit par- 
conrû dans le même temps le frapant 
tout teul I on. doit fc favxrij bon gré 
de cette découverte^ & elle cft à la 

{jloire du Créateur. C'efl de lui que 
e mouvement a reçu cette farce t 
comme il a reçu de lui d*être moui* 
vcment. U a voulu qu'il y eût dç 
ïférçnduë 5 L'étendue eft effeaive»- 
fnenr^ & eft de rétcnduèV II a vou^ 
lu que le mouvement fût un de fes 
crats; Il a voulu que l'étendue exif- 
lât en. s'^pliquant fucceflivement ^ Iç 
mouvement eft un de fcs états , âc 
elle exifte en $'apliquant ainfî: Il t 
voulu. qfî'feUe changeât, de place 5 cU 
le en change vcnublement : Il a 
voulu qu'elle déplaçât j, elle déplace 
ricllement ce qu'elle rencontre ^ 
non pas fîmplemeni en apparence^ 
U a voulu que le mouvement fût un 
F 4 * état 



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fiS Discours sur le 

étataâifs ileft uoétataâif: Il tient 
d'ailleurs fon a£tivité , comme il 
tient d'ailleurs fou éxiftence j fort 
éxiftence même & fou aétivc font 
infeparable^ ; car il n'exifleroit pas 
è*il n*ctoit pas mouveinent , & s*il 
n'ctoit pas" un mouvement, il ne fc- 
roit pas aâif , comme s'il n'etoit pas 
aétif ilnc feroitpas mouvement. Le 
mouvement dès qu^il exifte » eft par 
là même déterminé à continuer d'ê- 
tre ; fa force qui n'cft autre chofe 
que lui-même , dès qu elle eft née 9 
cft déterminée à fubfifter & à agir. 
Les effets de la volonté Divine font 
réels & diiFcrehs de cette volonté , 
par la vertu de la quelle ils ont reçu 
l'Etre; & quand ces effets devien- 
Xicnt des caufes à leur tour, ce font 
des caufes réelles èc différentes de la 
caufc fuprême de oui elles ont reçu 
le pouvoir d'être des caufes. L^in* 
finie réalité de Dieu n'empêche pat 
que les créatures ne foîent de véri- 
tables Etres; au contraire plus la 
Toute- puiffance qui les a formées 
eft réelle, plus ilefl vrai qu'elles font 
elles-mêmes des Etres réels ,& non des 
apparences : Elles tirent de Dieu 

leur 



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pRiNGf œ y LA Mat; icc. ^ t ip 

leur Etre & leur force , mais leur 
force eft rédle ^ndiflSe|-ente de ;U 
Puiflance divine, comme leur exi* 
ftènce eft .réelle & ciifïferc de l'cxU 
llence du Créateur. 

faJix qui pûiitèi Rerum xogmfcere 
cMfas ! 

O Catifacaufarum » qnmfqut te nos fui 
à te fimms iffufnàimus? 




) . 



:. ...t. 






ECLAIRA 

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E^LATRfcïSSEWÈNT; 
SUR LEVUIDE. 

Qu'on fe reprefente une Cai fie 
remplie de boules qui fe touchent 
innoxnédmteineQtiiâttteft que <k$ bou- 
les peuvent fe tcn^Ë^ber j on convien- 
dra quà grand peine chacune pourra 
lîourncr . fiir fim piopre centre , ôc 
pour )r.CQn(ïe9«)ir ce mputesnent il 
faut les fuppofer parfaitement poli- 
es* La plénitude du Monde en 
tient toutes les parties auifi ferréeis 
que les bçxule» d^ette çaiffe, 11 ne 
fe peut péiiit faire d'ecàrs* au delà de 
Tenceintc de runivérs^ & c*eft une 
abfoluë neceflîte, que chaque por- 
tion de matière en ait toujours u- 
ne voiiîne dont elle (bit infiniment 
prés. 

On chercheroit en vain à éluder 
cette difficulté en fuppofant que les 
boules ne fe touchent pas » Envain » 
di'jct on les placera à quelque dis* 
tance lune de Tautre j Pendant que 
Ton iuppofera Tefpace qui les fepare 
parfaitement plein, la même dif- 
: I ficutc 



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^■7 




uigitizea Dy ^^3v^V7»i lv 



ficuké cevkndra tonidurs ^ ibtt qu^on 
le iuppofepteiacf autres bdu^es plus 
petites ) ou de Cuhea ^ ou de Tmn« 
gles , ou don mélange de^ Corps de 
diâFeremes figures 9 mais^ qui ne laiC* 
lêronc entr*eux; aucun kcervale 
vuide. 

Que deux Boules^ & JR fe tou* Fig:?. 
chent au poiqt c. Une trGÔficme D 
fc meut fuivant la dircâion EDF. 
Les deux Boules A ^ B .pourluj 
faire place s'écarteront & kur écart 
fera de la longueur ce ». avant que 
d*eflre de la longueur do œale au dl* 
amctre de la Bouie O^ Il fefera donc 
dabord un imervalc r^ qui ne feia 
rempli ni par la Eoule. j&> ni par 
aucune de fès parties. 
- Dira-t*onj // fè remplira par queh 
f«w unesdes^ parties qui compofoient /V- 
'Undu9 d% fiiangJe CarvlUguà fituc 
^ntfe les trtns Bmlis , A^ B»^ D. . 

Mais fi 00 fuppofe ce petit Trîaiv 
gle rempli de parties Spheriques, la 
même difficulté reviendra, Elletom- 
bc fiar une petite Boule m , tout 
conjme fur la gr®fieZ>. La fuppofiti* 
on d'un petit Triangle fch reéti- 
J/gne ou Curviligne ne lèvera point 
F tf la 



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I^t EeLAIItcrSSEMEKT 

la difficulté t Encre fa pointe c , & 
les deux Boutes, ^ ôc ^, Il y aura de 
^'intervalç , que la longueur gk ne 
remplira pas. Mais d'autres parties 
accourront fiûur le remplir? Détermi- 
nés en la figure & incontinent vous 
verres renaître l'embarras. Et il fe- 
ra impoflible de concevoir que, dés 
mouvemens pëlemëie, que des mou* 
vemens progreffifs s'exécutent, dans 
le plein* 

Les Partifans du Plein ont prcvii 
robjeâion & pour la prévenir ils ont 
fuppofé une matière dont les parties 
& les figures fufient d'une petiteflè 
indéterminée , c cft à dire 'que pour 
s'épargner l^embarras de fcntir une 
difficulté ^ui les incommodoit , ils 
ont fait abftraârion de la petiteflè & 
de la figure de tout autant de parties 
dont ils auoiem befoin pour fe repre* 
fenter des mouvemens progreffiè & 
des mouvemens pèle mêle* Mais ces 
parties dont on s'abfiient de deter« 
miner & la grofleur & les figures , 
ont très réellement chacune unegroC- 
feur & une figure déterminée , & 
c eft delà que dépend tout ce qu'on 
leur attribue de capacité^ à fe mou* 

voir 



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• SUR LB VuiDB. m 

voir 6c à remplis les jmenrales quiie' 
formeot entre left Corps qoedesdiott» 
vements feparent. 

On convient qu'il rfy a aucun Corps 
pi y à chaque inftant , nait fagroffiur 
^ yi figure , mais il en eft don$ ilferoit 
inutile , de la deterniiner^ parce que^ , 
D'INSTANT EN INSTANT, 
ils la cbas^nt faus fin & fans cejfe. 

Cela eft bientôt dit $ mais ceux . 
qui tiennent ce langage veulent 
bien ne s'apercevoir pas quils fuppo* 
fent précifément ce qui eft en Qutiftioft» 
LA POSSIBILITÉ DES IVIOU- 
VEMENS PROGRESSIFS & 
PELE MELE DANS LE 
PLEIN. 

Pour petit que foit un Corps, dés 
qu'il fecal&, il faut, pour le moins» 
que deux de Ces parties fe feparent , 
& fe meuvent , & fe portent vers de 
difibrens termes ^ Voila des mouve» 
mens progrcffifs 9 voila des parties 
qui s'avancent éc qui en fej>arent 
d'autres ; voilà des intervales ^ rem* 
plir^ Il faut avoir recours à de- nou- 
velles parties pour les y introduire* 
il faut de nouvelles dividonS) Celle» 
ci en demanderont d'antre i .&. 1> 
F 7 * uiê* 



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ir^ Ec£îiài;KGl»S.EB|BKT • 

mifime difliculré raaéSkm à Tiàfim, 
par ii ràfèmç np (àra jatnaîs tertni<>« 
née. 

D^aflleurs dès que Ton fait des 
conjeâuresy fi elles ne font pas d*u«^ 
ne nature à pouvoir Ce verifiier par 
Vcxpcriciïce, il faut du moins feren-^ 
drd- difficile, à admettre celles aux^ 
quelles elle paroïc contraire. La Na-^ 
ture au milieu de tant de diverQiés 
qu'elle étale , ne laiflepas de (éfoûtc- 
nir dans one unifonnité très con* 
fiante. Autant qu'on peut la fui- 
vre, OU' vofd qu'elle fait en petit 
ce qu'elle foit en gros & qu'elle eft 
partout femblâble à- elle- mêmer Or 
il eft conlknt que des mafles d'une 
groâeur médiocre fecsrfËnt plias aifé- 
oient que diss' petits brinsé U fembte 
i]^uil fauc cbepcbcr h première ori^^ 
^ine àc coaiiqe le fondemenc de U^ 
<iweté à» Corps vifibks , c^ns de 

rttîtes racine» qui s^accrocbeot hjnc 
Vautre. On peut par des fecoufifes 
irenîr a bout de defiinir ces liens qui 
^esaccrochoîent âc délire qu'ils cef^ 
ÛfM d^e c^mboittés roti' dans Taa* 
crc y Mais pour ces crodiets il y ^ 
«but apparence qu^( n^eftpas poifible 
'- •■ ' \ : de 



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^les oaiTcr. ' i Les premierea racines 
des Mi^s viables; fïA^û&cnt telles 
(fue k Créateur xiu monde les agites. 
Les prsncrpes^dcscbofês ne changent 
pohît &dc-la vient l'uniformité oon^- 
mntc qui fe vord dans la Nature 
Us /af&mbkm: dif&f emtnoit £c delà 
lesdtffevetïks^efpeces dei)//;i^/^x. Un 
coop qui tombe (br une de ces racî» 
nés., poufikir tes parties de la Rirfa«- 
ce qui les couvre , de la circonferen»» 
ce veïis le centre & vers l'intencur 
àe (^qur fbvme^qàe (biî? leur coiirbii- 
re^cecôiçdemieure^vrHefïèt^ quand 
nétîie ,cai.fuppofiOTiceé petite Corps 
voideb -da»]» kerr invcrieur , pourvA 
qitt ^ croûte^ lôu Tenvelope de ce 
vuidc hit fiD^de, car Jes partiel 
dans letqqeiiesi OA divifera cette et> 
▼elope y par ta penfi6e $1 rangées en 
forme de route' ^e foatienfdrom ^|Mii4 
iaxteiBGnt , parce qu'elicB ne pdu^ 
Tcdenc f'appr<$cber <lu^ centre , pKifc 
j^a'élks ne le font > fans fe peti9^ 
trer. - • - • , , .. ) 

5y Maïs dam qodi epibarrjis^ijiil Pbyi^^ 
9, fieicu^n^ fe tfttiveF^M)j>âis, déi 
^f qu'il aiiirâ *econu ihi vafle vtïP" 
» m 9: >daiis^'I«q¥tf) -k&^Q>]'p& ^l 
1 - . - 91 corn* 



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^3^ ECLAII[CISS1.MENT 

t, cotnpofcnt IHinivcrs mgrat Fort 
^ éloignés lès uns des autres. Corn- 
,, ment pourront ils iairc pafler 
„ leurs impreffions à travers un Efpa» 
9j ce , incapable d'aâion & par là 
9» incapable de (ervir de miUeu à 
^ transmettre les aâions de deux 
j. Corps qu'il fepare, & combien 
«I actualités acculm ûc fe trouvera- 
>, t on pas réduit de fubftituer à 
9> l'hypothefe du Plein. 

Ce font la de vaines allarmes. 
L'cxiftencc des: Mou vcmem progrcf- 
iît> • force à reconoitrccellc d'un Eft 
pace qui cfdc .parfeiteroenç , d'une 
Etend«è\ qui eft fans aucune fdlidi- 
téj mais il fuffit.dc xeconoitre en- 
tre les Corps des^intervalcs jauffi 
grands quil eft neceflairè pour la na^ 
iflance & pour la continuation de 
leurs Mouvemens. Q^'on fc figure 
un grand nombre de petits tourbil* 
ions femblables à cçluy qui cft mar» 
que p^r ^. Ces ToiirbiUojis fort 
compofés de petites parties qui tour* 
uent avec unfe gràhcte vitieflc àutous 
Fîg, 8..dc Içur centre. A travers un de ces 
tojurbillons que d'autres ^ qù de* 
^tendues fqiycR^ afoifitfcnt* en i 
* * & ea 



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SUR LE VUIDE IJ7 

Se en C les deux Corps D&cE pour* 
ront recevoir quelque imprcffionrun 
tle Tautrc % Si onç Vcffic , ou Von 
auroit foufflé dé Tair , occupoic la pla- 
ce du Tourbillon ^. il cft certain que 
les Corps D Se E agiroienc Pun fur 
i autre à travers de cette veffic. 

Une particule a eft pouflee de £Fig. 9. 
cnU, elle s'avancera en tournoyant, 
& obligera la particule c d'en faire 
autant s La particule e avancera en* 
corun4)eu ôc l'itnpreffion parviendra 
très promptement à la dernière f^ 
Une mafle folide peut travcrfer un 
Tourbillon & par là d*un il s*cn tcra 
deux. Des débris de plufieurs Te- 
{)aréspar les Corps qui les traverfent ,■ 
il s'en peut faire un feuL Si on fup* 
po(e encor qucntre les parties m oui 
s'étendent en longueur il y ait plu- 
fieurs petits globules oui tournoyent 
avec elles , un tourbillon plus grand 
fc trouvera compoflè de plufieurs pe- 
tits qui luy donneront de la force. 
Ces tourbillons feront entr'eux daos 
un elpece d*équilibre , fur tout û 
entre de plus grands on en conçoit 
de plus petits placés dans leurs in« 
tcrvalcs. Voyés Fig. 8. : I 

Des 



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l^ ^ ECLAICISSXMJSNT 

Dcs^ parties qui pour faire placç « 
un corps , qui traveriè Kefpace; „ oa 
çlles tournoyoîeQt ^ fo lonc . appro^ 
chées comme on les voit Figt icu Se 
ont changé leur tournoyement en vi- 
brations ) & de Tetat oU' on le^ void 
Fïg, 10, en -^ font pafTées à celui ouon, le void 
en JS » Ces parues dés cgxQ la corps 
qui les a écartées à droite &, à gau^ 
che& lésa obligées à.fa ferrer, àluy 
même travèrfé i'efpace ou elles ê^ 
toient, elles y accourent Se leurs vi: 
bradons devenant plus longues j par. 
là mefmc que rien n'y fait plus d'ob* 
Ûacla, cUcs^r^eneuL leur toumoy©- 
mcnt Se en rempliflant Tefeace q}i% 
ellc^. viennent âk quitter elles joig^^ 
nent leur force à celle du corps (a- 
lide qui les en avoir cbafTées, pour 
luy aider à produire le même eâèc 
fur celles quil rencontre immédiate* 
ment après. De Tendroit où tes par- 
ties font plu& ferrées Se fe heurtent , 
elles fc pouiTent Se fe por^nt du co-» 
té qui cède davantage Se où leur$ 
mouvemens fe font avec plus de facil- 
ité Se plus d'étendue. 
. Qu'on fe reprèfçnt^ un Pendule qui 
parcourt 30 dqgrés en defccndant^Sc 

au- 



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SUR LEr VuÎDB* |)j) 

autant ea remontant. Maïs après 
eftre reroomé de dix degrés il rencon^ 
i;re le plan paxfaicement élaftique B. 
Il le frappe avec une forée capable Fig. xi. 
de relever encor de vingt degrés, 
il en xft repoufle avec une force éga- 
fe* Il rebroiillc donc de ^. du coté 
de C tout cooune il auroic &it s'il 
avoit parcouru les xo degrés -5£, A- 
vcç cette force il en parcourt encor 
dîx. Le voilà donc en F en état de re« 
monter de trente degrés > Mais après 
cllre remonté de dix , il rencontre 
encor un Plan G élaftique cotmne le 
jprécedent» Dè$ là tes vibrations da 
Pendule ne feroiit^ que de zo degrés » 
tffît montée qua^defcentCj; Maischa* 
que moitié de. la vibration entière 
confervçra une force de 30 degrés y 
8c des que les plans feront ôtes les 
vibratj0i^ (è fefoQt dan§ la même 
étendfeë qu'aupai^Vânt. C efl: ainil 
que ees petits corp» qui nqgeqt dans 
le vuide & qui n']f décrivent plus 
qpe des Arcs « recommenceront à 
y décrire 4es aercles comme ils fai- 
/cuent auparavant, des qi|*ils fei^ont 
en iîberté ck (ê mettre w Urge £c 
d'/ ràerccr toute l(»r mobilité: Le« 

mou* 



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14© Eclaircissement 

mouvemens avec Iclqucls ces parties' 
fe repouflènt & s'empêchent récipro- 
quement dedécriredcplusgransArcs 
ont tout PefFet d*un Reflbrt. 

Les parties longues & folidcs qui 
tournoyent dans le vuide , & s'apro- 
chent pour faire place aut mafles qui 
doivent le traver fer, peuvent non feu- 
lement eftre plus ou moins creules , de 
même que les petites boules qui tour- 
noyent avec elles & contribuent à don- 
ner de la iorce aux tourbillons» de 
forte que la diflferenie denfité des li- 
quides ne doit pas feulement eftre 
imputée à la quantité du vuide que 
teiirs parties folides laiffènt entrelles 
ùîaîs de plus, (& c^eh eft peut eftre 
h principale caufe) à la quantité de 
▼uide que ces parties renferment fous 
leur furface. 

Si on me demande* Qu*e(|: ce que 
ée VUIDE dont vous prétende* d'a^ 
voir' établi l'ejciftepce 6c la rtcceffité 
pour fc mouvement, & dcmt vbus 
vous eftes encor hazardé à fegler la 
diftribution? Jufques ici tlesperfones 
très éclairées l'ont -rçgardc com^e u« 
ne chimère &C un vain aflcmblage 
d^ijces^^ incompatibtes. Je iN^pns 



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,, SUR IL.B.VUIDE. ; I4I 

que je. ferai auffi du même avis, dés 
que pair le terme de ^«/V^ on entendra 
un Efp(ue qui n"^ rien y car dire que 
le /^«/^^ n'eft rien j ccA dire fuilnefi 
pas. Qui dit Etendue dit aiTurément 
quelque chofe , Tldée de TEtenduë 
cft une Idée ires réelle & qui repre- 
fente y un objet très réel , Ceft donc 
manifeflçment /J contredire que de fup- 
pofer une Etendue qui ne foit rien. 
Ceft une enchainurc de contradiétions 
que d'ajoutei-. Qu'un Efpace , c cft à 
dire, qu'un ^/>/ieft plus grand ou plus 
petit qu*un autre. Que quand trois 
corps font différemment éloignés il y 
a plus de rien ou il y a un rien plus 
long entre le premier 8c le fécond , 

?u*entre le fécond & le troifiéme. 
iu'un corps qui fe meut parcourt fuc- 
ceffivement un grand rien , applique 
fucceffivcment fa furface aut différen- 
tes parties du Rien. Qu'un corps 
remplit un Efpace c'eft à dire un ^/>» 
cgal en étendue^ faTolidité & qui 
a la même mefuré. 

Qu'eft ce donc que le Vuide , s*il 
n*eft ni un Rien% ni un Corps ni un 
^/prit ôcune fubftancequipenfe? Jc^ 
répons qatc c& -une fubjtance étendue 



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I4Ï ECLAÎRCÎSSSMËMT 

Ci? penhtrabtet c'eft à dire une EtetP-^ 
duc qui eft JUbftance 6f parfaitement 
cédante dcftituée de toute folidité^ 
Par la même elle eft Immobile^ car 
fî on fuppofoic qu*elie fé remuât , il 
faudroit fuppofer en même tems un 
autre efpace qu'elle parcourut & dans* 
lequel elle exerceat fcs mouvemens ? 
De plus comment pourroît-èlle quit- 
ter (à jplace? Elle eft elle même, fa 
place oc fon e(pace 8c elle ne fçauroit 
fe quitter 8c s'abandoner elle même? 
Infiniment penetrable 8c cédante elle 
ne fçauroit rien poufler ni déplacer. 
J*ay 9 les idées d^Etre , de fub' 
fiance 9 de Mode d^Etat , de manière 
d^eftrej de Penfêe^ ou d'Acte qui fe 
fent , d'Etendue , d'étendue Solide à^é^ 
tendue Peneirable. j'ay toutes tes 
idées , je les fens , j'en fuis convaincu 1 
mais elles font d'une- telle fimpUcité 
que je ne puis les expliquer par d^au- 
très; Tout ce que je puis faire c'eft 
d'amener ceux qUi n'y ont pas fait 
d'attention à y pènfer 8c à les faire 
naître dans leur efprit , par le moy« 
en de certains difcoùrs que je leur tien* 
drai 8c de certains points de vue ou 
je les placeray» ' " ' ^ 

Cet- 



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strit Lfi Vu ri^B. 14 j 

Cette Etendue que^j'ilppelle £)^(f- 
r?, Cette fitcnduc peactrableeftunc 
fiiblhnce , trar die a fon exiftcnce à 
part , Elle eft difFcrcntfc de PEten- 
due folide^ & de tout autre elbe. 
L'une eft y5//e?/A?& l'autre Penetrabi- 
Hté, Avant x]uc Dieu Peut créé^ el- 
le n'etoit pas , non plus que l'Eten- 
du tfolide : 11 en a vu la neccffité , par 
la même qu'il avoit Tcfolu de créer 
des Blocs d'érenduëfolide, auxquels 
il donneroit divers mouvemens. 

Je ne confons point cette Etendue 
penetmble avec fimmenfité de Dieu, 
c'cjft à dire avec Dieu luy même, je 
ne vois abfolutnent goûte dans cette 
fuppofition & là où je ne vois goutc 
& où je ne puis me former d'idée , 
Je me fuis fait une Loy de me taire. 
Je ne fuis pas moins éloigne de pen- ' 
fer que l'Eipace eft éternel 6c éter- 
nellement occupé par TEftre divin , 
car Dieu n'abefoindexjudique cefbit 
dîflFerenc de luy même : Qu'on m'- 
explique diftinctement quel eft le rap-» 
port des Ecrits, des Etres quifenjentj 
avec le Lieu » avec la fubftânce éten- 
due, alors il me (fera facile d*ajouter 
de quelle miiiicre pieu eft dans tous 

k$ 



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144 ECLAIRCISSBMEIÏT 

les lieux. En attendant je me bor- 
neray à penfer que Dieu étant TEtre 
infini à tous égards » il fuit de là que 
dans le fen^ que Dieu tfk dans^na 
lieu , il efl: dans tous les autres > que 
dans le iens qu'il eft préfent à un 
corps 9 il eft aufiî préfent à tous les 
corps. 

Si l'on accorde, comme quelques 
Metaphyficiens le prétendent, que 
quand on dit une Ame eft dans un 
corps y cela fignifie une Ame agit fur 
fon corps, elle eii a l'idée auffi pré- 
fente que ridee d'elle même , que 
ridée & le feqtiment de fà propre; 
penfçe: il en faudra conclurrc que fi 
elle conduifoit également plus d'un 
corps & qu'elle en eut les idées éga- 
lement préfentes , lès regardât com- 
me Cens, & agit fur eux immédiate- 
ment, elle fe confidereroit comme 
{)lacée dans ces corps ; & c'ell ainfi que, 
'Ame d'un homme fe croit égale- 
ment prèfente àfes pieds, à fesbras, 
^àtoutes les parties dèfon corps , en un 
mot, dont Tidée ne luy eft pas moins 
prefehte , & ne s'offre pas à elle avec 
moin^de vivacîté,que les fentimens qui 
Toccupent dabord après les imprcflî; 

* ons 



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PRUICIPE LA NaT. Sec. t^f 

ons qui fe font faites fur ces par«. 
ties. 

Je natlegae point c^te hypothefe 
comme la- feule vraye , il me fuffit 
qu'elle foit concevable ^ afin d'en 
conclure , que dç ridcc d*une certai- 
ne relation de ce qui penfe avec ua 
corps & avec le place d'un corps , on 
peut pafler à fe reprcfenter en quel 
îêns &: de quelle manière un Etre qui 
penfe» fans difFution de la fubftance, 
fans aucun mouvement local. Se fans 
avoir befoin d'cftre écçndu, pcutcf- 
tre prèfent à plus d'un corps 8c (e 
regarder comme placé dans plus 
d'un endroit. Il eft naturel de pen« 
fer que la vraye hypothefe > diltinâe- 
ment cbnuë • répàndroit un tout au* 
tre jour fur cette matière , qu'une 
hypothefe imparfaite , ou une hypo* 
thefe imaginée » qu on n'eft pas en 
état d'apuyerpar des preuves démon* 
flrarives , ôc qui na tout au plus pour 
elle, qu'une médiocre vraifemblance > 
une apparente poffibilitp. 



IL ECLAIR- 

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t^lS EcUA'mCISSBMÎÎtïT 

il. ECLAIRCISSEMENT ; 
éUR LA REACTION. 

I. 

ON â trôtrvé (^ae M- Des Cartel 
fetdit trompé pour njlvolr pasèjra- 
'-^''^ tniné d'afrer'prés fi le Repos tcûÛc 
vtle^^' au mouvement. • Je dirai enpcu de 
pas de taotS ce que je penfe fur cette Que-ï 
rcfiftan- ftioti. Quand j*arrefte mon atren* 
ce & tion fur une portion d'étchduë , fur 
n'^P^s jjj^ IjIqç ^^ matière, fur un corçs en 
^Q^^*^* Particulier. Je le conçois ûzué ehi 
* trê daùtre^ , Se je conçois de même 
que fa fituation peut durer telle 
quelle eft, & qu^ellc peut auffi etvc 
changée : ce corps eft également fuf^ 
teptible de l'un 8c delauire de cts E* 
tats. On donne a l'un le Nom deiî^- 
^os. Et a lautre celuy de Mûùve* 
ment. Or fi le Mouvement eft uà 
Etat auffi conforme a k nature du 
torps , que celuy de Repos. On ne 
doit concevoir dans un corps «n re- 
pos aucune répugnance à cftre mis 
en mouvement 5 A la vérité un corps 
en repos ne fe mettra pas deliiy mê- 
me en mouvement , car chaque corps 

cfl: 



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SUE 1.S VviDE* f4jr 

cft detcrimnè a '<]emciMrer dans PEut 
ou il fecrouve juiqucs a ceque quel« 
que cauic e:^terieuie len tire. Mais 
quand un corps en repos y fera pouf« 
K par un Mobile, il cédera 41 Ton 
mouvement fans répugnance > car il ny 
a rien dans la nature du corp qui s*op« 
pofeau mouvement plutôt qu'au repos* 
Aucun corps ne fe connoic ^ il ne 
connoit aucun de fes Etats , il nea 
t aucun fentiment, âc à cet égard ils 
luy font tous très indifferenSt il eft 
incapable & d'inclination Se de re« 
pugnance. Mais on dit qu'un corp:^ 
répugne a devenir ce qu'on nepeut pas 
dire , qu'il ^devienne fans tomber en 
contradiction, & c'eft en ce fens 
qu'on dit. qu'un corps répugne a ê* 
tre pénétré par un autre. On par- 
leroii plus exa6lemcnt.fi Ion fe con- 
tentoit de dire , qu'un corps eu im- 
pénétrable, & plus nettement enco- 
re &plus précifement fi l'on diloit qu il 
implique contradiftion % qu'un pied 
cube très folide reçoive tellemenc 
dans l'enceinte de fa furface , un 
autre pied cube également folide , 
que tous deux fe trouvent renfer- 
mes 4ans les mêmes bornes qui ep 
G i ter* 



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t^S ECLAIR GÎSSEMENT 

tcrminoient un Icul ^ de manière qu'un 
pied cube (eroit deux pieds, & que 
deux n'en feroicnt qu'un. 

Un pied cube folide eft donc de* 
termine par fa nature a être un pied 
cube, & non deux pieds, il eft dé- 
terminé a nécre pas pénétré. Dams 
l'hypotefe du vuide , on diroit » il 
eft déterminé a écre Étendue folide, 
& non étendue fpatiale* Ce n'éft 
point par TefFct de je ne fcay quelle 
répugnance Tecrette, & par quelque 
effort qu'un corps face pourfyoppo- 
1er qu'un autre ne le pénètre pas 3 
cela ne fe peut. Mais quand on par- 
le d'une telle pénétration comme pof- 
£ble> on afTemble des termes qui, par 
la même qu'ils fontaflemblés, neusj- 
nifient rien, & ne fcauroient fonder 
une affirmation. 

Je dis de même qu'il implique con* 
tradition qu'un corps ait du mou- 
vement, ou foit en mouvement, & 
nefe meuve pas* 11 implique de même 
contradiétion qu'il fe meuve fans 
pouffer ceux qu'il rencontre : Il im- 
^ plique contradiâion qu'il change de 
place & ne déplace pas. Je dis donc 
que le Mouvement a une force, ou 

quil 



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SUR LA Réaction. 14^ 

qu'il eft luy même une aRivité en 
vertu de laqu'elle» il ne s'arreftepast 
défqu'il rencontre en chemin un corps 
eh repos, ou un corps qui ait moins 
de mouvement. Le mouvement ne 
fcauroit produire les effets auxquels 
il efl: deftiné, & qui font les fuitces 
de fa nature » s*il étoit arrefté tout 
court par le repos. 

Le mouvement étant de fa nature 
un àat aftifî par la même qu'il ex* 
ifte , & quil eft mouvenoent, il fe 
trouve déterminé a furmonter lesob- 
fiacles, a ne pas céder, a s'oppofer 
a ce qui tend à le faire ceflêr. Mais 
pour ce qui eft du Repos% quand mé* 
me on ne le mettra point a rang des 
Cmples Négations. Quand même on 
le concevra comme une manière d'ê^ 
tre tTCsrédUj toujours n eft il point 
un Etat aSif, Le corps de fa natu- 
re eft un eftrc Uniquement paflîf , Se 
qui ne devient aâif que par le mou- 
vement qui luy furvient, qu'il ne fe 
donne point , & qu'il reçoit d'ail- 
leurs. 

Mais puifque c*eft fur les corps en 
repos que le mouvement doit pro- 
duire fou effet, & exercer fon aâi- 
G $ vi" 



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îfO EcLAlRClSSEMPÎfT 

vite , il faut que les corps en repos 
luy cèdent, car a quoy bon y fup- 
pofer une répugnance quis'oppoâ;* 
roit directement au but pour lequel 
le mouvement a été établi? Ajoutons 
qu*bn ne fcauroit fe former aucune 
idée de cette répugnance, & que plus 
on y penfe moins on conçoit que le 
Repos foit un Etat aûif. 

Quand iî s'agit de déplacer un corps 
en repos , il le trouve fouveni qu*dn 
ne peut le faire, fans furmonter lare- 
fiftance des mouvements qui tendent 
a le faire demeurer là où il fe trouve. 
Comme ces mouvements ont pour 
fuiet des particules tnviiiëles) on eft 
venu 'à attribuer aux corps en repos 
tine oppofîtion qui n'cft duc qu'aux 
mouvements de ceux qui Tcnvî^ 
ronnent. Cela eft trop clair & trop 
connu pour fy arrefter. Quand un 
corps cil fufpendu , quoy que fort 
gros, il eft ajfé deluy donner tant 
foit peu de mouvement , parceque 
ce mouvement n'eflt fuivi que d*unc 
montée infenfible v Mais pour peu 
que croiflc l*arc qu'on luy fait décri- 
re, on éprouve la refiftance de seau- 
fcs de la pefanteur , c'eft adiré des eau- 

fcs 



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SUR LA RbACTIOH- Ifl 

Tes qui déterminent a defcendre les 
corps quon appelle pcfants. 

Et quand même un corps feroic tel* 
Icment fuué , & qu'il fe trouvctoiç 
poufle fuivant une telle direâion que 
pour le faire paflcr dcTétat de repos, 
accluy de mouvement, iltfyaurpit 
a vaincre l'oppcfition d*aucun mour 
vemcnt contraire , n^antmoins.com- 
me la yitefle du brasi que le poufle» 
roit, diminucroit à mefure quilaMaf- 
fc pouflec feroit groflc, cette dimi- 
nution de viteflc fcroit accompagnée 
d'un certain fentiment incommode, 
& fi on vouloit que cette vitefle nç 
diminuât point, la tenfion de fibref 
fui d^vkndroit plus roide feroit en^ 
cor f^iviç d*m ^uveau feptimeni 
peniblç} qui fcrpirii^^g^ner > dans 
le corps pouffé, une certaine repug-» 
nance ^ avancer, qne je nç Icay 
quelle fermeté aâive à ne fortir pas 
de rét^c de repos , Mais ce font U 
4^^ illufions, éc des reftes d'Ënfan^ 
ce, Prpduir« du mouvcpcnt c'efli 
produire un Etat très aâif ; Pour 
Vn tel effet, il faut de ladivité, il 
£iut du mouvement, & à proporti- 
on qu'il s'ep excite djms nos mufcles, 
4 proportion que leurs fibres font tea* 



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tfi EctÀiACrSSEMGNT 

dues , nous éprouvons de certains 
fcntimcmsî Ces fentimens font l'ef- 
fet non d^une refiftance & d une ré- 
aftion dans le corps entepos, Mais 
d*un mouvement qui s'excite dans le 
nôtre , & qui y eft ncceflaire pour fer- 
vir enfuitte à ébranler de groBcs 
Tïiafles avec une certaine viteflc. 
OnE.' 1 1. ON a encor imaginé, dans les 
claircic corps en rêpôs, 8c on leur a attribué 
™- ^ne certaine REACTION. On a 

la^reac-^^"^^^^^'"'^^ Eau tranquille agiffbit 
tioD. "^ur un battcau, que le Vent ou les 
•Rames ont mis en mouvement de la 
taême manière qu'agiroit upeeau cou- 
rante fur un bateau en repos, au cas 
que TEau coulât contre ce fécond 
bateau avec une vîtefle égale a celle 
que le vent , ou les rames impriment 
au premier. Ceft ainfi encor dit-on, 
que TEau tranquille, du baflîn d'une 
fontaine aplatit la baie qu^on tire con- 
trelle tout comme un marteau en 
mouvement applatiroit une bâlc en 
repos fur laquelle fon coup tomberoit. 
Si ceux qui parlent ainfi prétendent 
fimplement qu'il fe produit des effets 
tout femblables dans Tun âcdansTau- 
irc de ces x:as, qu'il arrive, dis je ^ 
* la 



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SUR LA RCACTIOU. IJ} 

la même chofe que fî le corps, en 
repos , ou dont le mouvement plus 
fbible eft regardé comme une efpece , 
de repos, agifToit p^TréaUhny jere* 
connofS de la vérité dans ce qu'ils di- 
fent, & dans les faits qu'ils pofent. 
Mais il me paroit , quiU ne s'expri- 
ment pas éxa&emenc « & que ce lan- 
gage pourroitjetter dans Terreur ceux 
qui ne Texpliqueroient pas bien. 

Je jette une baie de plomb contre 
un pavé ) elle s'aplatit 9 une boule 
d'Argile molle s'aplatiroit encor pluSf 
car elle s*aplatit même a la rencon- 
tre d'une autre boule quelle, met en 
mouvement. A quelle caqfe faut il 
attribuer cet effet ? Eft ce au mou^ 
ffement même de la boule qui poufTe 
jSc qui agit, oq a la réaSion de celle 
qui eft pouflee, Sc qui, à un certain 
égard» au moins» paroit amplement 
paifivef Ceft ce qu'il faut examiner. 
- Çuaivi un pied cube fe meut & 
décrit, par es;emple une toife, cha- 
cun de fes 17x8* pouces cubes femeut 
auffi, 6c parcourt lalongueur d'une 
toife, & a precifément autant de vi- 
teflè, autant de mouvement qu'il au» 
roit, s'il fe mouvoit feparément* 

G f Si 



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rf4 Eclaircissement 

- Si cçtte Mafle eft par&itement fb- 
lide y toutes fes parties agiront en mé^ 
me temps, 6c feront leurimpreflion, 
dans le même inftant , fur un corps 
en repos qui le trouvera fur le pafla» 
ge de la Maflc qu*ellcscompofcnt. 

Mais fi cette Mafie eli poreufe & 
compolée de parties qui , fans fe dé* 
gager les unes des autres, peuvent 
tourner lune amour de Tautre » à peu 
prés comme les -Aneaux d'une chainej 
les parties qui fe trouvent fituecs fur 
la Surface antérieure de cette mafle 
en mouvement agiront les premières 
fur le corps qu'elles rencontreront, 
& leur aétion fera fuivie de Timpul- 
fion des autres ftjcceflivement, ju(^ 
ques à celles de la face pofterieure* 
Cette fucceffion d*impul fions fe fera 
très rapidement, mais toujours ce fe* 
ra une (ucceflion , puifque , par la 
flianiere dont on les iuppofe fituées , 
elles peuvent agir feparcment & plu- 
toit les unes que les autres* 

Quand un corps en poufle un au- 
tre, c*eft une neccffité que fa vitefle 
diminue àproportion du mouvement 
qu'il donne a Tautre, carde la maffc 
qui poufle, & de celle qui eft pou(^' 

fée 



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SVK JLA ILeaCTIOK. Iff 

(ée n fe fut un (êul Uoc^ un feul 
tout, & ce^ouveau tout ne doit pas 
avoir phis de mouvement, qu^il n'y 
en avoit <kns le mobile qui a poufio 
& a ébranlé Tautre, car d'où vién* 
droit ce furcroit ? Puis donc que le 
mouvement ne doit pas croître , il 
fskut que la vitefle diminue à mefure 
que la mafle devient plur grande. 

Cela po(é; Les premières parties 
du corps mol , ont déjà perdu de leur 
viteflê, & fe meuvent phis lentement» 
lorfque les fuivantes continuent à a* 
vançer comme elles faifoienr. Cela 
détermine ces premières parties faci» 
les à ployer, détermine ces premiers 
anneaux à tournoyer & a (c replier 
en arrière. Même chofe arrive, d*a- 
bord après, aux fécondes prties , ÔC 
aux féconds anneaux , Scamii fucce(^ 
fivemcnt. 

La matière encor qui rempliflbit 
ks pores du corps mol, matière qui 
peut très aifément s*dn cchaper, ôc 
a qui le premier ébranlement eft une 
occafion dcs'écbapcr, facUitel^étre- 
ciflement des pores en les quittant^ 
car alors le liquide environnant aide 
a iprdcher ks parois 4c ce^pore , qui 
G 6 vient 



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Ifd EciuAlRCISSEMEtlt 

vient, d'être abandonné p^r lamatîcfc 
qui le reaipHflbjt, pu plutoft le Uqui* 
de environnant étrecit le pore f &en 
aproche. les parois à mefure que la 
matière qui le rcmplifToit en fort, 
par la fecoufle qu'elle vient de reçe* 
voir. ,Ceft donc dans le mouvement 
même dû^corps mol qui frappe , qu'- 
on trouve la caufe véritable & réel- 
le-) de ce changement de figure, 
qu'on n'cft pas tonde d'attribuer à la 
rcaûion de la mafle, qui étoit en re- 
pos, ôc qui paffe de cet état, à ce- 
luy de mouvement. 

Quand un bateau eft poufle & dé- 
terminé a avancer par des rameurs t 
on par le vent, il rencontre des par- 
ties qui ne fe meuvent pas dans le mê- 
me fens que luy. Et celles là même 
qui vont du même côté, ne s*y por- 
tent pas fi vite: Il faut donc qu'il 
augmente le mouvement des parties 
de l'Eau qu'il trouve fur fon pailaoe 
Xje laifle àpart la neceflSté d'en fou- 
lever quelques unes , d'en dégager 
d'autres & de rompre leurs liaifons : 
Je ne dis rien encor de l'effet des fro- 
temens) Par la; la viteflie decebîi* 
teau fe rallentit dans le fens, Se 'dans 
.■- ■ / V. * la 



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SXTR LA RbACTIOK. I^ 

la direâion , fuivant laquelle il eft 
obligé de poûflèr avant luy une cer* 
taine quantité d'eau, &d*ajoûterune 
certaine quantité de mouvement a 
celle qu'elle avoit déjà. Or quand 
un mouvement diminue, en uncer« 
tain fens. Se fuivant une certaine di« 
reâion à quelque caufè que fe rap« 
porte cette diminution > le mobile e- 
prouve quelque chofe de femblable à 
ce qui luy arriveroit, s'il ctoit retiré 
en arrière, & fuivant cette direâion 
par un mouvement contraire au fien. 

Si donc par la riaSlion du Repos on 
fe contente d'entendre un certain ef- 
fet qui fe produit dans le mobile , un 
certain état, une certaine modifica^ 
tion qui luy furvient toute femblable 
a celle que le repos y feroit naitre 
par une réaâion, s'il etoit capable 
d'aâion, s'il etoit en état aétif, je 
ne me rendrai difficile fur ces mots, 
& je ne refuferai pas de mén fervii; 
avec ceux qui les aiment* Se qui le^ 
trouvent commodes y Mais je les ex- 
pliquerai dans le fens que je viens de 
leur donner* 

Le corps frapant ne fe meut pas» 

après le choc aufli vite quil fàifoit 

G 7 avant 



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TfS Eclaircissement 

avant le choc, non à caufe d'une ré- 
pugnance que le corps en repos eue 
a fc mouvoir , & d'une réaftion qu'il 
luy ait oppoféej Mais parceque tel- 
le eft la nature du triouvement, que 
pour fubfitter en quantité égale, il 
faut neceflâirement que la viteflc di- 
minue a proportion que la MafTe aug- 
mente. 
Emba- III. CEUX qui fuppofent dans un 
ras de corps en repos une certaine refiftan- 
Lhypo-cc a recevoir du mouvement, &qui 
^"?^®^ mettent cette refiftance en parallèle 
mlwe* *^^ l'eflbrt d'un corps en mouvc* 
delà ment pour pouflcr celuy qu'il ren* 
rcfiftan- contre en repos , & pour Tcntrai- 
ccaa ner avec luy , conviennent qu'une 
repos, pl^5 grande Maflc forcera une plus 

J petite à céder à (on mouvement i Ils 
ont un peu embaraflés à décider fur 
Teffet du choc d'un mobile qui tom« 
be fur un corps en repos de même 
poids que hiy j Mais ils n'hcfîcent 
J)oint à dirfc qu'une mafle en mouvc- 
Inent ne fçauroit tirer de l'état dé 
repos une maffe plus grofTe, & d'it* 
ne égale foliditc à moins quelecboe 
de k ^aflc en mouvement ne foit 
fortifié par quelque autre caufe» teh* 
^. ' - le 



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snR LA Rbaction. Ifp 

le qu cft le plus fourent » Kaâion du 
liquide où (e fait le clfoc. 

On convient donc quHin corps de 
trois livres mettra en mouvement un 
corps de deux livre». Que ce corps 
de ^. livres ait parcouru x. toifes , 
dans une minute , Ion mouvement 
fera de 6. degrés, & avec le diou^ 
vement il aura la force d'entrainerâ- 
vec luy le corps de deux livres, De 
6. degrés il ^^h Mafle de z. livres 
en prendra ^ & il en reliera -/ a la 
maâe de ^. livres. 

Suppofons après cela un corps d'u- 
ne livre qui ait parcouru 6. tôifes» 
âuffi dans une minute } fou mouve- 
ment fera égal a celuy des ^ livitt| 
car appelons le corps d'une tiVre D. 
& les trois livres de Pautre <it*t^ 
la livre a qui ne fait que i toifes, n'a 
que le tiers du mouveinent qui fe 
trouve dans la livre Z). la qu^eUe par- 
court 6 toifes dans le même temps, 
îen dis de même de * & de f. DôtiC 
le mouvement de «tf*, eft égal àu« 
i du mouvement de D. & le mouvez 
ment de a^fb fr, eft égal aux j j tc& 
âdfre eft égal au mouvement ebikt 
de k Maffe D. 



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l60 EetiAIRClSSEMEKT 

Là où les tnouvemens font égaux» 
les forces font égales ; donc fi Tua 
de ces roobilea faic pafler la boule de 
deux livres de Técac de reposaceluy 
de mouvement, lautre aura auffi 
cette puiflance. 

La vicefle des ^ livres , après le 
choc des }. eft de f car ceft la quan- 
tité du mouvement divifée par la maA 
fc; 8c*a livres avec f de viteflc ont 
-7 de mouvement. 

La vitefle des z livres t après le 
choc de la livre feule fera de | ~ Y 
& fon mouvement fera de '^z=l 7- 
. La petite maffe produit plus d cf» 
fet <jue la grandes Mais il ne fayc 
j^ s'en- étonner , elle perd plus de 
fon mouvement car de 6 degrés Tn 
V • la grande s'en confcrve -^ & en 
donne •- aulieu que la petite n*enrer 
Xkm que y & en donne -^ . 

Ce raifonnçraeqt eft fondé fur I^ 
fuppofition que la Force du moi^vc-- 
mentrépoqd précifémentàf^ Qi^an* 
tité j C eft uqe vérité qu'il faudra en- 
cçrctablin 

Voici, à ce qu'il me paroît , ce 
qu on a allégué^ de plus (pecieux eo 
âveur de la Réââion. On RCrocfac 
?: ' runc 



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S0R LA RsACttOK. ïtft 

1 une des extrémités d'une corde i 
un Roc, Se l'autre à uii cilindre pla- 
cé dans un vatiTeau ^ On fait tourner 
ce Cilindre par des bras de Levier fic 
la corde fe roule fur fa Circonféren- 
ce. Par le moyen de cette manoeu- 
vre le vaifleau s'aproche du Roc a» 
vec la même vitcflci que fi le cilin- 
dre étant affermi fur le Roc, Vextre* 
mité de la corde qu'on y a accrochée 
étoit liée au vaifleau. D^oîi vient ce- 
la, dit on, fî ce n'eft de laRéaôi- 
on? Le Roc tiré, par le vaifl!eau, 
le tire à fon tour, avec un pareil de* 
gré de force. 

Si le Roc étoit lùy mdmeen mou- 
vement du côté du vaifl^eau » il ne re« 
iîfteroit point. Sa refiftance vient 
donc de fon Repos. Mais ce Repos 
n'eft rien. Comment donc la force 
de ce Repos qui n*eft rien, & qui à 
caufe de cela eft û^ctée Force d'Iner^ 
tu fe trouveroitclle équivalente à la 
force d*un très grand mômbre de Li- 
vres? Voilà déjà une difficulté très 
grande, & qui nous invite à cher<^ 
cher une autre folution. 

fe remarque donc !•• Qu'un corps 
qui paroit tiré , & que le vulgaire 

croit 



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croit tiré« c^ ùffoÇtiytj^cxn popfTé, 
Vn chev^ pQuflè les bandes guifoM 
«ppliquéçsj fwr Gi'poitrinc* Cj^B^d^ 
4cs pouiTenilç noeud de h cprdequi 
i^ iravef fe. ^Toute cc;tc cjtirde fci 
Gieuc 2c s'avance, Sç par c^ i9oy.of% 
(on noeud pofterieur pooflfe la piéco 
d/8 boi» derrière laquelle il eil. 

C'eit donc ain^ ^^« que la c<3^de » 
de Texemple allçguç poufle Iç croc 
qui cft CQgagé datif le Roc ^ La du<i 
reté de ce croc Se cellç du Roc fon^ 
cauiès que ni l'un, ni l'autre, neçe^ 
de à la corde* Ces cfFets oe foni 
point dûs au (impie Repas^ inai$ aux 
c^ufei de la i>4tfrf // q^i eu font très 
difiêreittQ^ Se qui((bQU^utaHtrçtQço( 
aôîves. 

Cependant jo, le ÇiHndr^ conti^ 
nuë à tourner dons le vaifTe^) Parl^ 
la corde s'accourcit & c'eft qne no^ 
ceiTué que le Roc »*approchc du 
vaiÛeau , ou que le vaiffçau s'appro^ 
cbe du Rocr De ces deux eâPets Iç 
plus aifé fe produit , préferab'cmeçç 
a celuy qui, dan^cecas^ ftrpafliçlw 
forces mifes ço oeuvre» • . ; 

jo* Cevaiflaau9*approcbQda^Roc> 
par reffct dHine,veçitablc:Wpulfîon 

& le 



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Strit VA R&ACTIQH. It) 

& le pli de la corde» qui eft derrié» 
re le Cilindre , potifle ce Ciliodre 
& avec luy le vai&w apquel il efl 
joint. 

4** Quand uciQ corde paflefiirdeu]! 
Poulies arrêtées for deuK piliers fixes, 
à quelque diftance l'un de l'autre «8c 
qu'a chacune de ies extrémités fone 
attachés des poids. -Ces. poids font 
équilibre eotr'eux» & avec untroifi^ 
éme fufpendu à la.cordc entre les deux 
poulies* 

f •• On démontre que la feule Pe* 
fantcur de la corde tient litu d'un 
poids 9 qui (ëroit fufpendu au milieu 
aune ligne &ns pefaïueurt & cel^ 
cft fi vray que la feule pcfanteur d^ 
la corde la tient toujours ployéc, 8c 
à pour cela une fi grande force quç 
iquelques grands que foyentiespoKls, 
attachés aux deux bouts de la cordf 
repliée fur 1» poulies • ils ne fcau* 
roient la tendre parfaitement en ligne 
droite^ fa feule ^pcfanteur ^ dansc^f^ 
le fituation, fcroit toujours en cqui* 
libre avec les deux poids j lien fcroit 
de même, s'il n'y avoit qu'un poids 
d'uo côté & que de l'autre la corde 
fat acrochée à un corps fixe £c im- 

mo* 



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t64 Êoii AiRClSSBMENr 

mobile^ Ce font des vérités conucs 
Se hors de contefta(ion* 

«•• Ceft donc cette pcûntcor de 
la corde qui devient elle même une 
troiCème Machine; Ceft fonf rcffibrt 
vigoureux , à proportion qu'elle eft 
tendues* ce font là les véritables eau-? 
fcs qui agiflent contre le Cilihdre & 
contre le vaiflèaut & qui , dans le 
cas où la covde eft de côté & d'au-^ 
rre acr^cbéc-à4es vaîffcaux , IcspouC* 
fcnt & les font avancer, avec desvi-* 
telfes réciproquement proportionel- 
les à leurs Madès» 

Quand on conoitra diftrnâement 
le fyftéme de l'Aiman j peut-cttre fe 
tonvaincra»t-on , que deux impulfi* 
6ns les. pouftênt Pun contre Tautrc, 
Se pourquoy ne feroit'on pas auflî fa^ 
cile à fuppofer deux caufès Impulfives 
non encore conucs que deux At* 
iradlions dont on n'a pas d'idée- 

Mais fuppoTons ces Attraébiona , Lt 
Réaârion n'en fera pas une (iiite. 
Chaque A iman attirera par une For* 
ce qui luy eft propre Se fera attiré de 
Tautre par une Force de même nature 
qui reudera auffi en luy: Chacune 
produira Ion effet, fans Iclecottrsde 

la 



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%VK t»-A Rbaotioi^. I6f 

UJ3iéa&ian.l Onprutciter cesxat) 
comme des Exemples d'uoc Réaâion 
qu'on (uppofe tenirJa place d'une autre 
caule , & û eilemêmen'eft pas réelle , 
on luy attribue les forces de cette eau- 
fe & fur ce fondement onbatîc des 
calculs dom la cooclufîon eft juftct 
Ces hypochclca font fréquentes chés 
les MathemaeicknSf & elles ont cela 
de commode que la vérité des calculs 
devient , par U , indépendante de tout 
fyftcoie^ & s'appliquera, d'elle mê- 
me ^uvray, des qu'il fera trouvé & 
démontré. 



III. ECLAIRCISSEMENT 

SUR LA FORCE, DU 

MOUVEMENT. 

LE mouvement étant eflcntiélle- ce du 
ment un Etat fucccffif» c'eft une mouvc- 
ncceffité qu'il puiflc être plus ou moins ment ne 
fucccffif fans aucunes bornes. ^^^^[^^ 
mou^vement étant TËtat d'un torps, çjjgj^'' 
qui parcourt fèc qui change de fitu* ment de 
atiorf » & le même corps pouvant fa quan- 

plus tite. 



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tôt Eci^r&GXS&CMBNT 

pkiicKiinoim (mrcourif, pfos ouéimiiÉ 
cbanger de ûniacion îc mouvcmeot 
êft tiecefllûreinenC) Ôc p^ fa nature» 
une ^û^ntité^ Se coroine la quantité 
bu la itiafle d'un corps , c^eftcecorpc 
ïnêmc, au(fî la ^uataité de mouvc-^ 
ment le plus ou le moins de fticcefr 
fion Se de changement de fituation 9 
e'eft 4e iBêuvemtfU même. 

Le mouvement eft létat d'un corps 
^j fe meut, ôc cet Ëcat • c*eft le 
corps même exiftant d*unc certain 
ne manière. Sa Mafle ceft luy mê* 
me qui décrit un chemin phis 00 
moins long 1 Et c'eft par là unique« 
mcnt par Ta MafTc, dis je, Sclalon* 
gueur. de fon chemin qu'on juge<l€ 
la quantité. 

Si la Sluantité^ c'eftàdire, le plus 
ou le moins de mouvement , & 
Mouvement y c'eft la même cbofe, la 
Force du mouvement qui n'eft pas non 
plus quelque chofe de diftinâ: du nnot|^ 
vcmcnt même, feroit elle diftinéie 
de fa Quantité qui fe confond avec 
luy? 

Jedis^que la f^^riC? du mou vcmcnt» 
& le Mùwoement mêoïenejomqu'u^ 
ne mime cbofe 5 Car par où juge- t-oa 

de 



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^k fcA Fb*c* &tr itfy 
de f& &H»f^ par (bn^ datons &x]ueffc 
cet]âe )^0j|^ duinouvemem? ç'eil 
fe labliVetnidnt 'même entant qu'agif* 
fâm« Ot il agit dfeticîellement fie par 
k méiM qo*il eft mouvement, il 
iiù^i(3fét iïotjUr^i&lon que le mou- 
vement foit, & qu'il n'agïffe pas. Po-» 
tèÈ f% >è6rps 4am un état aâif , vous 
Je pi>fei «îi ffiouvemefifts Otez fon 
moiivcHient j vous otés fon aûîvitc , 
Uiri i^ps en iwôoverticûteft un corps 
qui chatige de place ; far la même 
éjU^l change de place , ildéplace ceux 
^u'il rencontre fie c'eft «i les dépla* 
€;eant qu'il agit ) Si vous demandés 
pourqUoy il dépUcei je vous répon- 
dray, c*cfl: qu'il eft atlif. Si vous 
demandez pourquoy il agit? Je ré- 
pondrai encor, c*èft que fa f$aturi , 
eft de déplacer. Sa Force eft donc 
lui même, 6c elle fe confond avec fa 
Quantité qui eft sHiffi luy même. 

Onavoit établi ladcflus toutes le» 
Méchaniaues 6c en gênerai toute la 
doâtrine du mouvement j6c un temps 
à été qu*on nauroit pas cru que pcr* 
fonne pût jamais» penfer autrement t 
ïï\ fsiitt fur ce fujet U moindre con* 
teflati^. Cependwit une.hypothc- 

fc 



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l6% EC'LAIRC-If SEMENT 

(t contraire a pourÂutair^içavant 
de qui on Tauroic le moins dû Mtcn^ 
dre« S*il eft vray que la jufteffe de 
PËfprit, & Tavanuge de nefetrom*- 
per pas croiffenc à proportion qu'on 
s'eft rendu famillier TËtude des Mâ« 
tbesiatiques» 

Mais depuis qudque temps le goût 
de robfcurité s'eft emparé de quel-- 
ques (ça vans du premier ordre, Scdés 
là s'eil répandu comme une efpèce 
de mode^ On écoit las delà clarté» 
on à attribue au^ Repos une certaine 
Force , dont, on n'a aucune idqe » Se 
qui de pkis eft incompatible avec la 
notion du repos , Se tout ce qu'on 
connoit de fa nature, Se pour don- 
ner plus de Merveilleux a cette hy« 
potbefei ons'eftfait un plaifîrd'ap- 
pellrr cette force imaginée du nom 
paradoxe de VIS INERTIiË. Ce 
paradoxe a eu aflfez de charmes pour 
faire négliger la contradiâion* 

On a de même imaginé une force 
différente de la Quantité du mouve- 
ment, différente du mouvement mê« 
me , Se cette Force dont on n*a point 
d'idée, on en a fait aflfés de cas pour 
cfperer qu'elle dcvicndroit le fuiet 

d'une 



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SUR LA Force tcc. 169 

d*une JcieHce particulière » mi'on a par 
avance apellée Dunamique. Rien n^ed 
plus facile a refoudre t|ue le grand 
argument qui a donné lieu à cette 
hypothefe. 

Une boule d'y voire, par Exemp. 
de 1 6 onces de poidç, tombe (ur une ta- 
ble de même matière, de la hauteur 
d'un pied. On convient qu après ê- 
tre defcenduë de cette hauteur , elle 
aune quantité de mouvement» en 
vertu de laquelle elle (èroit capable 
de parcourir deux pieds d'un mou* 
vement uniforme» dans le temps 
qu'elle a mis à defcendre d'un pied, 
elle a donc 31 degrés de mouvement. 

Une boule d'une once eil tombée, 
en 4 temps , de la hauteur de 16 
pies. A la fin du 4 temps, elle a 
acquis aflez de mouvement pour par- 
courir précifement 8 pieds d*unmoii« 
vemçnt unitorme. Elle a donc 8 
degrés de mouvement. 

Si la première boule efl: réfléchie 
par la Table d*y voire, dans un temps 
elle remontera d'un pied, & des la 
' elle ceflera de s'élever- Avec 3 1 d^* 
grés de quantité de mouvement elle 
ne peut s'élever que d'un, pied , ni 
H coû- 



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1/0 EcLAiiteiiskMsKn 

ferver fon mouvement de bas en haut 
que pendanEla durée d'un feul temps. 

Mais la féconde qui n'a que 8 de-i 
gfés, & par eonlêquentque le quart 
de quantité de mouvement i s'elevç* 
TA par la réflexion de id pieds & mon- • 
tera pendant 4 temps ^ Elle a donc 
fjus de forte . 

Je nie cette confcquence, la pre- 
mière à ) X degrés de quantité ou do 
force > Mais à chacune de fcs onces 
la pefanteur ou la caufe qui s'oppofe 
a rëlevation des corps pefants , op* 
pofe deux degrcs'de reuftance. Il y 
a K^oBccsj donc ces 16 onces eflu- 
yent dans leipàce d'un feul pié« 8c 
pendant la durée d'un feul temps 1 jx 
degrés de refîftance, ce qui au bout 
d'un temps, achève de difl&per jide* 
grés de force &dc difpofition às'êlever» 

Dans le premier tomps Tonçe feulo 
n'eiîuye que la refiftance de deux de- 
grés t au bout de ce premier temps , il 
luy en refte donc 6 : Elle en perd 
deux pendant la durée du i® , deux 
pendant la duKCe du 5^; Ainfi il 
îuy en relie deux , au commence- 
ment du 4^ , avec les-quels elle par- 
courroit. Zà pieds , fans la refiftance 
Bx de 



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aum 6 4 FcMtcïB tov tft 

de la pefrnttur , 8c nlea pst^ourt 
qu*iiii} parceiiii» cette refiftance, enr 
diffipant pen a peu les àsRvés defbr* 
ce qui reftoient a cette boule» dé^ 
trait k moitié de VtfktqoeWe mroie 
eu, fi elle Tavoit confcrveetouteen- 
tîcrc. 

Une attention médiocre aux pbé* 
noménes de la chute det corps , à 
ceux de leur montée , Scauxcuiês 
de ces phénomènes ne laîffô riea qui 
embarafife, ni par con&quencaucune 
force dans la grande objfâion de M. 
Leibnitsi El^ h tourne m^me eo 
preuve. 

V. UN Pbyficicn, & un Mâche- qb 
maticien très célèbre à prouvé de-^ropofe 
puis peu , par des experiefiCes (bute» une ob« 
nîies de raifoiiemcns très fubtils, ficicâioa. 
très fpecieux que lkforc$ du niouve->i 
ment refuke As produiêd^uffemsfepar 
k quarrè Étfi^^lteffi* 

je ptsopoferai quelques remarque» 
fur ces preuves , fans les alléguer coin« 
TAC des objeâions viâorieuiès^ Mai» 
a un^ efifay je me donnerai la liberté 
d'oppofer un Elfay, Et la folution 
des difficukés que j*avancerai » fcrvira 
à fortifier les preuves» 

Dans 



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lyi Eclaircissement. 

Dans un bacquec d'un pouce de 
profondeur, on a entaifé de la terre 
glaife^ de la plus fine 9 dontfefervenc 
k$ potiers excrêmémenc molle , & 
très homogène, Sc fa furfaceformoit 
un plan exaâ. 

On avoit des boules de Cuivre d'un 
Diamètre éxaâement égal , & leurs 
furfaces étoient très (êmblables. Lu* 
ne de 3 onces étoit folidc) & l'autre 
d*ude once étoit creufc. 

La boule 3 » étant tombée de U 
hauteur d*une mefure, & la boule i. 
de la hauteur de 3 mefures » les en- 
foncemens ont été égaux: Cela ne 
prouve-t-il pas une égalité de forces. 

Or les vitelfes acquifes en tombant 
font comme les racines quarrées des. 
. Efpaces. Donc la vitefle de la bouc- 
le 3, (c'eft a dire la vitefle acquife 
par (k chute, & en vertu de laquel- 
le elle pourroit parcourir 2 mefures^ 
d'un mouvement uniforme 5 pendanc 
un temps égal a la durée de fa de(^ 
centej êft à la viteflfe de la boule t. 
(de mèaje nature & uniforme) com- 
me V. t. V. 3. 

Or fî on multiplie 5. par P^ izz^ï^ 
on aura 3 . Et (ipn multiplie L par ^5 . 

on 



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suit LÀ Force &c. 175 

on aura r^.^ Lès quantités font ittéga^ 
les; Cependant les Effets » Se par 
ccHifequent \cs forces ïoni égales. 

Mais fi on multiplie ^ par I. guarré 
de ^,7. Et/, par j ^==^3x/^j. onau* 
rà de cofté Se d'autre 3 pour mefure 
des forces. 

VI. QUAND unfuieteft com^ Re. 
pofé , rien n'eft plus facile que d*ou»ponfc» 
blier défaire attention à quelques unes 
de Tes faces & a quelques unes de Tes 
Circonftances. ^ 

Dans le cas dont il s^agrt» qu^on 
Çt rende attentif a celle, du temps ^ 
& cette expérience s'expliquera jufte 
à rhypotheiê ordinaire qui tire u« 
ne grande recommandation defafim* 
plicité. 

. Les temps de ces deux chutes ne 
font par égaux» Mais ils lontentr'eux 
comme f^ / eft à f^, a* 

Si ces deux boules ctoient d'un par* 
fait reObrt, 6c qu'elles tombaflent fur 
une table polie de même force» elles 
réjailliroient l'une à la hauteur d'u- 
ne mefure» Tautre à cdlede ; » pen« 
dant des temps inégaux, & qui fe« 
rçicnt entr'eux comme f^^/cft à ^^,5. 

L'une de ces boules arrive donc à 
H } la 



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174 ËCLAIRCis^f:«LENT 

la &rface d» bacqticc avec tinc dHpo- 
iicioQ à ie mouvoir pendant ua temps 
plus lang que l'Autre. 

La bo^le n agit fiir b terre giaife 
wcc une vttcflc ^, /. pendant un temps 
qui eàr^/. Or jx/^ix^i. O poids 
multiplié par favitefTe Scparladurtc 
de Toti aârion donne pour produit ). 

La boole / agit fur la même terre 
glaifc^ avec une vitefle f^j. pendant 
un temps qui cil ^j. Or ix^^xK^ 
Tz l* les Effets font donc ^ux • 
pafceque 1 cho&s y concourent iné« 
gaks entr^Ues Mais donc les ioégaU-^ 
tés fe compen&nt préctfénsent» 
Con« Vil. Lors quedeuxboulesdeter* 
firma- re gkifès^forpcfidues & ^aks feren« 
tion. contrent direâement après avoir dé* 
crit chacune, dans le même temps, 
un arc de % mefunes^parcx: Elles con** 
fument leurs forces a s'aplatir réci- 
proquement & reftent en repos* . 

Si Tune a fait 4 mefures de chemin 
& l*autre deux» leurs vitefles re(pc« 
â:ives font les mêmes. Dans ce cas 
la boule qui avoit le plus de vitefîe» 
entraine l'autre , & elles font cha- 
cune (dads un temps égal a celuy de 
leur chute) en remontant une mefu« 

re 



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sir» tA Fonce icc. Xjy 

rt de chemin. Il s'eft donc perdu 
en applatifTemenc d'un coté toute U ^ 
force de ^ , de l'autre autant eh a 
Mais il eft refté en a zffés de force 
pour faire encor une mefurc de che- 
min conjointement avec b. C'eft à 
dire pour avancer avec un degré de 
viteffè & pour es donner autant à ^. 

Mais fî îes forces font les quarréii 
des viteflès multipliées par les maflet 
k force de a étoit 4x4x1 ^ 16 £cla 
force de ^. 1.XZXC ^4* 

La force dé h. (ê confume à pIo>- 
yer les parties de« il s'en perd autant 
de cette de a. à applatir ^. Il reftte 
donc à 4 ùM brce de 1 1 degrés. Ceft 
avec celle force que les deux ttialTes 
uhies s'avkncinti 

Q^*cn Ja divift par i , fomftie dbs 
ma0bs i on aura 6 pour le quarré de 
kur ritcfle*, leur viteflfe après le choe 
feroit donc f^6^ & non pas 1. comme 
Texperiencc le prouve. 

VIIL Quand deux boules égales Pour- 
s'arrétcnt après le choc 5 leur repos ^^1^^ 
. n?eft pas une preuve que la force dciçgg»^^* 
kur choc ait été auffi petite qu'il é- rcftent 
toit poffible qu'elle fut, car quand après 
4 & ^ fe chorauent chacune avec 3 le choc. 
H 4 dci- 



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176 ECLAIUCI^SEMBNT 

degrés de vircfle^ fi elles font à ref- 
fort , chacune rcbrouflera avec j de- 
grés j Il y en aura donc 6 comme au- 
paravant, & fi la vîtefiede a eft 4. 
& celle de ^ , 2 , a rebrouflera avec 
^ & ^, avec 4. il y aura encor 6 com- 
me auparavant , les effets des forces 
font donc les mêmes , dans Tun &: 
l'autre cas^ & cela étant pourquov 
dire que les forces des chocs (ont iné- 
gales , Si le poids de ^ eft de 1 & fa 
vitefic j , Et que le poids de^foitdô 
3 , & fa vitcfle de 2. Après le choc, 
elles* s'arreftcront fi elles font molles 
& elles réfléchiront chacune avec la 

2uantité de mouvement qu'elle avoitf 
elles font à reffort. 

Cela donc que les boules molles 
s'arrefteht après le choc ne vient pas 
de la foiblefic de leurs forces, mais 
au contraire de leur égalité ce qui fait 
qu'aucune ne cède a l'autre, .& que 
par cette égalité d oppofition, elles 
fe dohneiît réciproquement leurs par- 
ties a ployer. 

-Quand a ^b égales* ont chacune 
J degrés de viieflc, il fe con(umeu« 
ne quantité de 6 en applatiflcment. 
Quand la vitefie de ^ eftde4 Elt cel- 
le 



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SUR LA FORCB êCC. I77 

le de ^ de X 9 ilfeconfume unequan- 
thé de4enapplatifleinenc9 Scdès là 
les deux boules avancent avec une 
quantité de t. Les quantités des ef* 
fets font donc équivalentes, d*ou il 
faut conclure que les forces Tétoienu 

Et une preuve encor que ce repos 
eft Tunique efFec de ces égalités d*iin* 
preffions contraires. C cil que avec 
quelque vitelTe queles mobiles feren* 
contrent pourvu que les forces foienc 
égales de côté & d'autre, le repos 
fuivra également le choc. 

Deux mobiles (ont égaux & leurs 
viteflTes font égales." En ce cals puifque 
a=^h Se que la vitefle eft v de coté 
& d'autre , foit que pour avoir les 
forces on fece a v'^ bv ou avv =^bvv 
on aura toujours égalité, & de cette 
égalité de forces contraires refu Itéra 
te repos de deux corps mois après le 
choc. 

1 X. Lors que les viteflcs font en ÎDa 
raifon inverfe des niafles lé repos fuit Ç^s ou 
encor le' choc , Mais alors après a- a^' 
voir appelle la J«« MâOe ^ & la i^^^f^^^^ 
J5. & avoir fait ji. J3. b a û Ion fait raifon 
jfaz: Bb^ on aura égalité, & raifon inverfe 
inverie des vitefles & des mafTes , des 

H s Mais«*fl«*^ 



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Mai) 4i pour moxx les forces « on fetc 

d^un côté ^#41 pour la torce de la 

jre. in Bbb pour la force de la fc« 

conde. Ces Ibrces (oront inégales 

car A a '^B b Mais Tautre racine a 

îx*cft paségalc à*. 

fiicn ' X, IJME boule de cuivre 5 après 

* "avoir parcouru un arc de la longueur 

i* frappe une boule de terre glaifear* 

rcflée éc y fait on enionccnvent* 

La bottie de cuivre /. après avoir 

f parcouru dana le même temps une 
ongucur de j mefures* frappe dun 
autre côté cette même boule arreftée 
fie y fait un plus grand enfoncements 
La viteflb ix par le poids j.don# 
se ;. Et la vitefle 3 x par k poids 
/. donne auffi 3. tes farces fcroicnc 
ks mêmes, & les effets font difie* 
cents , au lieu que fi ixjx^eftla 
Bicfure de U dernière torceôc 3x1x1 
la mefure de la première, il ne fera 
pas iuf prenant qpe dea forcée ioéga« 
les produifaii dâ e£&ts inégaux. 
j^^^ X I. A cela , on peut répondre 
joofc, ^^ '* houk / qui fcroit remontée 
de î mcfures pendant que la boule 

Jne fcroit remontée que d'une ^ efl 
eterminée a faire , un plus long che^ 

ïùin 



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SUR LA FoUCfi àCC. f}^ 

mlti , Atm la terré glâife codante ^ 8c 
par la s'y enfonce davantage. 

Xil. Lorique la boule de terre o 
glaife eft fufpenduë t de frappée en C<ni- 
même temps dans doux endroits dia- finnjir 
meiralement oppofés par labduîe 5["^°* 
avec / de titeflè, & par la bôulc r\ . 
avec trois ^ les enfoncements fafit é* 
gatîx» la boûte / à^enfonce moins» 
quelle n'avoit fait dans le cas préce* 
denti 6c h boule 3. s*enfonçe dV 
vantage. 

Dâni ce 1^ cas, la boule /. qui a 
plus dé tiicfle que ta boule 5 , cort- 
ilitne une partie de la force avec lah 
quelle elle ç'etùic enfoncée dans la 
bdtile de terre glaife , fdans le cas 
précèdent) àpouflcr cette boule cotn 
ti'ela bôule ^é comtnfe donc ellecon» 
fiime une partie de fa force à poufTer 
la bdttlê de terre glàife, il luy en re- 
fit môtes pou# s'y enfoncer, D'un 
autre c^é la teote ^ s'y cnfiDncc da- 
vànftigj^ parceqtfctt wême temps quel- 
\t 5*^vâncc, ccttître la boulé de terre 
^ife/ la btmlé de Terre glaifc fait 
€flfeft pour s Vanter c6litr*ellc, âc 
M dérâier enfoncement é(l par là^ 
TcfFec d*une double caufe. A - 

H 6 Voicy 



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l8p E Cl. A IRC ISSBMEHT 

Voicy^un j* cas qui confirme les 
expériences précédentes. 
01^. Deux boules j frapent la boule de 

terre glaife avec des vitefles égales. 
Q» Deux boules /frappent cette bou- 

• ^-deterreglaife avec des viiefles^ga* 
Jcs entr'elles, M^is triples des vitef- 
les des boules ^. 

Dans ce cas (n) les enfoncement^ 
ont été plus grands, que dans le c^ 
m y & dans le cas o. . Danije cas m 
ils ont été les plus petits. 

Dans le cas n les boules font un 
plus long chemin & c'eft à quoyelles 
ctoicnt déterminées : Entr'elles deux 
elles dévoient faire un chemin de 6. ^ 

Dans le cas m le chemin nedevoit 
être que de z 

Dans le cas o. Ildevoit êtreenfout 
de 4.. 
' obje- XIII. Une boule /. avec deux de- 
Ûion« gï'és de viteffc , s'ett enfoncée dans 
une boule de terre glaife aâèrmie^ 
Une boule 2 avec 2 degrés de vi- 
teffc s'eft enfoncée de la même quan- 
tité dans une boule de terre glaife da 
même poicjs fufpenduë, & en repos, 
& après le choc , elles ont eu vi- 
teffe 1. ^ 



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SUR LA FORCB SCC. l8i 

La quantité de mouvement dam 
le premier cas étoic i & cette quan* 
tite s'eft perdue: 

Dans le (econd cas elle étoic 4. 
rEntoncetnent a été égal » il s*eft donc 

Eerdu t de quantité a le procurer, It 
ouïe frapante feule nauroit dû avan- 
cer qu'avec / degré de vitefle, ce- 
pendant elle fivançe d*un degré con« 
jointement avec celle quelle entrainCf 
ce qui en vaut deux. 

XIV. MAIS il faut remarquer Rc- 
que quand une boule cède 1 Ëntbn- P^^^ 
cernent qui s'y produit fe faifant du 
coté où elle cède » fes parties qui s*en« 
foncent de ce côté la » pouflènt le 
1 efte des autres t & la boule frapante 
fait avancer la frapéeen l'enfonçant» 
de forte qu'alors il arrive , cequi ar« 
riveroit, s'il nefefàiibir point d'en* 
foncement > & qu-elles fuflènt tou- 
tes deux folidcs. 

Quand une boule eft arrefléè une 
partie de la force frapante fe coniu- 
me auffi c;pntre cequi arrefte cette 
boule » & le perd par rapport à ren- 
foncement produit dan&la boulemok 
Je, ou par rapport à ce qui devoit 
«*cn piroduire. 

H 7 XV. 



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Rcfle. XV. Si ou fcfcrt de la ligrte j4F. 

xion fur pour rcfireCenter par fes dlvifions é- 

unc i- gales -^/'^^^jrJ&c.dCB temps égâtrx, 

«ï^gc* & que les lignes ^^, ^/ repréfentent 

p- j^ les efpac'es par utt mduvement qui 

's'augmente par des acroifiemenSunU 

formes: La fomme desViteffès en J 

icra à la fomme des Viteffes en F 

comme le Triangle jidg^ eft au* 

Triangle AFG. C'eft $ dire que la 

fomme des viteffefc aubouc du tempaf 

APÇtxz a la fommedeviteffeaubout 

du temps Ad^ comme le quafté de 

A F, eft au quairré dô Ad. 

Si on trouve âpropôi de fe ferVi^ 
lie Ad^ kdeAP, p6^ têpftfttuet 
des ▼iieffcs> & des TriâHgtei Adi 
AFQ pour reprefetweï les f<jfç6Si 
Ces forces croit roûc comoM las i^^^ 
r«s des viteffèi. 

Mais uoe cotttpamifi$nn*eôp«s(«fiè 
preuve ; Jl feut décider m qa^lfe t^ 
ion ïes forces^ croiffefiicy avaim qdë de 
pouvoir condure, que leî Tri«^ta^ 
& icurs C0t€z font efitr'etix , en raî- 
fon dés forces & deà viocflcl & en prc- 
feotent inic jufte îmrage. 

Ou fufpend a TE^Ctrcmité du br^ 
D -^ fucceffivcment une litre, t It^ 
rrcs,- 3 livres. ' ^ Le 



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SlffîTTtA'FoRCE &c. i8) 

Le bms DC^ne peut s'dé^r , mais 
il peut baifler^ 

Uo même poids tombant de laFig.i}. 
hauteur d'une mefure (cette mefure 
étoit de 3 pouces) ébranle le poids 
d'une livre & le fouléve tant foit peu. 

Le même poids en tombant de la 
hauteur de 4 mefures^ aie même e& 
fct fur un poids de 1 livres, tom- 
bant de la hauteur de ^mefures, il a 
encore le même e£Fct fur un poids de 
3 livres* 

Les forcesdu mobile croiflènt donc 
dans la ratfon de i , » , 3 . Or c'cft pre- 
cifémçnt dans cette proportion que 
croifleu jb rliefies acquifes an bouc 
des chutes. Donc iès forces croif« 
lent comme fb vitefies, 8c iu)0 
comme les quarrés de iès ritefiês. 

Celle exf»srience e& décifîvc » Sc 
n'cft point expofée a des exceptions 9 
comme les précedefites. Elles paroif- 
fent contraires, Mais mon explicatif; 
en les concilie» 

Une b6ule iu^émfiië :i^ f^ircoiifu 
un arc de f. Elle tombcftir une éga- 
le en repos : la force ^uroit éié de 
if. quarré de- la vitcffe f • multiplie 
p^r le poids A Après le choc il faut 

di- 



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184 Eglaîrciss. sur laForçê 8cc* 

clivifer la force parle poids delà nia(^ 
fc qui eft z & on aura ^ pour le 
quarré, de ia viteffe^ la viteffe eft 
cependant I dont le quarrénefl: pas*-;J 

Or il eft vifible que fi pour avoir 
la force il faut multiplier le quarré 
de la vitefle par le poids 5 pour avoir 
le quarré de la viteflb, il faut divî« 
fer la force par le poids. 

Si la première boule fait /.deche* 
min, la j* , & lax* en feront i après 
le choc, ixi (— i) x a^=^i, lafor- 
ce ne feroit après le choc que la moi* 
tic, de ce quelle etoit avant le choc. 
Cependant elle produit autant d'ef- 
fet 9 puis qu'elle fait faire a un dou« 
ble poids la moitié de chemit\» Les 
quantités font les effets de la force, 
les quantités fe trouvent les mêmes, 
& les forces font inégales* 

F I N» 



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AVERTISSEMENT- 

ON a cru qu'on fc feroit un 
plâifir de lire une Diflerta- 
tion très bien écrite, & dans la. 
quelle l'hypothefe de Descartes 
furie Moavementeftpouiréedans 
toute fa force, &où l'Auteur pa- 
roit même avoir de la peine à 
comprendre comment il fe peut 
faire que d^habiles gens approu» 
vent ceux qui ofent s'en écarter. 
Cette DiiTertation fera fuivie de 
quelques R^emarques qui luy fer; 
yironc de reponfe. 



SI- 



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